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Secteur privé: Comment réussir les partenariats dans le domaine des TIC
  • Secteur privé: Comment réussir les partenariats dans le domaine des TIC

Crédit image: Flickr/IICT

Lecture rapide

  • Les projets TIC auraient tout à gagner d’un partenariat public-privé

  • Il existe des obstacles au succès, notamment les financements et la durabilité au niveau local

  • Un bon partenariat doit promouvoir le renforcement des capacités

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Le ministre tanzanien de la science, Makame Mbarawa, a récemment appelé les secteurs public et privé des pays de la Vallée du Rift à collaborer dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication (TIC), mettant en évidence des exemples illustrant comment son pays a pu bénéficier de ce partenariat, dans le cadre de son développement.
 
Mais à quoi ressemblent, dans la pratique, ces partenariats public-privé (PPP)? J'ai posé la question à Laura Hosman, professeur assistant de sciences politiques à l’Institut de Technologie de l’Illinois, aux Etats-Unis, spécialiste des questions liées à l’application des TIC au développement (ICT4D) et de ce type de partenariat.
 
«Il n’y a certainement pas de format de partenariat “prêt-à-porter”. On peut avoir affaire à deux partenaires, peut être dix; il peut s’agir de petits projets, comme il peut s'agir de projets gigantesques», explique-t-elle.
 
Laura Hosman cite trois exemples en cours.
 
Le premier concerne une collaboration à grande échelle entre Microsoft, le Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE) et le gouvernement kenyan, visant à construire le premier bâtiment autonome sur le plan énergétique.
 
Un autre projet - un partenariat national impliquant tous les deux des acteurs importants (Inveneo, une organisation à but non lucratif dont les activités sont axées sur les TIC, l'Agence américaine pour le développement international et le ministère éthiopien de l’éducation) et de multiples partenaires de moindre taille - cherche à accroître les niveaux d'alphabétisation dans les écoles primaires éthiopiennes.
 
Enfin, Inveneo, l'Université de Californie, San Francisco, et l'ONG kenyane Organic Health Response, travaillent ensemble sur un projet à petite échelle pour établir une liaison WiFi longue distance dans un hôpital sur une île isolée au milieu du lac Victoria.
 
Mais la mise en œuvre de projets ICT4D à grande échelle est un défi - selon Laura Hosman, il y a deux obstacles principaux.
 
« Le premier est que ... pour que [des projets à grande échelle] réussissent, ils doivent effectivement être adaptés aux réalités des milieux [où] ils se déploient.»
 
« Des systèmes opérationnels pour la Silicon Valley pourraient ne pas fonctionner dans la vallée du Rift. »
 

“Les PPP ne constituent pas une solution miracle, ils doivent être considérés comme une méthode permettant de faire des affaires.”

Laura Hosman

 
Le deuxième problème réside dans le financement. Convaincre les donateurs d’accroître leurs investissements sur la base d’une expérience impliquant une poignée de projets est un défi. « C’est tellement excitant de financer des projets pilotes - il y en a tellement. Mais les transformer en projets à grande échelle est difficile. »
 
Alors, quels sont les critères d’un partenariat réussi ?
 
Pour Hosman, tous les bons partenariats ont en commun trois ingrédients principaux: des niveaux d’incitations appropriés, la clarté de l'engagement et le renforcement des capacités. «Chaque partenaire doit faire preuve de franchise sur ce qu'il peut apporter, sur la nécessité de faire des compromis, [et] la durée de son engagement dans le projet.»

« Le renforcement des capacités locales est primordial. Cela ne servirait à rien d’impliquer, disons, Microsoft, dans la construction d’un centre de données alimenté par l’énergie solaire si nous n'avons pas des gens à l’intérieur et autour de Nairobi qui soient capables d’en assurer la maintenance ou de construire le prochain centre. »
 
Le renforcement des capacités s'étend également aux aspects juridiques de l'accord, ajoute Laura Hosman. «Vous devez avoir des gens au niveau local qui sont capables de faire en sorte que le partenariat se réalise.»
 
«Les PPP ne sont pas une solution miracle, ils doivent être considérés comme une méthode permettant de faire des affaires. L'une des choses qui doivent en sortir est le renforcement des capacités – à défaut de quoi il s’agirait d’une initiative vaine.»

Naomi Martin est rédactrice en chef adjointe du desk “Actualités et Opinions” à SciDev.Net.


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