Rapprocher la science et le développement

  • Les femmes sous-représentées en science ‘dans les pays émergents’

Les femmes représentent moins du tiers des personnes exerçant dans les secteurs de l’informatique, de l’ingénierie et des sciences physiques dans certaines des principales économies émergentes dans le monde, insiste un rapport. Dans ces pays, la garde d’enfants et les politiques de l’emploi offrent peu d’assistance aux mères qui travaillent.

Elles sont également très peu représentées à des postes de direction, comme ceux de recteurs d’universités ou de membres de l’académies des sciences, ajoute le rapport, publié le 2 octobre dernier par le cabinet de consultants Women in Global Science & Technology (WIGSAT), basé au Canada.

L’étude s’est penchée sur les données relatives à l’inscription des femmes dans la  recherche et leur emploi dans ce domaine, ainsi qu’aux politiques liées à l’emploi, comme la garde d’enfants, à l’égalité de rémunération et à la souplesse dans l’aménagement du temps de travail au Brésil, en Inde, en Indonésie, en Corée et en Afrique du Sud, ainsi qu’aux Etats-Unis et dans l’Union européenne.

Elle en conclut que ces pays, bien qu’à l’avant-garde du progrès technique, n’ont pas ouvert leurs sociétés du savoir aux femmes, s’aliénant ainsi une main-d’œuvre créative susceptible de contribuer à la croissance et au développement de leur pays.

« La faible représentativité des femmes dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation est alarmante dans les plus grandes puissances économies mondiales et elle diminue même dans plusieurs d’entre elles, y compris aux Etats-Unis », indique le rapport.

 

Les femmes sont aussi sous-représentées parmi les dirigeants d’universités : en 2010, 13,8 % des universités d’Etat de l’Afrique du Sud étaient dirigées par des femmes, contre seulement 10,9 % au Brésil. En Afrique du Sud, les femmes représentent 28 % des membres de l’académie des sciences, tandis que dans la plupart des autres pays, elles en représentent moins de 12 %.

  

Sophia Huyer, directrice exécutive de WIGSAT a confié à SciDev.Net que les pays ne « tirent pas entièrement profit des compétences des femmes dans le secteur du savoir ».

Elle indique des études démontrant que les Etats pèchent par manque de politiques adéquates et qu’ils ne soutiennent pas les femmes de manière appropriée, en leur offrant par exemple la possibilité d’adopter des horaires de travail souples, et l’accès à une garde d’enfants à un tarif abordable.

Plusieurs pays manquent également de données ventilées par sexe, ce qui donne à croire que les gouvernements n’ont pas évalué leurs politiques sur les femmes ni l’accès de ces dernières au marché du travail.

Parmi les économies émergentes passées en revue par l’étude, le Brésil arrive en tête pour ce qui des politiques et de l’emploi des femmes dans la science, l’ingénierie et la technologie. l’Inde est en dernière position mais elle enregistre des progrès.

Sudha Nair, ancienne directrice du JRD Tata Ecotechnolgy Centre en Inde, qui a contribué à l’étude du WIGSAT, attribue le mauvais classement de l’Inde à la taille du pays et à sa diversité, mais elle souligne les progrès accomplis en matière de politiques –notamment avec son 11ème plan quinquennal- pour promovoir l’étude et la pratique des science et technologies.

 

« L’Inde devra encore concevoir des programmes innovants pour attirer et retenir [les femmes] dans la science, l’ingénierie et la technologie ».

 

Yupa Hanboonsong, chercheur à l’Université Khon Kaen, en Thaïlande, estime que ce rapport reflète les observations qu’elle a effectuées en Thaïlande. Elle pense qu’un grand nombre de filles étudient la science et l’ingénierie, mais que lorsqu’il est question de choix de carrière, « on tend à voir moins de femmes ».