Rapprocher la science et le développement

  • L'AAAS et la TWAS s'associent pour faire avancer la diplomatie scientifique

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[BUDAPEST] Deux importantes organisations scientifiques ont lancé un programme visant à promouvoir et développer la diplomatie scientifique entre les Etats-Unis et les pays en développement.

L'Association américaine pour l'avancement des sciences (AAAS) et la TWAS (Académie des sciences pour le monde en développement) ont signé un protocole d'accord hier (17 novembre) lors d'un événement organisé en marge du Forum scientifique mondial, en Hongrie. Cet accord sera également annoncé officiellement lors de l'assemblée générale de la TWAS, en Italie la semaine prochaine (21-23 Novembre).

Le 'Programme TWAS/AAAS sur la science et la diplomatie' a pour but de faire avancer les questions à l'interface de la science et de la diplomatie à l'échelle mondiale.

"Les forces chevauchantes, mais complémentaires, des deux organisations fournissent une base solide pour le développement d'un programme international efficace pour la science et de la diplomatie", selon les termes de l'accord.

Si des projets exactes n'ont pas encore été convenus, l'accent sera largement mis sur la mise en place de la coopération et des réseaux régionaux entre les membres de l'AAAS et de la TWAS et les pays associés ; et le renforcement des capacités des ministères des affaires étrangères, des départements des relations internationales dans les ministères de la recherche et des organisations internationales en charge des politiques dans les pays membres de la TWAS dans le but d'établir des partenariats scientifiques.

Les activités comprendront l'élaboration d'un programme "d'ambassadeur de la science" dans la région de la TWAS.

Pour Alan Leshner, premier dirigeant de l'AAAS et éditeur exécutif de la revue Science, "l'idée est d'utiliser la science pour bâtir des relations entre les gens, que leurs gouvernements [respectifs] aient ou non de bonnes relations, et pour aider à promouvoir la cohérence régionale chez les communautés scientifiques."

"La TWAS est une force importante dans le domaine de la science, en particulier dans les pays en développement et à ce titre, pour l'AAAS, [cet accord représente] une formidable occasion pour créer de nouveaux partenariats".

"Si vous débarquez [dans un pays] en tant que les Etats-Unis, cela peut être de trop [pour ce pays] alors que si c'est en association avec les communautés locales, c'est mieux. Il sera beaucoup plus facile de s'engager, et pensons-nous, plus efficace."

Un financement de base de quelques dizaines de milliers de dollars, provenant du Centre pour la diplomatie scientifique de l'AAAS qui a été lancé en 2008, est déjà disponible. Le programme est également inclus dans le budget de la TWAS. Mais tout financement pour des programmes spécifiques devra être collecté séparément, une fois que les deux parties en ont convenu.

Selon Vaughan Turekian, directeur international à l'AAAS, l'initiative diffère des efforts typiques de la diplomatie scientifique en raison de sa focalisation sur l'échange d'expériences et le renforcement des capacités, plutôt que sur la conduite de la diplomatie scientifique pure et simple.

Romain Murenzi, nommé directeur exécutif de la TWAS au tout début de cette année et qui était auparavant le directeur du Centre pour la science, la technologie et le développement durable de l'AAAS, a déclaré :

"Mon passage à l'AAAS a été décisif pour la compréhension du problème du rapprochement des aspects diplomatique et scientifique."

Il a expliqué que les diplomates du monde en développement sont parfois peu préparés scientifiquement à l'occasion des grandes conférences internationales comme les négociations sur le climat ou la prochaine Conférence des Nations unies sur le développement durable (Rio +20) – c'est là une situation que le présent programme pourrait aborder."

"Quand une législation mondiale majeure est votée, elle l'est par les diplomates [non par les chercheurs], donc la communication et les liens entre les chercheurs et les diplomates sont très, très importants".

L'idéal serait que les ministères des affaires étrangères disposent de capacités inhérentes pour comprendre les principales questions scientifiques qui touchent les affaires mondiales et, que de même, les chercheurs comprennent l'importance de leurs travaux pour les besoins sociaux et mondiaux, a poursuivi Murenzi.

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