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  • Des interventions simples pourraient sauver la plupart des bébés prématurés

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Plus d'un million de bébés prématurés meurent dans le monde chaque année. Pourtant, selon les conclusions d'un rapport publié aujourd'hui, la majorité d'entre eux pourraient être sauvés, si des procédures et des traitements peu coûteux étaient plus largement suivis.

Le rapport intitulé 'Arrivés trop tôt : Rapport des efforts mondiaux portant sur les naissances prématurées' est le fruit du travail d'un partenariat d'organismes de santé, dont l'OMS, qui estime que 15 millions de bébés naissent prématurément chaque année.

Plus de 80 pour cent des naissances avant terme surviennent entre 32 et 37 semaines de grossesse, et la fourniture de soins néonataux permettrait à la majorité d'entre eux de survivre, affirment les auteurs.

Pour Joy Lawn, pédiatre et épidémiologiste périnatale qui a contribué au rapport, "nous ne savions pas [avant la publication du rapport] combien de vies pourraient être sauvées avec des interventions parfaitement réalisables".

Le rapport recommande quatre interventions simples qui pourraient être mises en œuvre avec une relative facilité dans le monde en développement, notant que plus de 60 pour cent des naissances avant terme surviennent en Afrique et en Asie du Sud.

En premier lieu, les auteurs suggèrent que les infections soient traitées avec des antibiotiques largement disponibles qui ne nécessitent pas de réfrigération. L'utilisation après la naissance de la chlorhexidine antiseptique sur le cordon ombilical pourrait, ensuite, réduire de 20 pour cent les décès dus aux infections.

Une troisième intervention serait d'administrer par injection des stéroïdes prénataux aux mères exposées au risque d'accouchement avant terme. Coûtant moins d'un dollar par injection, cette intervention pourrait sauver près de 400 000 vies par an en contribuant au développement des poumons du bébé à naître et réduisant ainsi le risque de problèmes respiratoires

Enfin, le rapport note que la 'méthode mère kangourou', grâce à laquelle les bébés sont gardés au chaud en étant portés en contact peau contre peau sur le ventre de leurs mères, pourrait également sauver 450 000 vies par an.

"Dans la majorité des cas, pour les bébés nés entre 28 et 34 semaines, elle est meilleure que les soins reçus dans une couveuse", souligne Lawn. "La température du bébé est beaucoup plus stable ... Les infections reculent, le gain de poids augmente".

Toutefois, Lawn prévient qu'une formation pour les fournisseurs de soins néonataux pourrait s'avérer nécessaire avant de mettre en pratique la méthode mère kangourou.

Au Malawi, pays qui connaît le plus grand nombre de prématurés pour 100 naissances, depuis que des aides de salle ont été formées à l'utilisation de la méthode mère kangourou, les taux de mortalité des prématurés ont baissé, affirme Lawn.

Selon Lale Say, analyste auprès de l'OMS qui a contribué au rapport, le quatrième des Objectifs du millénaire pour le développement des Nations Unies -- qui vise à réduire les taux de mortalité chez les moins de cinq ans de deux tiers entre 1990 et 2015 - ne sera pas atteint si les décès chez les nouveau-nés ne diminuent pas.

"Là où la mortalité infantile recule, c'est surtout sur les mois qui suivent la période néonatale [les 28 premiers jours après la naissance]. Il a été plus difficile de réduire la mortalité [chez les nouveau-nés]", explique-t-elle.

Le rapport recommande par ailleurs des moyens pour réduire les accouchements avant terme dans le monde en développement.

Il est impératif "de s'occuper des besoins en planification familiale afin d'éviter les intervalles de temps courts entre les naissances [et d'assurer] le dépistage et la gestion des infections comme le VIH, le paludisme, et la syphilis", selon Say.

Lien vers le rapport complet [5.78MB]

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