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VIH : un essai clinique décevant avec ‘des mesures d’observance faussées’
  • VIH : un essai clinique décevant avec ‘des mesures d’observance faussées’

Crédit image: Flickr/ PWRDF

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  • 5.029 femmes en Ouganda, en Afrique du Sud et au Zimbabwe ont participé à l’étude en question

  • L’analyse des échantillons sanguins a révélé des lacunes dans les mesures d’observance thérapeutique auto-déclarées

  • Certaines femmes n’ont pas pris leurs antirétroviraux comme prévu, en raison de difficultés qu’elles ont eu à suivre la thérapie au quotidien

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[LE CAP] Une nouvelle analyse d’un essai clinique sur la prévention du VIH, précédemment réputé comme ayant eu de mauvais résultats, a révélé que les mesures du comportement utilisées dans l’évaluation de l’observance du traitement étaient faussées.

L’étude appelée VOICE (Vaginal and Oral Interventions to Control the Epidemic - Interventions orales et vaginales pour le contrôle de l’épidémie) a mesuré l’impact de la prise quotidienne d’un antiretroviral– un comprimé de tenofovir, un comprimé de Truvada, ou l’application du tenofovir en gel vaginal, selon la branche de l’étude – sur la prévention du VIH.

5.029 femmes en Afrique du Sud, en Ouganda et au Zimbabwe ont participé entre les années 2009 et 2012. Les taux d’observance thérapeutique ont été déterminés sur la base de l’auto-déclaration par les participants et le décompte d’applicateurs et de comprimés inutilisés.

“Ce que nous avons présenté est une analyse minutieuse de l’écart entre le comportement et la mesure biologique de l’endurance reposant sur la détection des médicaments dans les spécimens biologiques.”

Ariane van der Straten, RTI International

Présentés l’an dernier, les premiers résultats de l’essai montraient qu’aucun des trois produits ne s’était avéré efficace.

Pourtant, une nouvelle analyse de l’étude, dont les résultats ont été présentés le 4 mars dernier à Boston aux Etats-Unis lors de la Conférence sur les rétrovirus et les infections opportunistes, s’est fondée sur l’analyse des échantillons sanguins, et a ainsi pu donner des indications sur les enjeux autour des mécanismes d’auto-déclaration et d’auto-traitement dans des populations d’Afrique subsaharienne.

Cette nouvelle analyse montre que seules 25 pour cent des participantes ont effectivement utilisé les différents produits, malgré un taux d’observance déclaré de 90 pour cent.

‘Ce que nous avons présenté est une analyse minutieuse de l’écart entre le comportement et la mesure biologique de l’endurance reposant sur la détection des médicaments dans les spécimens biologiques’, résume Ariane van der Straten, c chercheuse scientifique principale auprès de RTI International basé aux Etats-Unis et chercheuse principale de l’étude VOICE.

Van der Straten attribue ces faibles taux d’observance à plusieurs facteurs, notamment le fardeau que représente la prise thérapeutique quotidienne, et les inquiétudes liées à la sécurité de ces produits. ‘Elles s’inquiétaient de la prise à titre préventif des ARV [médicaments antirétroviraux], puisqu’ils sont perçus comme des traitements curatifs. Elles craignaient, par conséquent, d’être ‘étiquetées’ comme séropositives’, explique-t-elle. 

Van der Straten ajoute que deux sous-études de types social et comportemental, VOICE C et VOICE D, se pencheront sur les raisons pour lesquelles les femmes les plus exposées n’ont pas adhéré au processus de l’étude. Les résultats sont attendus plus tard cette année.

Toutefois, pour Deborah Baron, gestionnaire de programme à l’Institut Wits de recherche sur la santé reproductive, en Afrique du Sud, la première étude VOICE a déjà connu un certain impact au sein de la communauté de la recherche sur le VIH. ‘Quand nous autres qui sommes sur le terrain avons appris les résultats initiaux [en 2013], nous avons été surpris et découragés. Toutefois, nous avons tiré de nombreux enseignements de cette étude’, dit-elle.

Le protocole d’observance a été amélioré grâce aux essais par lots en temps réel. ‘Il s’agit d’un outil que les chercheurs pourraient utiliser pour intervenir en temps réel, plutôt qu’à la fin de l’étude, comme nous l’avons vu dans le cas deVOICE’, suggère Baron. ‘C’est néanmoins quelque chose à faire avec précaution pour éviter de briser le caractère aveugle de l’étude’.

Cette nouvelle étude met en lumière le mécanisme de traitement des patients séropositifs en Afrique. Les femmes ne veulent pas de médicaments qu’elles doivent prendre au quotidien, et préfèrent ceux à prise hebdomadaire, observe Gita Ramjee, directrice du programme de prévention du VIH au Conseil sud-africain de la recherche médicale.

Le Conseil participe actuellement à deux études qui évaluent l’efficacité d’un anneau vaginal contenant un agent antirétroviral qui est inséré pour une période de 30 jours. Les résultats sont attendus en fin 2015.

Lien vers l’annonce des résultats de la plus récente étude

Cet article est une production de la rédaction Afrique subsaharienne de SciDev.Net.


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