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Le potentiel de la femme au cœur du Next Einstein Forum
  • Le potentiel de la femme au cœur du Next Einstein Forum

Crédit image: SciDev.Net / Julien Chongwang

Lecture rapide

  • Les femmes représentent moins d’un tiers des chercheurs sur le continent africain

  • Les efforts doivent être renforcés pour exploiter tout le potentiel de la femme

  • Le président sénégalais s’engage à soutenir toute initiative portée par les femmes

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[DAKAR] A en croire Thierry Zomahoun dans son allocution d’ouverture du Next Einstein Forum (NEF) 2016 hier à Dakar (Sénégal), ce n’est pas un hasard si cet événement a été programmé pour commencer le 8 mars, date connue comme journée internationale de la femme.
 
En effet, la place de la femme dans les sciences et la recherche est au centre de cette grand-messe qui s’est ouverte sous la présidence de Macky Sall et de Paul Kagamé, respectivement chef de l’Etat du Sénégal et du Rwanda.
 
C’est le président Paul Kagamé qui, le premier, fait observer que "les femmes représentent moins d'un tiers des chercheurs et encore moins de scientifiques et d'ingénieurs".
 
"Ce qui signifie que nous n'utilisons pas pleinement nos ressources humaines", conclut-il pour le regretter.
 
Le président de la République du Rwanda a fait mention de cette situation en énumérant les principaux défis qui, à ses yeux, doivent être relevés par le continent africain aujourd’hui.

“Une société qui ne fait pas la promotion des femmes et des jeunes scientifiques ne reflète pas le futur de notre continent”

Macky Sall
Chef de l'Etat, Sénégal

Davantage de précisions sur cette place marginale des femmes dans la recherche ont été apportées plus tard dans l’une des cessions parallèles de cette première journée d’échanges par la ministre de la Science et de la technologie de l’Afrique du Sud.
 
Selon Naledi Pandor, une étude menée récemment auprès de 68 académies a montré que les femmes n’y représentent que 12% des chercheurs en moyenne ; et que le pays où elles sont le plus représentées est le Cuba, où elles représentent 26% des chercheurs.
 
Elle ajoute que dans son propre pays, l’Afrique du Sud, un seul des seize centres de recherche du pays est dirigé par une femme ; et que les femmes ne représentaient que 1/5 des professeurs jusqu’à une date récente.
 
Une situation générale qui, de l’avis de Macky Sall, est préjudiciable au développement de l’Afrique "parce que, dit-il, une société qui ne fait pas la promotion des femmes et des jeunes scientifiques ne reflète pas le futur de notre continent."
 
D’autant plus que, a-t-on appris des échanges, les femmes sont les premières utilisatrices des technologies, en particulier les TIC, fruits de la science et de la recherche.
 
Toutefois, les uns et les autres soulignent et saluent les efforts qui sont faits un peu partout en Afrique pour redresser cette courbe.
 
C’est ainsi que Naledi Pandor indique qu’en Afrique du Sud, 42 nouvelles chaires ont été créées et attribuées uniquement à des femmes.
 
Le chef de l’Etat sénégalais se félicite en outre du bon exemple que montre l’Institut africain pour les sciences mathématiques (AIMS), organisateur du NEF, dont le président est Thierry Zomahoun.
 
Dans la mesure où, dit Macky Sall, "30% des participants et 50 % des ambassadeurs du NEF dans les pays du continent sont des femmes".
 
Engagement

En tout état de cause, Macky Sall promet de se positionner désormais comme un défenseur de la place de la femme dans les domaines de la science et de la recherche.
 
"Vous pouvez compter sur mon engagement personnel à soutenir les initiatives des femmes et des jeunes dans le domaine de la science et de l’innovation technologique", dit-il au milieu d’une salve d’applaudissements.
 
D’ores et déjà, illustre-t-il, il existe dans son pays des lycées d’excellence pour femmes qui accueille les filles qui ont eu les meilleures notes à l’entrée en sixième.
 
"J’ai vu des parents dont les enfants ont été recalés alors qu’ils avaient eu 14/20 de moyenne", témoigne-t-il, ajoutant qu’un second lycée scientifique dédié aux femmes est actuellement en chantier tandis que des mesures incitatives incitent de plus en plus de femmes à faire les filières scientifiques.
 
Pour le chef de l’Etat d’ailleurs, "en matière d’intelligence, si on doit dire la vérité, les femmes sont plus intelligentes", juge-t-il à la grande satisfaction de la gent féminine, visiblement flattée.
 
Et il s’explique : "Il y a 20-30 ans à l’université en faculté des Sciences, il y avait très peu de filles. Dans mon école, il n’y en avait qu’une seule ! Aujourd’hui, elles sont majoritaires à la sortie. Et en matière de TIC, je crois que les femmes ont des prédispositions et nous devons les mettre en avant".
 
Car pour lui, beaucoup reste à faire et "nous devons ensemble faire plus et mieux". Et Naledi Pandor d’appeler pour cela à une correction du cadre institutionnel qui constitue à son avis "notre faiblesse sur le continent".
 
Mais, pour, certains participants, il faut au préalable que les hommes reconnaissent déjà qu’il y a un problème, et qu’ils s’engagent à prendre les femmes comme leurs alliées et à mettre fin à certains stéréotypes.

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