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Plan d'action R&D contre le ravageur du maïs
  • Plan d'action R&D contre le ravageur du maïs

Crédit image: Panos

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  • Des chercheurs appellent à une stratégie contre la légionnaire d'automne

  • Ce parasite qui attaque le maïs et a été retrouvé dans plusieurs pays africains

  • Selon un expert, son éradication améliorerait les moyens de subsistance des paysans

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[ACCRA] Un groupe de scientifiques estiment qu'une recherche sur l'interaction entre les modèles de vie des larves de la chenille légionnaire d'automne et le calendrier de pulvérisation d'insecticide est urgemment nécessaire pour lutter contre ce ravageur qui fait des dégâts dans les champs de maïs en Afrique.
 
La chenille légionnaire d'automne, connue sous le nom scientifique de Spodoptera frugiperda, est originaire des Amériques et attaque le maïs, ainsi que diverses autres cultures vivrières dans plusieurs pays africains, notamment le Bénin, le Ghana, le Kenya, le Nigéria, le Togo, l'Afrique du Sud et la Zambie.
 
Les scientifiques s'exprimaient lors d'un atelier consultatif organisé le mois dernier par le Centre international pour l'agriculture et les biosciences (CABI), basé au Royaume-Uni, le ministère ghanéen de l'Agriculture et la direction de la protection des végétaux et des services de réglementation de l'agriculture du Ghana.

“Les informations sur le ravageur doivent être collectées au niveau des pays et analysées centralement par des systèmes de suivi au niveau national.”

Roger Day, CABI

 
L'atelier a réuni des acteurs clés des instituts de recherche, des universités, des organisations internationales de développement et des organisations spécialisées dans l'agriculture, dans le but d'élaborer des plans d'action à court et à long terme pour lutter contre le ravageur.
 
Selon les scientifiques, d'ici à juin 2018, les études devraient avoir évalué la meilleure formule de pulvérisation.
 
Deux scénarios sont à l'étude: une pulvérisation  anticipée, avant que les œufs de la chenille légionnaire d'automne ne se réfugient dans les fleurs d'une plante de maïs et une pulvérisation ultérieure, pour neutraliser les œufs qui attaquent les épis de maïs.
 
Roger Day, le coordinateur sanitaire et phytosanitaire de CABI, recommande de mettre au point un pesticide qui peut être mélangé et appliqué manuellement et qui soit suffisamment abordable pour que les petits exploitants puissent l'acheter.
 
"L'information sur le ravageur doit être collectée au niveau du pays et analysée centralement par des systèmes de suivi au niveau national pour prendre des décisions éclairées", a-t-il estimé.
 
Le plan d'action recommande également des recherches d'ici à la fin de l'année, sur les insecticides résiduels à longue durée de vie susceptibles de réduire le nombre d'applications nécessaires pour anéantir la chenille légionnaire d'automne afin de réduire les coûts pour les agriculteurs.
 
Le plan d'action ajoute que d'ici à la fin du mois de juillet, les scientifiques entreprendront des tests de laboratoire sur l'efficacité des insecticides contre la chenille légionnaire d'automne; ils élaboreront aussi d'ici à la fin de l'année des stratégies efficaces, à faible toxicité et à faible technologie pour les applications d'insecticides pour les petits exploitants.
 
Michael Osae, entomologiste à l'Institut de recherche en techniques d'agriculture et biotechnologie nucléaire (une entité de la Commission de l'énergie atomique du Ghana), souligne la nécessité de comprendre la biologie de la chenille légionnaire d'automne et celle des chenilles classiques pour découvrir toute interaction entre elles.
 
"À court terme, nous devons mettre en place une stratégie de gestion de la résistance théorique qui implique des insecticides rotatifs provenant de différentes classes afin d'aider [contrôler le ravageur] et collecter des données à partir des champs", a déclaré Michael Osae à SciDev.Net.
 
Benjamin Badu, entomologiste à l'Université des études en développement du Ghana, affirme que l'analyse de rentabilité est importante parce que la décision des agriculteurs sur l'achat d'un insecticide particulier repose d'abord sur le coût, avant de toucher à l'efficacité.
 
Abraham Asare, responsable des programmes de Development Action Association, un organisme à but non lucratif qui œuvre pour l'habilitation des agricultrices au Ghana, affirme que le contrôle de l'organisme nuisible pourrait améliorer les moyens de subsistance des agriculteurs, en particulier des femmes.
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