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  • Le Panama, 1er pays bénéficiaire du fonds de lutte contre la biopiraterie

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Le Fonds de mise en œuvre du protocole de Nagoya (NPIF) vient d'annoncer son premier bénéficiaire, à savoir un projet d'exploration des ressources naturelles du Panama pour les besoins des industries pharmaceutiques et agrochimiques.

Le protocole de Nagoya a été ratifié en octobre 2010 par 193 pays pour lutter contre la biopiraterie et partager équitablement les avantages de la recherche sur les ressources naturelles

Le NPIF a été créé par l'agence de financement de l'ONU, le Fonds pour l'environnement mondial (FEM) quatre mois plus tard, comme un Fonds fiduciaire multidonateurs pour aider les pays à mettre en œuvre le protocole.

Au début du mois, le 12 janvier, le FEM a annoncé que le Panama recevrait 1million de dollars du NPIF pour la mise en œuvre d'un projet triennal dans le parc national marin de l'île de Coiba, l'une des plus grandes réserves naturelles du pays –situé dans le Golfe de Chiriqui.

Selon Dario Luque, un responsable de l'Autorité nationale de l'environnement (ANAM) du Panama, les chercheurs collecteront des échantillons de plantes, de champignons et d'algues qui entretiennent des rapports de symbiose (mutuellement bénéfiques) avec les coraux et les bactéries vivant d'eau douce et d'eau de mer.

Ces échantillons seront ensuite analysés dans l'espoir de découvrir des composés permettant la mise au point de nouveaux médicaments ou d'insecticides naturels pour le traitement des maladies tropicales et du cancer.

Des groupes de recherche qui étudient des échantillons microscopiques d'algues venus de l'île de Coiba ont déjà trouvé des composés actifs susceptibles d'être transformés en médicaments pour le traitement du cancer, affirme Luque.

D'autres partenaires internationaux comblent ce qui manque au budget du projet, qui s'élève à 3,4 millions de dollars et ils en partageront les bénéfices. Il s'agit de l'Université de Californie, de l'Université de l'Utah, des Instituts nationaux américains de santé et des entreprises du secteur privé basées au Japon et aux Etats-Unis

En tant que partenaire, le Panama partagera les droits de tous les produits issus du projet. Mais les clauses du contrat peuvent être renégociées « si des composés biologiquement actifs sont découverts pendant la première année du projet », affirme Luque.

Gabriel Nemoga, professeur à l'Université nationale de Colombie et à l'Université du Manitoba, au Canada, affirme que le Panama devrait aussi tirer profit du projet en plus de son rôle de fournisseur de biodiversité.  

« On ignore si le Panama dispose des institutions juridiques et environnementales et de l'expérience bureaucratique nécessaires à l'exécution de ce projet », ce qui rend plus difficile la négociation des contrats les plus bénéfiques, explique-t-il à SciDev. Net.

Mais selon Luque, l'accord prévoit la formation du personnel, ce qui va renforcer les compétences scientifiques et l'aptitude du pays à négocier des contrats favorables.

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