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Les nanotechnologies porteuses de promesses, mais pas une priorité
  • Les nanotechnologies porteuses de promesses, mais pas une priorité

Crédit image: Panos

Lecture rapide

  • Les pays africains tardent à adopter les nanotechnologies

  • Le rapport de l'atelier appelle l'Afrique à investir dans les nanotechnologies

  • Les gouvernements devraient adopter des politiques en matière de nanotechnologie pour aider la croissance

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Selon les conclusions d'un atelier, malgré l'immense potentiel que représentent les nanotechnologies pour le développement de l'Afrique, le continent tarde à les adopter.
 
Le rapport rédigé à partir d'un atelier national par Nanotechnology Research Group à l'Université Ladoke Akintola de technologie du Nigéria et publié le mois dernier (11 septembre) cite le financement inadéquat comme un défi majeur pour embrasser les nanotechnologies.

“En adoptant les nanotechnologies, l'Afrique peut entrer dans l'économie basée du savoir.”

Agbaje Lateef
Université de Technologie Ladoke


C'est une discipline qui se concentre sur la conception, la synthèse et la manipulation de particules ou de structures, dans la gamme de un à 100 nanomètres.

Selon le rapport, la recherche en nanotechnologie dans les universités et les instituts nigérians devrait être priorisée et financée de manière adéquate par le gouvernement fédéral et les gouvernements des États, les individus, les industries et les organismes publics.
 
Alors que les nanostructures existent depuis longtemps, le rapport note que les scientifiques ont récemment commencé à utiliser ces connaissances pour créer des réseaux de matériaux fonctionnels pour des applications dans divers domaines de l'agriculture, la médecine, la science et l'ingénierie.
 
Les avantages comprennent la fourniture d'eau propre, l'énergie solaire, les produits antimicrobiens, la détection des maladies, la lutte contre les vecteurs de maladies, la conservation des aliments et des produits stockés et la sécurité alimentaire, grâce à une agriculture améliorée.
 
L'atelier a réuni des participants de plusieurs universités, instituts et agences gouvernementales du Nigeria, pour attirer l'attention des chercheurs sur les nouvelles tendances en nanotechnologie, avec des conférences et des travaux pratiques.
 
Agbaje Lateef, animateur de l'atelier et professeur de microbiologie à l'Université de technologie Ladoke Akintola, explique à SciDev.Net que bien que l'initiative nigériane de nanotechnologie ait démarré en 2006, les activités dans ce domaine de recherche ont été faibles.
 
Il estime que l'Egypte, le Nigeria et l'Afrique du Sud font des progrès dans la recherche et les applications en nanotechnologie, mais il reste beaucoup à faire pour que l'Afrique devienne un acteur mondial.
 
Selon Agbaje Lateef, les efforts pour stimuler les nanotechnologies devraient inclure des centres d'excellence plus fonctionnels en nanotechnologie, avec des équipements de pointe, des partenariats public-privé et la création de curricula intégrant les nanosciences et les nanotechnologies.
 
"Il est nécessaire de créer une masse critique de spécialistes dans ce domaine, grâce à la collaboration, la formation avancée, le recyclage, les conférences, les cours de courte durée et les ateliers", ajoute Agbaje Lateef.
 
"En adoptant les nanotechnologies, l'Afrique peut entrer dans l'économie du savoir", explique Agbaje Lateef. "Actuellement, plusieurs pays africains n'ont pas de politique nationale en matière de nanotechnologie et ses applications. Un cadre politique sur les nanotechnologies devrait traiter de la question des risques associés aux nanomatériaux.
 
Il souligne qu'une politique nationale sur les nanotechnologies est essentielle pour aborder le développement des ressources humaines, la coordination des activités de recherche, la réalisation de résultats de recherche sur les produits réels, les droits de propriété intellectuelle et les questions éthiques.
 
Mais Tebello Nyokong, professeur de chimie médicinale et de nanotechnologie à l'Université de Rhodes en Afrique du Sud, affirme qu'il est inutile d'avoir une politique sans financement adéquat, ajoutant que "l'Afrique ne peut pas se permettre d'ignorer les nanotechnologies".
 
Selon Tebello Nyokong, l'élimination des barrières dans la recherche et les applications de la nanotechnologie, ainsi que la formation de jeunes scientifiques innovants en nanotechnologie sont cruciales.
 
Le chercheur a en outre déclaré à SciDev.Net que la présentation des modèles africains en nanotechnologie pourrait motiver davantage d'étudiants à embrasser la discipline et aider à renforcer les capacités sur le continent.
 
Cet article a été rédigé par le desk Afrique sub-saharienne de SciDev.Net.

Références

Le groupe de recherche en nanotechnologie Lautech (NANO +) a été déclaré leader de la biosynthèse des nanoparticules au Nigéria (Ladoke Akintola University of Technology, 11 septembre 2017)
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