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  • La région Asie-Pacifique peut tirer profit de la bio-prospection marine

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[FIJI] Les pays de la région indo-pacifique peuvent gagner des millions de dollars grâce aux applications médicales de substances tirées des invertébrés marins comme les éponges et les coraux mous, selon des chercheurs.

Ceux-ci insistent toutefois sur la nécessité d’une meilleure régulation de ces ressources pour en garantir une utilisation durable.

Les substances produites par certains invertébrés marins pourraient être adjointes à des médicaments pour traiter des maladies comme le cancer, et il faut intensifier l'exploration de ces ressources pour répondre à la hausse de la demande, selon Miguel Costa Leal, biologiste à l'Université d’Aveiro au Portugal et auteur principal de cette étude parue dans PloS One le 20 janvier. "Le marché mondial des médicaments d'origine marine avoisinait les 4,8 milliards de dollars en 2011 et devrait atteindre 8,6 milliards de dollars en 2016 selon les prévisions", révèle-t-il à SciDev.Net.

"Partout dans le monde, les pays sont généralement conscients de l'importance de ce marché. Mais, dans la plupart des cas, les directives appropriées pour gérer la bioprospection font défaut."

L'étude estime que durant les deux dernières décennies, la plupart des nouveaux produits naturels d'origine marine provenait de l'Océan Pacifique –c'est le cas de deux tiers environ des produits similaires identifiés jusqu'à présent.

Selon Leal, les invertébrés marins ont le potentiel nécessaire pour contribuer au développement des médicaments utilisé dans le traitement de toute une gamme de maladies comme les cancers, les infections microbiennes, l’inflammation, le paludisme et la tuberculose.

Il a cependant lancé un appel à la mise en place de meilleures réglementations pour régir les bio-prospecteurs et les systèmes marins et s’assurer que les ressources sont convenablement protégées.

On s'attend à ce que le débat sur la gouvernance des ressources marines soit vif à la conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20) qui se tiendra au Brésil au mois de juin, et dont les océans seront l'un des thèmes principaux.

Le projet de document de négociations de Rio+20 met l'accent sur l’importance du "partage équitable des ressources marines et océaniques" et appelle à ouvrir de toute urgence les négociations sur un accord dans le cadre de la Convention sur le droit de la mer "qui se pencherait sur la conservation et l’utilisation durable de la biodiversité marine dans les zones qui échappent aux juridictions nationales".

Des appels sont aussi lancés dans la région du Pacifique en faveur du partage des ressources marines avec les communautés autochtones.

D'après Eric Clua, coordonnateur des Initiatives pour les récifs coralliens dans le Pacifique au Secrétariat de la Communauté du Pacifique, "les ressources chimiques de l’environnement marin restent sous-exploitées, surtout dans la vaste région du Pacifique".

"Les savoirs traditionnels des populations autochtones relatifs aux plantes et à leurs usages médicaux ont longtemps été une source d’approvisionnement pour la médecine moderne" précise Clua, qui ajoute que "ces populations ont souvent estimé qu’elles ne pouvaient tirer que peu ou pas de bénéfice de la commercialisation de ces médicaments qui font pourtant partie de leurs savoirs".

Lien vers l’intégralité de l’étude dans PLoS ONE [925kB]

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