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Les chimistes africains sont confrontés à un manque de pièces détachées et de produits chimiques
  • La chimie africaine en plein essor, mais manque de financements

Les chimistes africains sont confrontés à un manque de pièces détachées et de produits chimiques
Crédit image: Flickr/US Army Africa

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[LE CAP] La chimie est en plein essor en Afrique, selon les scientifiques de tout le continent qui se sont rassemblés cette semaine lors dʹun colloque organisé à Johannesburg pour lancer lʹAnnée internationale de la Chimie 2011 (AIC2011).

Dʹaprès James Darkwa, qui a présidé le colloque intitulé La chimie — la clé pour lʹavenir de lʹAfrique (16–21 janvier), la chimie sʹest fortement développée en Afrique au cours de la dernière décennie, car elle a été stimulée en particulier par la classification et lʹobservation des produits naturels.

Malgré cet essor récent de la chimie africaine, qui a vu la création de plusieurs réseaux régionaux et continentaux, le financement durable pour la recherche et lʹentretien des équipements de laboratoire constitue une véritable difficulté, comme SciDev.Net a pu lʹentendre en marge du colloque.

“Ce réseau permet aux personnes qui nʹont pas de ressources de fréquenter des laboratoires qui sont mieux équipés.”

James Darkwa, professeur de chimie à lʹUniversité de Johannesburg

Alejandra Palermo, responsable des projets internationaux à la Royal Society of Chemistry (RSC) britannique, a déclaré à SciDev.Net que lʹentretien et lʹaccès aux équipements de laboratoire sont un véritable problème étant donné quʹil existe un déficit dʹingénieurs, de pièces détachées et de produits chimiques.

Et J. Darkwa, Professeur de chimie à lʹUniversité de Johannesburg, a déclaré à SciDev.Net que le financement durable était un véritable problème pour les chimistes.

Toutefois, J. Darkwa a déclaré que les nouveaux réseaux de chimistes pourraient désormais permettre dʹattirer lʹattention des législateurs africains sur ces questions, et dʹaider les chimistes à collaborer pour trouver des solutions.

Les membres de lʹun de ces réseaux, le Pan Africa Chemistry Network (PACN), ont déclaré à SciDev.Net quʹil existe plusieurs exemples de réussites depuis sa création en 2007.

Jean Claude Ndom de lʹUniversité de Douala, au Cameroun, a été sponsorisé par le PACN et par la São Paulo Research Foundation pour mener des recherches dans la capitale brésilienne, ce qui a abouti à plusieurs collaborations durables.

"Le PACN rassemble des chimistes non seulement africains mais également du monde entier", a-t-il déclaré.

Pendant ce temps, la Société des chimistes du Nigéria a reçu 2 000 livres par le biais du PACN, a déclaré Yilkur Lohdip, responsable des relations extérieures de la société, et les bourses de mobilité ainsi que les rencontres du réseau ont également remporté un véritable succès.

Le PACN a également identifié des centres dʹexcellence afin quʹils deviennent des pôles régionaux de formation et de recherche.

"Cʹest la bonne manière de faire figurer les chimistes africains sur la carte mondiale de la chimie", a déclaré Anthony Gachanja, Professeur de chimie dans lʹun des centres dʹexcellence, à savoir la Jomo Kenyatta University of Agriculture and Technology, au Kenya.

Selon J. Darkwa, un autre réseau, Southern and Eastern Africa Network of Analytical Chemists basé au Botswana, a aidé les chimistes à communiquer les résultats de leurs recherches ainsi quʹà identifier leurs collègues sur le continent.

"Ce réseau permet aux personnes qui nʹont pas de ressources de fréquenter des laboratoires qui sont mieux équipés", a-t-il déclaré.

Ce colloque sʹinsérait dans la 40ème convention du South African Chemical Institute et la troisième rencontre de la Fédération des sociétés africaines de chimistes, au cours desquels les chimistes ont examiné lʹutilisation durable de la chimie pour développer et renforcer les liens de la recherche sur le continent.

Cʹétait également le premier évènement de ceux qui seront organisés à travers le monde pour marquer lʹAIC 2011, à savoir une initiative gérée pour lʹessentiel par des chimistes Éthiopiens, qui sera lancée officiellement la semaine prochaine (27-28 janvier) au siège de lʹUNESCO, à Paris.

Lien vers lʹAnnée internationale de la Chimie 2011 (en anglais)


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