Rapprocher la science et le développement

  • Nouvel engagement des ministres africains pour la science et l'innovation

[NAIROBI] Le premier Forum africain sur la science, la technologie et les innovations pour lemploi des jeunes, le dveloppement du capital humain et la croissance inclusive sest achev avec lannonce dune srie de rsolutions destines mettre profit la science, la technologie et linnovation pour le dveloppement durable.

Des mesures ayant pour objectif de rsoudre des problmes dans des domaines comme leau, la sant, les technologies de linformation et de la communication (TIC), les nergies renouvelables et lagriculture ont galement t arrtes lors de cette confrence ministrielle, laquelle ont particip 57 ministres chargs de la science, la technologie et linnovation, des finances, de la planification et de lducation.

Ils se sont engags mettre contribution la science, la technologie et linnovation comme moteur de croissance inclusive et du renforcement des capacits des jeunes, en plaant un accent surlentrepreneuriat, au moyen dun soutien accru linnovation et aux programmes dentrepreneuriat.

Ils ont galement convenu dlaborer, dvaluer et de mettre en uvre des politiques, lgislations et stratgies dans le domaine de la science, de la technologie et de linnovation, en favorisant la promotion et la hausse des investissements dans la recherche collaborative aux niveaux national, rgional et intra-rgional, et soutenir les institutions et le renforcement des capacits en matire de recherche et dveloppement (RD).

Le Forum a officiellement adopt la Dclaration ministrielle de Nairobi sur la science, la technologie et linnovation, dont le texte a t fortement influenc par lengagement pris en 2006 par les dirigeants des pays membres de lUnion africaine de consacrer au moins un pour cent du produit intrieur brut (PIB) la RD. Les ministres ont aussi pris la rsolution de tenir cet engagement, et dlaborer dici 2015 des politiques nationales en science, technologie et innovation.

LOrganisation des Nations Unies pour lducation, la science et la culture (UNESCO) coopre dj avec plus de 20 pays africains lvaluation des politiques actuelles dans le domaine de la science, la technologie et linnovation en vue de crer des cadres nationaux sachant contribuer latteinte de ces objectifs.

Par ailleurs, lUNESCO renforce les capacits des chercheurs, des dcideurs, des partenaires au dveloppement et du secteur priv.

Pour Irina Bokova, Directrice gnrale de lUNESCO, nous devons renforcer les liens entre la politique et la science.Il nous faut un programme de recherche scientifique intgr pour mieux comprendre le monde, identifier les limites et les points de basculement. LAfrique est en train de changer. La science, la technologie et linnovation sont essentielles pour maintenir cet lan.

Mwai Kibaki, Prsident du Kenya, a affirm lors de la runion interministrielle que lAfrique connat actuellement une phase de croissance conomique rapide. Pour tre comptitif sur le march mondial, nous devons tre en mesure de dvelopper des technologies qui vont dclencher la rvolution industrielle africaine.

Il a ajout que son gouvernement a dj labor une nouvelle politique nationale de la science, de la technologie et de linnovation dans le but de former des comptences locales dans ces domaines, adaptes aux besoins, priorits et ressources du Kenya.

Le dernier jour du Forum, Kibaki a galement remis des prix cinq Kenyans qui ont expos des innovations, sur le lieu du Forum Nairobi, dans des domaines varis comme les applications des TIC ou lagriculture. Le Prsident a ainsi not que plusieurs innovations phares dans le monde voient le jour en Afrique, mais quil reste beaucoup faire avant que lAfrique ne devienne un ple de linnovation dans le monde.

Donald Kaberuka, Prsident de la Banque africaine de dveloppement estime quil est aussi important que lAfrique puisse commercialiser ses innovations.

Il nous faut dvelopper les services financiers dappui linnovation. Je suis trs satisfait que cette confrence ait mis laccent sur linnovation et lentrepreneuriat, ainsi que la science et la recherche-dveloppement, poursuit-il.

Lors de la confrence, certains ministres ont pris lengagement de consacrer davantage de ressources la science, la technologie, lingnierie et les mathmatiques dans lenseignement suprieur, et de renforcer les rseaux rgionaux au moyen de partenariats et de collaborations entre les pays africains et le Nord.

Naledi Pandor, ministre sud-africaine de la science et de la technologie, estime pour sa part que le continent doit aussi revoir sa perception de la valeur de la science et de la technologie.

Elle pense que de nombreux gouvernements ne mettent pas suffisamment laccent sur la science, la technologie et linnovation ou ny consacrent pas assez de moyens, la science tant toujours perue de faon traditionnelle, technique et non comme un outil de dveloppement.

Il est important que nos gouvernements identifient les chercheurs productifs et non les beaux parleurs, et les soutiennent fermement. Des infrastructures doivent galement construites pour leur permettre de travailler, souligne-t-elle.

En outre, elle a indiqu que lAfrique du Sud est le seul pays du continent africain qui consacre un pour cent du PIB la RD, et que les autres pays doivent soutenir les institutions africaines de recherche.

Nous constatons que. cela devient quasiment un fardeau pour lAfrique du Sud, prcise-t-elle.

Le Kenya, pays hte de la confrence, a indiqu vouloir porter son budget de la science, de la technologie et de linnovation un pour cent du PIB au cours de la prochaine anne budgtaire.

Si le Kenya veut dfendre cette ide, il doit prcher par lexemple. Je puis vous garantir que le parlement adoptera ce budget lorsquil lui sera soumis, assure Peter Anyang Nyongo, Ministre kenyan de la sant.

Pourtant, de srieux doutes persistent quant au respect de ces engagements de financement une fois que les ministres sen retourneront dans leurs pays.Il nexiste aucune institution charge de suivre ces promesses, qui sont dautant plus difficiles raliser que la plupart des Africains sont auto-employs, et nombreux sont donc ceux qui ne paient pas ou ne peuvent pas payer dimpts.

Soixante pour cent des Africains travaillent dans le secteur informel. Nous ne pouvons porter le budget scientifique et technologique un pour cent du PIB que si nous ne les faisons migrer vers le secteur formel, les imposons et rorientons les ressources ainsi collectes vers le financement de la RD, explique Fred Omach, Ministre dEtat ougandais des finances.

Pour dautres nouvelles et analyses sur le Forum africain sur la science, la technologie et les innovations, voir notre blog.

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