Rapprocher la science et le développement

  • Les scientifiques égyptiens savourent l'année après la révolution

[LE CAIRE] Alors que le premier anniversaire du soulvement Place Tahrir en Egypte tombe la semaine prochaine (25 janvier), les scientifiques rflchissent aux gains incroyables que la rvolution gyptienne leur a procurs.

Au cours de l'anne dernire, le budget de la science a augment de plus d'un tiers, les salaires ont augment et des projets pour une cit des sciences et des technologies ont t lancs.

Pour Maged El-Sherbiny, prsident de l'Acadmie de la recherche scientifique et de la technologie (l'organisme gouvernemental responsable du financement de la recherche en Egypte), les changements ont commenc aux niveaux administratif et financier.

Ainsi, tous les centres de recherche affilis aux diffrents ministres seront runis sous le Conseil suprieur des centres de recherche, et le budget de la recherche scientifique, en hausse de 35 pour cent en 2011-2012, est susceptible connatre une nouvelle augmentation en 2012-2013, selon El-Sherbiny, qui affirme que l'objectif du gouvernement est de consacrer un pour cent du produit intrieur brut la science.

Cette considrable relance du financement est le fruit d'une perception de plus en plus partage, selon laquelle les investissements dans le domaine de la science sont capitaux pour l'avenir de l'Egypte.

Ashraf Shaalan, prsident du Centre national de recherche (CNR) -- le plus grand centre de recherche en Egypte - se rjouit de cet lan de ferveur nationale pour la science, et de l'augmentation du financement, qui ont su motiver les scientifiques gyptiens.

Il cite pour exemple l'dition scientifique dans des revues internationales. La production a augment d'un quart, passant peu prs 2 000 articles en 2011, a-t-il affirm.

Le CNR a reu environ US$ 13 millions du Fonds national pour la science et le dveloppement technologique en 2011, pour financer 80 projets de recherche, explique-t-il. Pourtant, malgr des hausses de salaire, le centre a perdu 400 chercheurs avec la fuite des cerveaux l'anne dernire, notamment au profit du Qatar et de l'Arabie Saoudite.

Aprs la rvolution, le secteur priv ne s'est pas aussi bien port. En effet, l'Universit du Nil, la premire universit prive de recherche but non lucratif du pays, a t menace en raison de ses liens avec l'ancien rgime dchu. L'universit avait emmnag dans de nouveau locaux la vielle de la rvolution et s'est vu pri par le nouveau gouvernement de quitter les lieux, au motif que c'tait un terrain public.

De tels revirements sont prvoir aprs les rvolutions, tempre Tarek Khalil, prsident de l'Universit du Nil.

Aprs la rvolution, nous avons commenc l'anne sans savoir si nous allions pouvoir continuer, mais avant mme la fin de l'anne, le ministre de la recherche scientifique nous avait assur que nous poursuivrions nos activits dans notre universit.

L'Universit du Nil fera prsent partie de la nouvelle cit Zewail pour les sciences et technologies.

Pour le Dr Hassan Abol-Enein, dirigeant de Science Age Society, une organisation non gouvernementale (ONG), le soutien gouvernemental accord aux investissements dans la science a conduit un regain d'intrt public, notamment avec le lancement de la Cit Zewail,dcrit comme le 'premier fruit' de la rvolution, un projet national que tous les Egyptiens devraient soutenir.

Nous avons remarqu une forte participation nos confrences laquelle nous n'tions pas habitus avant le 25 janvier, a-t-il dit.

Depuis la rvolution, les ONG ont acquis la libert de soutenir la recherche scientifique d'une manire inespre. Une fatwa (dcret religieux islamique) mise par le Grand Mufti d'Egypte en 2011 a ainsi dclar que les dons la recherche scientifique pouvaient tre considres comme faisant partie de l'obligation de faire don de 2,5 pour cent de ses revenus aux organisations caritatives.

Abol-Enein voque l'ide de catalyser le nouvel enthousiasme du public en crant un fonds, auquel le public pourrait contribuer, pour financer les projets de recherche.

Pourtant, d'autres scientifiques de renom ont mis des rserves quant la durabilit des changements scientifiques en Egypte.

Pour Alaa Idris, prsident du comit de recherche scientifique de la Fondation Misr El-Kheir, dont une des missions consiste soutenir la science, les Egyptiens sont aujourd'hui d'avantage proccups par des questions comme les salaires, les enfants des rues ou les bidonvilles.

Pour qu'un rel changement se produise, affirme-t-il, la nouvelle Constitution gyptienne devrait reconnatre l'importance de la recherche scientifique et une loi portant sur la science et la technologie devrait tre promulgue.

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