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  • Le projet des villages du Millénaire est un 'succès'

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Le Projet des villages du Millénaire (PVM) a considérablement réduit la mortalité infantile dans de nombreux endroits à travers l'Afrique sub-saharienne, selon une étude publiée cette semaine (08 mai) et dont les conclusions sont présentées dans Nature News.

Le projet, dirigé par l’Institut de la Terre (Earth Institute) de l'Université de Columbia, aux Etats-Unis, vise à renforcer la santé et la sécurité alimentaire des populations les plus pauvres en Afrique, par le biais d’investissements dans des domaines comme l'agriculture, l'environnement, l'éducation et la santé, en partenariat avec les gouvernements et les communautés locales, en vue d'aider à atteindre les huit Objectifs du millénaire pour le développement des Nations Unies d'ici 2015.

L'année passée, l’initiative était présentée comme étant
en bonne voie pour sortir les populations de la pauvreté, conclusion désormais renforcée par de nouvelles recherches publiées dans The Lancet, avec la participation du Groupe d'études sur les villages du Millénaire, qui offrent des preuves quantitatives de la réussite du modèle du PVM.

Entre 2006 et 2009, la mortalité chez les moins de cinq ans a diminué en moyenne de 22 pour cent sur les sites, selon l’article paru dans Nature. Le document publié dans The Lancet noteque la mortalité infantile est en baisse sur les sites du PVM à un taux qui est trois fois plus élevé que les tendances rurales nationales sur une période de dix ans.


Pourtant, certains chercheurs ont remis en cause les méthodes utilisées dans la plus récente étude, et ont demandé que le projet publie ses données sous-jacentes, selon l'article de Nature News.


"Le cœur du problème est l’absence de transparence et d’une analyse minutieuse et indépendante", explique Michael Clemens, chercheur auprès du Center for Global Development, aux Etats-Unis.

Il estime que les données provenant des villages de contrôle pourraient avoir intégré des estimations des taux de mortalité antérieures, qui pourraient avoir été surévaluées, et que le coût estimatif annuel de US$ 120 par personne du PVM pourrait être sous-estimé.

Clemens a souligné à Nature News que l’utilisation de données recueillies au cours de la décennie masque certaines améliorations nationales plus récentes en matière de mortalité infantile dans les zones de contrôle, et a exhorté le PVM à fournir ses données brutes à des scrutateurs indépendants.

L'auteur principal de l’article du Lancet, Paul Pronyk, de l’Earth Institute à l'Université de Columbia, aux Etats-Unis, a soutenu les conclusions de l'étude.

Un projet du PVM en phase de commencement au Ghana sera évalué par des chercheurs indépendants pour le compte du ministère britannique du développement international, ce qui pourrait aider à trancher le débat, selon l'article de Nature News.

Lien vers l’article complet dans Nature News
Lien vers l’étude complète dans The Lancet

[REFERENCES]
The Lancet
doi:10.1016/S0140-6736(12)60207-4 (2012)

 
 
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