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  • Le financement reste un problème majeur pour les académies africaines

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[SOMERSET WEST, AFRIQUE DU SUD] Les académies africaines continuent à batailler pour trouver des financements et la reconnaissance des décideurs, malgré de nombreux efforts faits en ce sens.

Ce message est venu de la sixième conférence sur l'Initiative de développement des académies des sciences d'Afrique (ASADI), qui s'est tenue à Somerset West, près de Cape Town, en Afrique du Sud, cette semaine (07-11 novembre).

Les programmes d'appui comme l'ASADI, qui a démarré en 2004, ont conduit à une explosion du nombre d'académies sur le continent et à une redéfinition de leur rôle en matière de conseil des décideurs politiques.

Cependant, dans la mesure où ces programmes arrivent à échéance, les académies devraient identifier leurs propres financements –chose qui s'avère être une épreuve pour bon nombre d'entre elles, comme l'ont constaté certains délégués.

Bien que certaines académies sont anciennes et assez bien dotées en ressources, telles que l'Académie des Arts et des Sciences du Ghana, fondée il y a 50 ans, d'autres, comme l'Académie des sciences de l'Ethiopie, créée en avril dernier, sont récentes et n'ont pas encore eu l'occasion de faire leurs preuves.

"Le financement de base est le problème", a déclaré Oye Ibidapo-Obe, le président de l'Académie des sciences du Nigeria, à SciDev.Net. Il fait du lobbying auprès du gouvernement du Nigeria pour obtenir financement permanent qui permettrait d'honorer 60 à 70 pour cent des factures de l'académie.

"L'ASADI a été formidable pour ce qui est du financement, mais maintenant nous voulons que notre gouvernement mette la main à la poche", a-t-il dit.

Ibidapo-Obe semble assez confiant quant à l'obtention d'un financement du gouvernement. En revanche, l'Académie des sciences du Mozambique, créée en 2007, est moins optimiste, a déclaré son directeur général, Inocente Mutimucuio. Elle dispose d'un financement pour son personnel - mais pas d'assez de ressources pour financer les visites et les séminaires, a-t-il affirmé.

L'Académie des sciences du Zimbabwe est également préoccupée par sa viabilité financière à long terme, mais Gibson Mandishona, le président exécutif du Centre pour les énergies renouvelables et des technologies environnementales de Harare, et membre de cette académie, a déclaré: "La volonté de survivre existe, nous allons chercher d'autres sources de financement pour poursuivre nos travaux ".

Attirer l'attention des gouvernements est un autre défi que peu d'académies africaines estiment avoir relevé.

"Peu de personnes comprennent le rôle d'une académie au Mozambique. Elles pensent que nous reprenons les activités du ministère de la Science et de la technologie", a déclaré Mutimucuio.

Enriqueta Bond, la présidente du conseil d'administration de l'ASADI, a déclaré: "Nous sommes conscients de la fragilité des académies africaines. Elles ont besoin de financement. Certaines n'ont pas de secrétariat et ne peuvent pas payer du personnel permanent".

Mais il est peu probable que le programme de l'ASADI soit prolongé, a indiqué son directeur, Patrick Kelley. "L'idéal serait que nous disparaissions en 2014. Nous dépensons beaucoup d'énergie pour apprendre aux [académies] à se vendre".

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