Rapprocher la science et le développement

  • Le Burkina Faso espère unifier la science au service du développement

[OUAGADOUGOU, BURKINA FASO] Un nouveau ministère de la science au Burkina Faso, promu comme l'un des premiers à se consacrer uniquement à la recherche et à l'innovation en Afrique occidentale, aura pour objectif d'unifier la science dans tous les départements ministériels dans ce pays.

Le ministre burkinabé de la science, Gnissa Isaïe Konaté, qui est également un chercheur, affirme que le développement sera plus efficace si la science s'exprime d'une une voix unie. "Notre principale vision est de faire émerger des actions unies plutôt que de mettre simplement en place une structure institutionnelle", a-t-il déclaré à SciDev.Net.

"La recherche est [aujourd'hui] menée dans différents départements ministériels au Burkina Faso. Notre objectif est de donner un fil conducteur commun à toutes ces structures de recherche pour résoudre les problèmes de développement", a-t-il poursuivi, ajoutant qu'il estime que ce ministère est le premier en Afrique de l'Ouest spécialisé dans la science et l'innovation.

Konaté a déclaré que le nouveau ministère aura pour priorités de lutter contre l'analphabétisme et de travailler avec le secteur de la construction. Plus de 87 pour cent des Burkinabés sont, en effet, analphabètes, selon l'UNESCO (l'Organisation des nations unies pour l'éducation, la science et la culture), et les chercheurs seront encouragés à trouver des moyens de réduire ce nombre. "Nous attendons beaucoup d'innovations dans ce domaine", a-t-il dit.

Le secteur de la construction du pays a également besoin de davantage de recherche, a-t-il ajouté. Ainsi, le ministre aimerait assister à l'utilisation de matériaux de construction locaux tels que les pierres taillées, l'argile et la latérite pour maintenir les bâtiments frais -- au lieu d'investir dans des outils de climatisation onéreux.

Le nouveau ministère de la recherche scientifique et de l'innovation a été créé en avril, après l'adoption du budget 2011 du pays. Il partage donc un même budget avec le ministère des enseignements secondaire et supérieur, sous lequel il était placé par le passé. Pour Konaté, des budgets séparés devraient être alloués dès 2012.

Le budget consacré à la recherche -- moins de un pour cent du budget national -- couvre principalement les frais de fonctionnement des institutions de recherche. Les programmes de recherche à proprement parler sont financés principalement par des bailleurs de fonds étrangers, explique Konaté.

Le directeur du Centre suisse de recherches scientifiques (CSRS) en Côte d'Ivoire, M. Bassirou Bonfoh, déclare pourtant que la création d'un ministère spécialisé ne garantit pas le succès de la recherche. Elle peut au contraire susciter la confusion, notamment au sujet des fonctions des différents organes de l'Etat.

"Un grand nombre de chercheurs [au Burkina Faso] sont des enseignants. Ils seront donc à cheval entre deux ministères. La recherche scientifique et l'enseignement universitaire ont toujours été associés. La meilleure chose à faire est d'augmenter le budget de la recherche dans un ministère de l'enseignement supérieur bien organisé", a-t-il ajouté.

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