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  • La recherche climatique en Afrique pourrait stimuler les énergies propres

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[COPENHAGUE] D'après certains spécialistes des questions énergétiques, l'Afrique a besoin de nouvelles sources d'énergie propres, dont un mélange de technologies d'énergie éolienne et solaire, et devrait mettre en place des 'centres d'innovation climatique' pour accélérer leur assimilation.

Pour Oliver Knight, conseiller en énergie auprès du Ministère britannique du Développement international, la grave pénurie en eau prévue pour l'Afrique à la suite des changements climatiques a pour conséquence que le continent ne puisse pas compter sur l'énergie hydroélectrique comme seule source d'énergie propre.

"L'Afrique doit diversifier et trouver des sources d'énergie autres que l'énergie hydroélectrique, qui devient moins fiable avec la baisse des précipitations", a-t-il déclaré après son intervention lors d'une session sur les sources d'énergie pauvres en carbone à la conférence des Nations unies sur les changements climatiques de Copenhague (7-18 décembre).

Pour Knight, différents mélanges de technologies seraient appropriés en fonction des pays. Ainsi, un mélange d'énergies éolienne, solaire et géothermique pourrait convenir au Kenya, alors que l'énergie hydroélectrique, la bioénergie et l'énergie géothermique seraient plus appropriées pour le Rwanda, moins exposé au vent et au rayonnement solaire.

Mais le continent n'a pas pour autant besoin de se lancer dans un programme important de recherche et développement dans sa quête de technologies propres, poursuit-il. L'Afrique devrait plutôt utiliser les technologies existantes et les adapter aux réalités et besoins locaux.

 "Ce n'est pas strictement une question de recherche et développement, la technologie existant déjà ailleurs", explique-t-il.

Knight a suggéré que l'Afrique pourrait atteindre cet objectif par le biais de centres d'innovation climatique – des centres locaux chargés d'aider les pays à adopter des technologies développées ailleurs et à les adapter aux besoins locaux.

Le concept de centres d'innovation climatique gagne du terrain, en particulier en Inde.

Pour Ambuj Sagar, un professeur de politique publique à l'Institut indien de Technologies, à Delhi, et l'un des principaux architectes de ce concept, les technologies transférées aux pays en développement doivent souvent être modifiées pour s'adapter aux réalités locales (voir 'Coopération dans l'innovation pour faire face défis climatiques').

Pour lui, les capacités locales pour exploiter et entretenir les technologies doivent être développées parallèlement au transfert de technologies.

Les centres d'innovation climatique proposés par l'Inde font partie des discussions sur le transfert de technologies à la conférence de Copenhague et sont inclus dans le projet de texte du groupe de travail concerné.

Pour que ce concept porte ses fruits en Afrique, les pays africains auront besoin de moyens financiers, de ressources humaines pour initier et réaliser les projets, ainsi que de politiques qui encouragent les investissements du secteur privé, explique Knight.

Steve Thorne, le directeur de SouthSouthNorth, un réseau d'organisations travaillant sur les changements climatiques et le développement social, basé en Afrique du Sud, soutient que le problème essentiel en Afrique demeure l'accès aux services énergétiques modernes en vue de renforcer les moyens de subsistance.

L'Afrique a besoin de politiques claires pour développer l'utilisation des énergies renouvelables dans le cadre des plans énergétiques nationaux, a-t-il expliqué au Réseau Sciences et Développement (SciDev.Net).  Or, les tarifs pratiqués actuellement rendent les énergies renouvelables coûteuses par rapport aux centrales électriques à charbon.

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