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  • La montée des océans menace les communautés côtières du Ghana

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[ACCRA] Les conclusions d'une étude par modélisation prévoient que le Ghana va connaître de plus en plus d'inondations dues à la montée du niveau des océans suite aux changements climatiques.

Selon cette étude publiée le mois dernier (7 septembre) dans Remote Sensing, environ 650.000 personnes et presque 1.000 bâtiments dans les trois communautés de la région de Dansoman à Accra seront exposées aux inondations permanentes d'ici 2100, avec le recul de lignes côtières sur plus de 200 mètres.

L'étude affirme que des sites industriels et naturels seront submergés, et les bâtiments en béton de sable, un matériau fait de sable et de ciment, seront détruits par les inondations. Une telle situation entraînera des épidémies, des déplacements de populations, la perte de terres et de biodiversité, ainsi que la baisse des prises et des revenus de la pêche.

En se fondant sur Simclim, un modèle informatique pour l'analyse des effets de la variabilité du climat et des changements climatiques dans le temps et l'espace, l'étude soutient qu'un tel scénario devrait impacter la zone marécageuse voisine de Densu Ramsar, ainsi qu'une usine à sel d'une valeur de plusieurs millions de dollars et des pêcheries et exploitations agricoles locales. Selon les auteurs, les communautés locales n'ont pas prévu de systèmes pour les aider à faire face au problème.

Kwasi Appeaning-Addo de l'Université du Ghana, auteur principal de l'étude, a expliqué à SciDev.Net que ce travail a été principalement motivé par le tollé suscité dans l'opinion publique par les marées hautes permanentes. Son équipe a souhaité contribuer au savoir sur une gestion durable du phénomène et aux stratégies de développement à même de cibler ce problème.

Pour Appeaning-Addo, cette étude peut guider la planification politique. 'C'est le moment d'agir', martèle-t-il. Selon le Département des services hydrologiques du Ghana, l'océan grignote de 1,5 à 2 mètres sur les 539 kilomètres de lignes côtières du Ghana chaque année, et les zones les plus à risque voient disparaître jusqu'à quatre mètres.

D'après Kwabena Kankam-Yeboah, chercheur principal à l'Institut de recherches hydrologiques du Ghana, la principale mesure pour faire face à ces montées de la mer prévues par l'étude consiste à respecter scrupuleusement les politiques d'aménagement du territoire et l'ingénierie scientifique.

Pourtant, il ajoute que le modèle utilisé dans cette étude a été conçu à l'étranger, dans des conditions climatiques différentes de celles du Ghana, ce qui suscite quelques interrogations quant à son applicabilité.

Carl Fiati, responsable des ressources marines et des lignes côtières à l'Agence ghanéenne de protection de l'environnement, estime que malgré la réalité des changements climatiques, les études n'ont pas encore prouvé que la montée du niveau des océans et les marées hautes que connaît le Ghana sont le résultat de la hausse des températures et des changements climatiques.

Lien vers l'article complet dans Remote Sensing  [2.02MB]

Références

Remote Sensing doi:10.3390/rs3092029 (2011)

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