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Un projet pour booster le commerce africain de poisson
  • Un projet pour booster le commerce africain de poisson

Crédit image: J.B. Russell / Panos

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  • Malgré ses richesses halieutiques, l’Afrique ne représente que 4,9% du commerce mondial du poisson

  • Ce projet qui couvre quatre régions du continent vise à stimuler cette activité

  • Le projet devrait aussi fournir des statistiques et renforcer l’autonomie des femmes.

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[NAIROBI] Si l’Afrique est dotée d’abondantes ressources naturelles pour la pisciculture, sa consommation de poissons est relativement faible, comparée à celle d’autres continents en raison de la faiblesse des investissements dans le commerce, soutiennent des experts.

À l’occasion du lancement, le 2 mars dernier, d’un projet panafricain de développement du commerce de poisson sur le continent, les experts ont souligné que l’Afrique dispose du potentiel pour développer la pêche et l’aquaculture, afin qu’elles jouent un rôle plus important dans la promotion de la sécurité alimentaire, la création de moyens de subsistance et le soutien à la croissance économique.

Ils ont, toutefois, regretté que bien peu d’initiatives aient été prises pour promouvoir le secteur de la pêche, un constat que partagent gouvernements et décideurs.

"Ce projet permettra d’harmoniser les politiques au niveau continental et ouvrira le commerce du poisson qui, nous en sommes convaincus, aura un puissant effet sur la réduction de la pauvreté dans certaines des régions africaines les plus pauvres."

Ahmed El Sawalhy, UA-BIRA 

"Le commerce est entravé par l’inadéquation du marché et des infrastructures d’échange, la mise en œuvre insuffisante des politiques publiques, l’existence de règles commerciales complexes et incohérentes, et l’absence de données suffisantes sur le marché", selon Felix Koskei, ministre kényan de l’agriculture, s’exprimant lors du lancement du projet.

Il insiste par ailleurs sur l’impact potentiel de ce programme sur l’amélioration de la sécurité alimentaire et la réduction de la pauvreté.

Financé par la Commission européenne et mis en œuvre par WorldFish, le Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) et le Bureau interafricain des ressources animales de l’Union africaine (UA-BIRA), ce projet est destiné au renforcement de la chaîne de valeur du secteur de la pêche en Afrique.

Dans un communiqué publié à l’occasion du lancement du projet, WorldFish, le NEPAD et l’UA-BIRA relèvent que la part de l’Afrique dans le commerce mondial du poisson s’élève seulement à 4,9 %.

Ces organisations plaident ainsi pour qu’une amélioration de l’efficacité du commerce africain du poisson vienne développer les moyens de subsistance de 12,3 millions d’Africains, à travers la création d’emplois dans les secteurs de la pêche et de l’aquaculture.

Le projet mettra l’accent sur la durabilité afin de permettre un meilleur accès aux marchés intra-régionaux en Afrique.

Pour sa part, Sloans Chimatiro de WorldFish CGIAR, chef du projet, insiste sur la nécessité de mener des études afin d’éclairer l’élaboration et la mise en œuvre des politiques.

"Il nous faut transformer les économies rurales, surtout pour les communautés qui dépendent de la pêche ; ce projet contribuera, à terme, à réduire l’exode rural", explique-t-il.

Steve Wathome, responsable du programme agriculture et développement rural auprès de la Délégation de l’Union européenne (UE) au Kenya, annonce que l’UE compte investir 5 millions d’euros (3,28 milliards de FCFA) dans ce projet sur une durée de quatre ans, et ce dans le but de contribuer au relèvement des défis auxquels le commerce du poisson fait face en Afrique.

Pour le Directeur de l’UA-BIRA, Ahmed El Sawalhy, le développement du commerce local et intra-régional de poisson est nécessaire pour la promotion de l’intégration régionale et de la sécurité alimentaire.

"Le projet permettra d’harmoniser les politiques au niveau continental et ouvrira le commerce du poisson qui, nous en sommes convaincus, aura un puissant effet sur la réduction de la pauvreté dans certaines des régions africaines les plus pauvres", souligne-t-il.

Le projet sera mis en œuvre dans quatre régions africaines et couvrira 21 pays dont l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Cameroun, le Kenya, le Niger, le Nigéria, l’Ouganda, le Sénégal,  le Tchad, et la Zambie.

Des informations sur la structure, les produits et la valeur du commerce intra-régional de poisson et sa contribution à la sécurité alimentaire en Afrique seront générées.

Ansen Ward, spécialiste du développement de la pêche auprès de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture) prône, dans un entretien accordé à SciDev.Net, l’accumulation des connaissances sur les lacunes en matière de commerce du poisson en Afrique.

"La compréhension du lien entre commerce, sécurité alimentaire, réduction de la pauvreté et autonomisation des femmes doit être une priorité des activités de recherche, aux premières heures de ce projet", a-t-il argué.
 
Cet article est une production de la rédaction subsaharan Africa de SciDev.Net.
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