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Le Kenya renforce l'autonomisation des pisciculteurs
  • Le Kenya renforce l'autonomisation des pisciculteurs

Crédit image: Panos

Lecture rapide

  • L'initiative de quatre ans vise à former 1 100 pisciculteurs en management

  • La formation les initiera en particulier aux bonnes pratiques de gestion des poissons

  • Au cœur des enseignements se trouve la question des antibiotiques dans les bassins

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[NAIROBI] Une initiative vise à permettre aux pisciculteurs du Kenya de stimuler leur production grâce à une formation aux bonnes pratiques de gestion.
 
Le projet vise à relever les défis de la pisciculture grâce à des cours théoriques en classe et à des leçons pratiques à la ferme.
 
Arnoud Meijberg, responsable de l'initiative Farm Africa, une ONG basée au Royaume-Uni, affirme qu'en raison de la croissance rapide de la population, les masses d'eau naturelles ne peuvent plus produire suffisamment de poissons pour satisfaire la demande croissante du marché.

“Si les agriculteurs ont de bons alevins, mais des aliments de mauvaise qualité et de mauvaises compétences en affaires, ils ne peuvent qu'échouer dans la production aquacole.”

Arnoud Meijberg
Farm Africa

 
"Cela aidera à la sécurité alimentaire et générera des revenus pour les agriculteurs s'ils le font de la bonne manière", a-t-il déclaré lors d'une interview avec SciDev.Net.
 
Grâce au programme, les petits agriculteurs apprennent à construire de bons étangs de poissons, à identifier les alevins de qualité pour le stockage, utiliser des aliments de qualité pour une production améliorée et évaluer les prix de leurs produits agricoles.
 
"Si les agriculteurs ont de bons alevins, mais des aliments de qualité inférieure et de mauvaises compétences en affaires, ils ne peuvent qu'échouer dans la production aquacole et de subir des pertes", explique Arnoud Meijberg.
 
Le programme de quatre ans, financé par Farm Africa, a débuté en 2016 et vise à aider au moins 1 100 pisciculteurs à gérer leurs entreprises. Il a déjà permis de former plus de 1 000 pisciculteurs au Kenya tout en touchant environ 8 000 personnes indirectement à travers des campagnes dans les médias, des foires agricoles et des symposiums sur l'aquaculture.
 
Des plans sont en cours d'élaboration pour élargir l'initiative à d'autres pays d'Afrique de l'Est, comme l'Éthiopie, la Tanzanie et l'Ouganda.
 
"Je connais maintenant les bonnes quantités et les types d'alimentation que je dois donner à mon poisson", explique David Omuruli, qui compte six bassins de poissons et bénéficie des séances de formation. "Je suis également devenu bon dans la tenue de comptes, ce qui me permet de suivre toutes mes dépenses et d'éviter des gaspillages inutiles".
 
David Omoruli communique maintenant les connaissances à d'autres pisciculteurs.
 
Pour sa part, Samuel Kariuki, directeur du Centre de recherche en microbiologie de l'Institut de recherche médicale du Kenya, affirme que les pratiques non-hygiéniques et les conditions de congestion dans les étangs contribuent généralement à la mauvaise utilisation des antibiotiques pour la prévention des maladies et la promotion de la croissance dans l'aquaculture. 
 
Il note que cela a conduit au développement de bactéries résistantes aux médicaments, un problème de santé mondiale, qui a rendu les maladies infectieuses courantes difficiles et coûteuses à gérer.
 
"Nous ne pouvons pas nous éloigner des systèmes agricoles intensifs car ils contribuent à répondre à la demande d'une population en pleine croissance. Mais nous devons veiller à ce que, lorsque les agriculteurs les adoptent, ils apprennent de bonnes pratiques de gestion qui empêcheront l'utilisation inutile d'antibiotiques ".

Humphrey Mbugua, directeur de l'Association kenyane des fabricants d'aliments pour bétail, ajoute que les gouvernements doivent réglementer de manière adéquate le secteur de l'alimentation animale, afin d'empêcher les entreprises peu scrupuleuses de vendre des aliments contaminés aux antibiotiques à des agriculteurs sans défense.
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