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Pauvreté et palu: un cercle vicieux
  • Pauvreté et palu: un cercle vicieux

Crédit image: Flickr/Novartis AG

Lecture rapide

  • Le revenu des ménages fait partie des facteurs socioéconomiques ayant une incidence sur le risque de paludisme

  • Une étude soutient qu’il existe un lien entre le statut socioéconomique et le risque élevé de paludisme chez les enfants

  • Un spécialiste lance un appel pour l’inclusion du développement socioéconomique dans les efforts de lutte contre le paludisme.

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[KAMPALA] Selon une étude, les enfants issus de familles extrêmement pauvres risquent deux fois plus de contracter le paludisme dans les régions où cette maladie est endémique que ceux issus de milieux moins défavorisés.

Pendant longtemps, les spécialistes du paludisme ont pensé que cette maladie etait tributaire de facteurs socioéconomiques, et c’est pour cela que des chercheurs du Soudan et du Royaume-Uni ont passé en revue la littérature en la matière afin d’établir un lien probable entre le statut socioéconomique entre le risque de paludisme chez les enfants jusqu’à l’âge de 15 ans dans les pays où cette maladie est endémique.

D’après Steve Lindsay, coauteur de l’étude et spécialiste de l’écologie des maladies à l’Université de Durham au Royaume-Uni, « l’objectif était de stimuler la réflexion sur le développement socioéconomique en tant que mesure de lutte contre le paludisme.

Avec ses confrères, il a examiné 4 696 études publiées entre le 1er janvier 1980 et le 12 juillet 2011 et a pu identifier 15 études contenant des données statistiques établissant un lien entre le risque de paludisme et le niveau de développement socioéconomique défini selon des critères tels que les actifs des ménages, leurs revenus ou la profession des parents.

L’une de ces études a été réalisée au Yémen tandis que les autres sont axées sur des pays d’Afrique subsaharienne, à savoir le Burkina Faso, la Guinée équatoriale, l’Ethiopie, la Gambie, le Ghana, le Kenya, le Malawi, le Rwanda, la Tanzanie et l’Ouganda.

Les chercheurs ont procédé à une méta-analyse, démarche qui fait recours a des méthodes statistiques pour combiner et analyser les résultats de plusieurs études indépendantes, afin de tirer une conclusion globale.

Selon cette étude dans la revue The Lancet, même dans les communautés défavorisées, on a noté un écart considérable entre les enfants les plus démunis et ceux les moins pauvres.

« Les enfants les plus pauvres couraient deux fois plus le risque de contracter le paludisme que ceux moins défavorisés », affirme Lindsay dans un entretien à SciDev.Net.

Lindsay ajoute que cette étude a des implications considérables sur les politiques de lutte contre le paludisme en Afrique subsaharienne, parce qu’elle permet d’expliquer l’effet protecteur du développement économique et l’utilisation que l’on pourrait en faire dans la lutte contre la maladie.

Il ajoute que les chercheurs ont mis l’accent sur le logement parce que son amélioration est susceptible de réduire la probabilité que les moustiques entrent dans les habitations la nuit.

Chris Cotter, chercheur spécialiste du paludisme auprès du Global Health Group (Groupe sur la santé mondiale) à l’Université de Californie à San Francisco, estime que l’accent mis sur le développement socioéconomique est un changement positif étant donné qu’il vient compléter les interventions actuelles.

« Il s’agit d’une mesure sage parce qu’elle vient compléter à point nommé la nécessité de mesures de lutte éprouvées et qui sauvent des vies comme les moustiquaires, les médicaments efficaces et la pulvérisation intérieure avec le développement économique au sens large », explique-t-il à SciDev.Net.

Il ajoute que « les pays ayant pu éliminer le paludisme ont par le passé atteint en tel équilibre ».

Lindsay espère que cette étude aidera les gouvernements et les donateurs à voir le paludisme sous un angle nouveau. « Je pense qu’il est question de sortir des sentiers battus et ne plus se limiter aux mesures purement sanitaires, une évolution importante dans la recherche de nouvelles approches », dit-il.
Lien vers l’article complet dans The Lancet*


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Cet article est une production de la rédaction Afrique subsaharienne de SciDev.Net.


Références

The Lancet doi 10.1016/S0140-6736(13)60851-X (2013)
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