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La formation
  • La formation "réduit de 31 pour cent le surdiagnostic du paludisme"

Crédit image: Flickr/Novartis AG

Lecture rapide

  • Dans différents pays, pour diagnostiquer le paludisme, on se fie souvent aux symptômes plus tôt qu’aux tests de laboratoire

  • Grâce à la formation, les tests de diagnostic rapide peuvent aider à administrer le traitement approprié, conclut une étude

  • Les experts recommandent de doter le personnel en outils de diagnostic pour compléter la formation

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[NAIROBI] Selon une nouvelle étude, une formation globale des agents de santé pourrait réduire de moitié le surdiagnostic du paludisme.

Les directives de l’OMS recommandent la soumission des patients au test sanguin du paludisme avant la prescription de tout traitement, mais les auteurs de l’étude font observer que dans plusieurs pays où cette maladie est endémique, le personnel médical se fie souvent aux symptômes plutôt qu’au test sanguin pour le traitement.

L’étude réalisée entre le 7 juin et le 14 décembre 2011 auprès de 46 établissements de santé publics et confessionnels dans les villes de Yaoundé et Bamenda au Cameroun et publiée le mois dernier(25 avril) dans la revue  The Lancet Global Health, avait pour but d’évaluer l’impact des Tests de diagnostic rapide (TDR) et de la formation sur la prise en charge du paludisme.

“Lorsque le personnel de santé établit le diagnostic uniquement sur la base des symptômes, une pratique répandue dans plusieurs régions d’Afrique, il y a risque de surdiagnostic susceptible d’être nocif pour le patient.”

Virginia Wiseman, London School of Hygiene and Tropical Medicine, Royaume-Uni


Les chercheurs ont randomisé les établissements de santé en trois groupes: un groupe de contrôle  n‘ayant reçu aucune formation, un groupe ayant bénéficié d’une formation de base d’un jour sur les TDR et un troisième groupe ayant reçu une formation globale de trois jours sur les TDR.

L’étude a porté sur 681 patients qui se sont rendus dans les établissements de santé dont le personnel n’a pas reçu de formation, 1632 patients issus des établissements ayant bénéficié d’une formation de base, et 1669 patients des établissements ayant bénéficié d’une formation globale entre le 3 octobre et le 14 décembre 2011.

Les chercheurs ont constaté que l’utilisation inappropriée d’antipaludéens après un test négatif a été réduite de 84 pour cent dans le groupe de contrôle – pratique courante au Cameroun – à 52 pour cent et 31 pour cent respectivement dans les établissements dont le personnel a bénéficié d’une formation de base ou globale.

« Lorsque le personnel de santé établit le diagnostic uniquement sur la base des symptômes, une pratique répandue dans plusieurs régions d’Afrique, il y’a risque de surdiagnostic susceptible  d’être nocif pour le patient », soutient Virginia Wiseman, auteure principale de l’étude et chargée de cours à la London School of Hygiene and Tropical Medicine.

Elle relève d’ailleurs que la fièvre peut être le symptôme d’une maladie mortelle, notamment la méningite et la pneumonie , et observe que  la formation du personnel de santé à l’utilisation des TDR peut empêcher le gaspillage de précieux médicaments et ressources de lutte contre le paludisme dans les régions en développement  comme l’Afrique subsaharienne.

Selon Kiambo Njagi, entomologiste médical à la Division de lutte contre le paludisme au Ministère kényan de la santé qui n’a pas participé à l’étude déclare à SciDev.Net : « Les TDR sont simples à utiliser et ne nécessitent pas des techniciens de laboratoire hautement qualifiés qui sont souvent rares dans les zones reculées d’Afrique ».

Il estime que la sensibilisation pourrait faciliter les changements de comportement du personnel de santé, mais il fait tout de même observer que la formation ne peut être efficace que si les agents de santé sont dotés d’outils de détection des parasites du paludisme.

Wilfred Mbacham, co-auteur de l’étude et enseignant de biotechnologie de santé publique à l’Université de Yaoundé, en convient et relève que le potentiel des TDR peut ne pas être réalisé si le personnel de santé ne bénéficie pas d’une formation suffisante, se fie aux résultats des TDR et  confiance en soi ou des ressources pour le traitement des autres causes de la fièvre.

Selon l’OMS, le paludisme a été la cause d’environ 700.000  décès dans le monde en 2012. Dans les pays en développement, les personnes à risque sont les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans, l’Afrique étant la région la plus touchée.

Lien vers l’article complet dans The Lancet Global Health

Cet article est une production de la rédaction Afrique subsaharienne de SciDev.Net.

Références

The Lancet Global Health doi 10.1016/S2214-109X(14)70201-3 (2014)
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