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L’antipaludique africain 'passera aux essais de phase I l'an prochain'
  • L’antipaludique africain 'passera aux essais de phase I l'an prochain'

Crédit image: Flickr/US Army Africa

Lecture rapide

  • Des scientifiques déclarent que le MMV390048 est le premier antipaludique candidat développé en Afrique

  • Le médicament peut être pris sous forme de dose unique, améliorant ainsi le respect de la posologie des médicaments

  • Un expert espère que les Africains pourraient accéder à ce nouveau médicament, s’il finit par être approuvé.

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[DURBAN] L’arsenal mondial d’antipaludiques pourrait être renforcé avec l’avènement d’un nouveau médicament étudié et développé en Afrique.

Les délégués prenant part à la 6ème édition de l’Initiative multilatérale sur le paludisme - une conférence panafricaine sur le paludisme - en Afrique du Sud, ont appris au début de ce mois (8 octobre) que le MMV390048, un composé médicamenteux mis au point en Afrique pour lutter contre le paludisme, devrait passer à des essais cliniques de phase I au cours des six premiers mois de l'année prochaine.

L'essai de phase I chez environ 20 à 80 volontaires en bonne santé aura lieu à l'hôpital Groote Schuur de l'Université du Cap (UCT).

La combinaison antipaludique de prochaine génération, le MMV390048, a subi une année de développement préclinique après sa mise au point en 2012 au Drug Discovery and Development Centre (H3-D) de l'UCT, en Afrique du Sud.

Parmi les partenaires internationaux du projet figurent Medicines for Malaria Venture, basé en Suisse, l’Université de Monash, en Australie, et l'Institut Tropical et de Santé Publique, en Suisse.

"Le parcours d'un composé, du laboratoire à la pharmacie, est long", a déclaré Kelly Chibale, fondatrice et directrice de H3-D à SciDev.Net.

Le succès à cette phase signifie que le médicament passera par deux autres phases avant de pouvoir être soumis à une instance rigoureuse de réglementation pour le programme de pré-qualification de l'Organisation mondiale de la santé, a expliqué Kelly Chibale. Ce processus prend au moins six à huit ans, en supposant que le composé franchisse chaque phase de développement clinique.

Le nouveau médicament pourrait réduire la mortalité liée au paludisme de 600 000 décès par an dans le monde, dont 80 pour cent d'enfants et 91 pour cent d'Africains.

L'accent est à présent mis sur la recherche sur de nouveaux médicaments antipaludiques puisqu’une résistance à la plupart des anciens médicaments s’est développée, a déclaré Chibale.

Globalement, les antipaludiques sont confrontés à des défis tels que la qualité médiocre, la résistance aux médicaments, l'accessibilité et la non-conformité. 

En raison de son potentiel comme traitement à dose unique, le MMV390048 permettrait d'améliorer le respect de la posologie par les patients, étant donné que la prise d’un comprimé serait beaucoup plus facile pour ces patients

Kelly Chibale, H3-D

En raison de son potentiel comme traitement à dose unique, cette caractéristique en fait un médicament différent de tous les médicaments actuels dans les études réalisées à ce jour, a laissé entendre Mme Chibale.

Salomon Nwaka, le directeur par intérim du Réseau africain pour l’innovation dans le domaine des médicaments et des produits diagnostics, a affirmé que les essais cliniques ne devraient pas susciter des appréhensions, étant donné que les études seront bien planifiées et exécutées par des experts médicaux.

"Je comprends la préoccupation à l’idée que, parfois, des essais de médicaments et de vaccins sont conduits en Afrique, mais quand les produits arrivent sur le marché, les Africains ne peuvent pas pleinement y accéder, en raison de leur coût élevé d'autres problèmes liés à l'accès", a ajouté Nwaka. "J'espère que cette situation changera pour toujours".

Le présent article est une production de la rédaction Afrique sub-saharienne de SciDev.Net.


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