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Supplémentation en fer et paludisme : les craintes dissipées par une étude
  • Supplémentation en fer et paludisme : les craintes dissipées par une étude

Crédit image: Gates Foundation

Lecture rapide

  • L’OMS et l’UNICEF recommandent un recours limité à la supplémentation en fer dans les régions où le paludisme est endémique

  • Mais une étude montre que l’administration de ce minéral n’aggrave pas l’incidence du paludisme

  • Les auteurs recommandent la mise en œuvre des projets d’enrichissement en fer dans le traitement de l’anémie.

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[ACCRA] Une étude conclut que la supplémentation en fer est efficace dans la réduction de l’incidence du paludisme chez les enfants en Afrique.
En 2006, l’OMS et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) ont publié une déclaration conjointe appelant à la réduction de la supplémentation en fer chez les enfants dans les régions où le paludisme est endémique, de peur qu’elle n’augmente les cas de paludisme.
 
Mais on a l’impression que des études récentes recommandent la révision de cette stratégie, en soutenant que le non-recours à cette stratégie pourrait aggraver le risque de paludisme et compromettre les programmes de lutte contre l’anémie.
 
Nonobstant, certains chercheurs continuent de soutenir la position défendue par l’OMS et de l’UNICEF. Ils estiment qu’il ressort de plusieurs études que la supplémentation chez les enfants souffrant de carence en fer dans les zones où sévit le paludisme peut aggraver le risque de paludisme.
 
La plus récente de ces études a été publiée le 4 septembre dans la revue Journal of the American Medical Association et indiquit que dans les régions du Ghana où le paludisme est endémique, les enfants ayant pris des micronutriments poudres (MNP) enrichis au fer ne courent pas un risque plus élevé de contracter le paludisme.
 
Le paludisme est l’une des principales causes de mortalité infantile en Afrique, et la carence en fer, l’un des déficits nutritionnels évitables, si l’on en croit le rapport « Charge mondiale de morbidité 2010 » publié en décembre dernier.
 
L’étude avait pour objectif de fournir les preuves des effets de l’administration des MNP avec ou sans fer sur l’incidence du paludisme chez les enfants âgés de six à 35 mois et vivant en zones rurales dans le centre du Ghana où la prévalence du paludisme est élevée.
 
Elle relève une incidence globale considérablement moins élevée du paludisme dans le groupe recevant les suppléments en fer comparé au groupe qui n’en reçoit pas.
 
Stanley Zlotkin, auteur principal de l’étude, affirme qu’elle vient combler un déficit dans la littérature avec de possibles implications sur les politiques dans les pays africains comme le Ghana qui a renoncé à l’enrichissement en fer dans le cadre d’un programme de lutte contre l’anémie, en partie à cause de la déclaration conjointe faite par l’OMS et l’UNICEF.

Aujourd’hui, l’OMS recommande la supplémentation en fer dans la prévention et le traitement de l’anémie. Par conséquent, on note un regain d’intérêt pour son utilisation dans les politiques nutritionnelles nationales ou régionales.
 
Zlotkin, qui dirige Sprinkles Global Health Initiative, à l’Hôpital pour enfants malades de Toronto, au Canada, explique à SciDev.Net qu’« à l’avenir, la supplémentation en fer doit être mise en œuvre conjointement avec d’autres mesures, afin de diagnostiquer, prévenir et traiter les maladies, conformément aux nouvelles directives de l’OMS qui recommandent cette stratégie pour les nourrissons de moins de deux ans souffrant d’anémie ».
 
Pour Seth Owusu-Agyei, directeur du Centre de recherche médicale de Kintampo, au Ghana, et co-auteur de l’étude, « ces conclusions ouvrent la voie à une stratégie de lutte contre l’anémie au moyen de l’enrichissement des MNP en fer qui doit être immédiatement mise en œuvre pour accroître les chances de survie et la qualité de vie des enfants ».
 
Mais Francis Zotor, chercheur en santé travaillant pour le compte du Service médical du Ghana, s’oppose à l’utilisation à grande échelle des MNP, en relevant que la recherche empirique sur leur efficacité n’a pas été entièrement explorée. Il déclare que le programme ne doit systématiquement être mis en œuvre que si la recherche peut offrir des assurances sur la sécurité du public.
 
Lien vers le résumé de l’étude
 
Cet article est une production de la rédaction Afrique subsaharienne de SciDev.Net.

Références

Journal of the American Medical Association doi: 10.1001/jama.2013.277129 (2013)
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