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Le Bénin se dote d’un guide alimentaire
  • Le Bénin se dote d’un guide alimentaire

Crédit image: Flickr/epSos.de

Lecture rapide

  • Elaboré avec la collaboration de la coopération canadienne, le guide comprend des conseils pour une alimentation saine, en tenant compte des réalités locales

  • Selon les concepteurs, il peut s'adapter aux habitudes alimentaires de chaque région du pays

  • Les experts en nutrition soulignent la nécessité d'un travail d'éducation de masse, pour expliquer l'utilité du guide et son mode d'emploi

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Le guide alimentaire, conçu et élaboré dans le cadre du projet "Pôle francophone africain sur le double fardeau de la malnutrition", financé par l’Agence canadienne de développement international et l’Université de Montréal, entre autres, a été officiellement remis au Conseil National de l’Alimentation et de la Nutrition (CAN) le mois dernier.
 
Le Conseil National de l’Alimentation et de la Nutrition (CAN), institution à caractère multisectoriel (santé, agriculture, industrie, finances, monde académique, société civile) a la responsabilité d’assurer la coordination de toutes les actions liées à l’alimentation et la nutrition au Bénin.
 
Contenu 
 
Le guide comprend des recommandations alimentaires génériques, présentées sous forme de plusieurs exemples de menus journaliers pour des adultes. Ces menus calculés pour des adultes ayant une activité physique allant de "faible" à "modérée", comportent un petit-déjeuner, un déjeuner, une collation et un dîner. 
 
Ce guide contient aussi une représentation visuelle des groupes d’aliments essentiels et les quantités requises pour la satisfaction quotidienne des besoins nutritionnels d’une personne selon sa catégorie d’âge (enfant, adolescent ou adulte).
 
A chaque catégorie de personnes correspond une portion d’aliments des différents groupes selon le type de menu.
 
Le classement des aliments a été adapté à la disponibilité en milieu urbain et à la culture alimentaire locale. De l’avis des ses concepteurs du guide alimentaire du Bénin, "cette adaptation au contexte local qui constitue une originalité, fait du guide alimentaire du Bénin, une première dans l’espace francophone ouest-africain".
 
Le  document comporte également un recueil de " conseils généraux pour la préventions de maladies chroniques liées à la nutrition.
 
Entre certitudes et doutes
 
A sa parution, certains observateurs ont exprimé une certaine inquiétude née du fait que le guide basé sur les habitudes alimentaires autour de "Cotonou, Ouidah et de villages ruraux environnants" (le sud donc), pourrait ne pas supporter une adaptation aux autres régions (le nord par exemple) afin de lui garantir tout son “caractère national”.
 
Hélène Delisle, professeur de nutrition internationale au département de nutrition de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, a déclaré à SciDev.Net qu’il n’y a "aucun problème d’adaptation" à toutes les régions du pays. " Il faut comprendre que dans un guide alimentaire, il y a au sein de chaque groupe d’aliments des choix variés, suivant l’offre et l’accessibilité des aliments ".

Un point de vue appuyé par Alfred Acakpo, médecin spécialisé en nutrition et alimentation humaine, consultant et chercheur en nutrition appliquée à la santé par les aliments locaux.
 
"Les disparités sociales ne devraient pas constituer un handicap à l’application du guide", a-t-il indiqué à SciDev.Net.
 
Alfred Acakpo estime par ailleurs que les populations ont des habitudes alimentaires selon les zones concernées mais les groupes d’aliments diffèrent peu. Ainsi le maïs utilisé par exemple dans certaines régions peut être valablement remplacé par le mil ou le sorgho ailleurs.
 
Autre aspect "positif" noté par le nutritionniste béninois dans l’élaboration du guide: ses concepteurs "ont fait l’effort de se référer aux habitudes alimentaires locales plutôt qu’à l’Occident où les populations ont d’autres habitudes."
 
Alfred Acakpo souligne toutefois que la plupart des menus indicatifs (3 sur 4) dans ce guide pourraient, si le sujet a une faible activité physique, "l’exposer à un risque de diabète par surconsommation de glucides".
 
" Le gros travail à faire se situe au niveau de la vulgarisation du guide ainsi élaboré", ajoute Alfred Acakpo. A ce sujet, un comité de suivi a été créé à Cotonou le 14 mars dernier. Des formations d’agents (santé, agriculture, développement) sont prévues.  Hélène Delisle estime que les bénéficiaires de ces formations devraient être "en priorité ceux-là qui seront chargés de la vulgarisation auprès des populations".  "Ils doivent bien comprendre à quoi sert un guide alimentaire et comment l’utiliser", précise-t-elle.
 
Mais Alfred Acakpo insiste sur la "nécessité d’une certaine intelligence pour l’application afin que le guide corresponde aux attentes des communautés locales".  "La valeur réelle du guide alimentaire ne sera révélée qu’à travers son application", insiste le nutritionniste. 
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