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La recherche sur la nutrition en
Afrique 'entravée par des obstacles'
  • La recherche sur la nutrition en Afrique 'entravée par des obstacles'

Crédit image: Flickr/Novartis AG

Lecture rapide

  • D’après cette étude, la faiblesse du financement, l'utilisation de la recherche et l'engagement des décideurs sont des questions clés

  • Les interventions communautaires font partie des 3 domaines prioritaires identifiés pour la recherche sur la nutrition

  • Des investissements plus importants dans la collaboration multidisciplinaire et globale sont également nécessaires

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[NAIROBI] D’après une étude, la recherche sur la nutrition en Afrique est compromise par un manque de financement, l'incapacité des décideurs à reconnaître l'importance de la recherche et la mauvaise utilisation des résultats de la recherche.

Un autre obstacle, selon cette étude publiée en juin dans la revue PLOS ONE, est l'absence de définition des paramètres des priorités de recherche en Afrique.

L’étude ajoute que l'Afrique devrait accorder la priorité au renforcement des capacités et à l’élaboration d’agendas de recherche locaux en vue d'améliorer le contexte d'utilisation de la recherche sur la nutrition.

L'étude a évalué les perceptions des chercheurs concernant le contexte d’utilisation de la recherche sur la nutrition en Afrique sub-saharienne. Elle a été réalisée dans le cadre du projet Recherche sur la nutrition durable pour l'Afrique dans les années à venir (SUNRAY), basé en Afrique du Sud, qui est en train d’élaborer un programme de recherche en nutrition pour l'Afrique sub-saharienne.

Carl Lachat, chercheur impliqué dans l'étude, et chercheur principal à l'Université de Gand, en Belgique, a déclaré à SciDev.Net que l'étude visait à identifier les domaines prioritaires pour la recherche sur la nutrition en Afrique.

"Dans cette étude, et dans d'autres qui seront publiées, nous cherchons à savoir comment la recherche sur la nutrition peut être organisée de manière plus efficace pour contribuer au développement en Afrique", a déclaré Carl Lachat.

Il a aussi expliqué que les chercheurs – affiliés aux universités partenaires de SUNRAY en Belgique, au Bénin, en Afrique du Sud, en Tanzanie et en Ouganda - ont interrogé près de 150 personnes venant de 35 pays à travers l'Afrique sub-saharienne, entre août 2011 et mars 2012.

L'un des chercheurs, Joyce Kinabo, professeur agrégé de nutrition humaine à l’Université Sokoine, en Tanzanie, a affirmé que l'étude a identifié trois domaines prioritaires pour la recherche sur la nutrition,  à savoir: les interventions communautaires, les stratégies comportementales, et les interventions de sécurité alimentaire en vue d'améliorer l'état nutritionnel.

"Les personnes sondées dans le cadre de l'étude ont appelé à une voix plus forte pour promouvoir l'engagement politique dans la recherche sur la nutrition dans les pays d'Afrique sub-saharienne, soutenu par un organisme de coordination pour la recherche sur la nutrition, dans le but d’accroître l'interaction entre les chercheurs et les décideurs, et en conséquence d’améliorer la validation des résultats de recherche", a déclaré Joyce Kinabo à SciDev.Net.

L'équipe à l’origine de l'étude a également plaidé pour des investissements plus importants dans la collaboration multidisciplinaire et internationale, y compris en Afrique, en vue de proposer d’importantes pistes pour appuyer la capacité de recherche sur le continent.

Mary Oyunga, chercheuse en nutrition dans le domaine de la santé publique à l'Institut de recherche agricole du Kenya, a laissé entendre que l'Afrique doit accorder la priorité à l'agenda de recherche sur la nutrition.

Elle a ajouté que les nutritionnistes en Afrique avaient tendance à rester isolés, et que les décideurs ne semblaient pas les comprendre. En outre, les nutritionnistes ne sont pas bien représentés au niveau politique, a-t-elle ajouté, et jusqu'à ce qu’un donateur parle d'un problème en Afrique, il n’est généralement traité que si une urgence survient.

"Les nutritionnistes africains ne peuvent désormais plus se permettre de travailler tout seuls. Il est donc rentable de réunir les parties prenantes et les partenaires concernés de sorte que nous nous concentrions tous sur la santé de nos populations, a estimé Oyunga.

Lien vers l'article intégral dans PLOS ONE

Références

PLOS ONE doi:10.1371/journal.pone.0066355 (2013)
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