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Pleins feux sur la migration: les TIC pour protéger les droits de l’homme

Crédit image: Flicke/Noborder network

Lecture rapide

  • Le droit international humanitaire ne peut pas souvent protéger les droits des migrants

  • Mais les TIC peuvent aider à rendre les régimes de migration plus transparents

  • Leur utilisation pour localiser les migrants pourrait être une étape vers leur protection.

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Lors d'une conférence internationale qui s’est tenue la semaine dernière sur la migration et les objectifs mondiaux de développement post-2015, les experts ont exhorté les pays à toujours s’assurer que les migrants sont protégés, respectés et ont accès à la justice.

La conférence a approuvé l'idée de création d’un système multilatéral de gouvernance de la migration qui soit coopératif et équitable. Ces idées seront intégrées dans les discussions post-2015. [1]

L'appel des experts est une bonne nouvelle pour les 232 millions de migrants du monde entier. [2]

Dans de nombreuses régions du monde, les droits des migrants sont compromis à diverses étapes de leurs voyages: quand ils quittent leurs maisons, aux frontières, pendant qu’ils travaillent dans les pays d'accueil et lors de leur retour ou leur expulsion.

Il est ironique de constater qu’en cette ère de migration, le droit international humanitaire ne peut souvent pas protéger les droits des migrants.

Bien que la volonté politique soit nécessaire pour changer la situation, les technologies de l’information et des communications (TIC) pourraient jouer deux rôles dans un régime mondial amélioré de gouvernance de la migration.

Premièrement, elles pourraient communiquer la façon dont le système fonctionne aux migrants.

Et deuxièmement, elles pourraient servir de moyen de suivi des réfugiés et des migrants, et ainsi contribuer à rendre le système transparent et responsable. 

Pour prendre le premier point, les TIC peuvent aider les migrants lorsqu’ils cheminent vers leur destination, par exemple, en offrant un moyen d'accéder à des informations sur les itinéraires sûrs, les exigences légales et les risques, tels que les relations avec les opérateurs illégaux et les trafiquants d'êtres humains.

La Commission européenne explique clairement déjà les risques liés aux mouvements transfrontaliers clandestins sur un site Web. [3]

Mais un système mondial de gouvernance de la migration devrait viser plus haut que cela.

Il pourrait utiliser les TIC pour faciliter l'accès à des informations fiables sur les moyens sûrs et légaux de migrer dans leurs pays d'origine.

Cela pourrait aider à éviter des actes désespérés posés par des migrants en traversant les frontières -- tels les voyages clandestins à bord de bateaux bondés et le faufilage à travers des clôtures de fil de fer barbelé.

Les nouvelles TIC peuvent également garder une trace des migrants individuels et ainsi fournir un outil pour faciliter le processus de suivi de leurs droits humains.

Par exemple, certains pays d'Asie du Sud ont mis sur pied des mécanismes d'enregistrement basés sur ​​Internet pour aider les membres de leur population susceptibles de migrer.

Le programme d'enregistrement en ligne du gouvernement du Bangladesh, par exemple, travaille avec des ONG qui sensibilisent le public sur les possibilités de migration, les exigences d'emploi et les besoins en matière de formation, même dans des villages reculés.

De tels mécanismes qui collectent et partagent des données sur les migrations avec les autorités compétentes peuvent simplifier la migration et la rendre plus sûre.

Les groupes de défense des droits des migrants notent qu'ils pourraient éventuellement améliorer les conditions de travail et de vie des migrants. [4]

Mais encore une fois, cette idée pourrait être poussée plus loin. Les technologies mobiles et Internet pourraient permettre un suivi en temps réel des allées et venues et de la situation professionnelle des migrants. (Les migrants pourraient utiliser un système de messagerie textuelle pour actualiser une base de données centrale, de sorte que celle-ci ne nécessiterait pas une technologie de pointe).

Un tel système pourrait être utilisé par des gouvernements ou des ONG pour contrôler la situation des migrants, et leur fournir des conseils et de l’assistance.

Le HCR (l'agence des Nations unies pour les réfugiés) a récemment testé un mécanisme de collecte et de partage des informations en ligne dans cet esprit de suivre et de mieux informer les réfugiés – donc, cette idée a déjà un précédent. [5]

Des organisations telles que l'Organisation internationale du travail et l'Organisation internationale pour les migrations pourraient chercher à accroître les innovations pour couvrir ces migrants.

Il s'agit ici d'une grande vision qui prendra du temps pour se concrétiser.

Mais la mise en œuvre de certaines de ces suggestions pourrait faire boule de neige et devenir un mouvement qui améliorerait radicalement le sort des millions de réfugiés que compte le monde.
 
Max Martin est candidat au doctorat à l'Université du Sussex, au Royaume-Uni. Il fait des recherches sur les migrations liées au climat. Les opinions exprimées ici sont les siennes.


Références

[1] ‘Assurer les droits de l’homme des migrants’ (bdnews24.com, 30 avril 2014)
[2] Département des affaires économiques et sociales, Le nombre de migrants internationaux dans le monde atteint 232 millions (ONU, septembre 2013)
[3] Eviter les risques (Commission européenne, consulté le 8 mai 2014)
[4] Anbarasan Ethirajan  La technologie stimule le recherche d’emploi chez les migrants du Bangladesh ( www.bbc.co.uk 1er novembre 2011)
[5] Boîte à idées (Les réfugiés urbains, consultée le 8 mai 2014)

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