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  • Lutter contre le paludisme réduit aussi la mortalité due à d'autres infections

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Dʹaprès une étude, la réduction de lʹincidence du paludisme pourrait également permettre de réduire le nombre de décès causés par des infections bactériennes chez les enfants africains.

 Anthony Scott, premier auteur de cette étude et chercheur au KEMRI-Wellcome Trust Research Programme, au Kenya, a déclaré à SciDev.Net que "les enfants qui sont protégés contre le paludisme sont moins vulnérables aux infections bactériennes. Cela signifie, par conséquent, que la lutte contre le paludisme aura un bénéfice supplémentaire".

 En Afrique, les infections bactériennes invasives, telles que la pneumonie, la méningite et la septicémie, sont les principales causes de maladie et de décès parmi les enfants, avec, au Kenya, un taux de mortalité sʹélevant à 22 pour cent des personnes infectées.

Cette étude, publiée cette semaine (7 septembre) dans The Lancet, a constaté que les enfants disposant dʹun seul allèle responsable de la drépanocytose, qui protège contre le paludisme, étaient également protégés contre les infections bactériennes.

Ils ne connaissaient toutefois pas la raison pour laquelle ces enfants étaient protégés, si cela était dû au gène même ou simplement au fait que ces enfants ne contractaient pas le paludisme.

Ils ont donc examiné le nombre de cas admis pour chaque infection dans un hôpital régional de Kilifi, au Kenya, sur une période de huit ans. Le nombre de cas de paludisme a baissé de presque 90 pour cent entre 1999 et 2007, lorsque des interventions sur le paludisme ont été réalisées dans cette zone. Le taux de bactériémie, une infection bactérienne du sang, a également chuté de 44 pour cent pendant cette même période.

Chez les enfants porteurs du trait drépanocytaire, la protection observée contre la bactériémie disparaissait en même temps que le paludisme.

"Le gène même nʹoffre aucune protection directe. Cela laisse fortement penser que lʹinfection au paludisme rend les enfants plus vulnérables à la bactériémie" a déclaré Thomas Williams, un des auteurs de cette étude qui est rattaché à lʹUniversité dʹOxford, au Royaume-Uni.

Les chercheurs estiment que plus de la moitié des maladies bactériennes étaient associées au paludisme et que les patients atteints du paludisme sont cinq à six fois plus vulnérables aux infections bactériennes.

Keith Klugman, Professeur de santé mondiale à lʹEmory University, aux États-Unis, qui nʹa pas participé à cette étude, a indiqué à SciDev.Net que "le lien entre le paludisme et les infections bactériennes était connu depuis longtemps mais cʹest la magnitude de ce lien qui est nouvelle".

Selon A. Scott, "nous devons poursuivre nos recherches sur les interventions visant à lutter contre le paludisme étant donné que les résultats ne permettent pas seulement de protéger les enfants contre le paludisme. Elles permettent également de réduire le fardeau général des maladies dans les communautés".

Lien vers lʹarticle complet dans The Lancet (en anglais)

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