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La chauve-souris, piste potentielle dans la lutte contre le paludisme
  • La chauve-souris, piste potentielle dans la lutte contre le paludisme

Crédit image: Hugh Sturrock, Wellcome Images

Lecture rapide

  • Des agents pathogènes du paludisme ont été découverts chez des chauves-souris d'Afrique de l'Ouest

  • Cette découverte pourrait aider dans la mise au point d'un vaccin antipaludéen

  • L'un des axes principaux de la recherche porte sur les systèmes immunitaires sophistiqués des chauves-souris.

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[Abidjan] Dans une étude intitulée “West African bats are hosts to a multitude of different haemosporidian parasites’’ et rendue publique le 21 octobre, des chercheurs affirment avoir viennent découvert en Afrique de l’Ouest quatre genres de parasites chez la chauve-souris.

Ces parasites sont également des agents pathogènes du paludisme chez l’homme.

Cette découverte est très importante dans la lutte contre le paludisme en Afrique de l’ouest.

Surtout dans la mise sur pied d’un vaccin efficace contre la maladie.

Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de plus en plus de moustiques résistent aux insecticides. Cela a été détecté dans 64 pays du monde. 
 
Cette situation affecte toutes les principales espèces de vecteurs du paludisme et les quatre classes existantes d'insecticides.

C’est pourquoi l’OMS indique qu’il est de plus en plus urgent de mettre au point un vaccin contre le paludisme.
 
L’organisation soutient que si rien n'est fait, la résistance aux insecticides pourrait conduire à une augmentation substantielle de l'incidence du paludisme et de la mortalité.

Selon les estimations de l’OMS, la maladie tue entre 1 et 3 millions de personnes par an. 

Deux milliards d'individus, soit 40% de la population mondiale, sont exposés et l’on estime à 500 millions le nombre de cas cliniques survenant chaque année.

L'Afrique est le continent le plus touché, avec 90% des cas de paludisme recensés dans ces zones tropicales.
 
Pour les scientifiques, les parasites de chauves-souris offrent une occasion d’étudier comment les pathogènes s’adaptent aux nouveaux organismes et donc également les réponses immunitaires de l’organisme. 
 
En outre, ils espèrent en apprendre davantage sur les parasites du paludisme chez l’homme.

De nombreuses études portant sur les vaccins et les médicaments antipaludiques font usage de modèles de souris.
 
Ces dernières années, les chauves-souris ont attiré l’attention des biologistes de l’infection.

Les animaux sont notamment hôtes d'un nombre surprenant d’agents pathogènes, dont beaucoup pourraient être dangereux pour l'homme.
 
Les chercheurs ont étudié 31 espèces de chauves-souris de forêt de trois pays d’Afrique de l’Ouest, en Guinée, au Libéria et en Côte d’Ivoire.
 
Ainsi, sur 40% des 270 animaux examinés, les scientifiques ont découvert dans les carcasses plusieurs parasites qui sont des agents pathogènes de maladies dangereuses pour l’homme.

“Il existe différents rongeurs arboricoles dans les régions tropicales vivant à proximité immédiate de chauves-souris et susceptibles d'attirer les mêmes moustiques qui transmettent des parasites d’un groupe d’animaux à un autre.”

Juliane Schaer, Institut Max Planck, Berlin

Il s’agit, entre autres, du Plasmodium, di Polychromophilus, du Nycteria et de l'Hepatocystis.
 
« Il existe différents rongeurs arboricoles dans les régions tropicales vivant à proximité immédiate de chauves-souris et susceptibles d'attirer les mêmes moustiques qui transmettent des parasites d’un groupe d’animaux à un autre », explique Juliane Schaer de l’Institut Max Planck, à Berlin.
 
Il a aussi expliqué qu’au moins deux espèces de Plasmodium peuvent être trouvées dans les chauves-souris. Ces agents pathogènes de chauves-souris sont très semblables à ceux trouvés chez les rongeurs.
 
Selon le scientifique allemand, les recherches n’ont pas encore clairement défini pourquoi les chauves-souris sont des hôtes pour une telle multitude de micro-organismes.
 
« Une des raisons est sans doute que, en termes d’évolution, c’est un groupe très ancien d’animaux, qui comprend en outre un grand nombre d’espèces différentes.

La capacité des chauves-souris de voler et leur tendance à former de grandes colonies sont d’autres facteurs qui aident les parasites à se propager », explique M. Schaer.

Avant de révéler qu’en raison de la menace pathogène, les chauves-souris ont développé un système immunitaire sophistiqué.
 
Chercheur en biologie animale à l’Université de Cocody, en Côte d’Ivoire, Germain N’Guessan salue cette étude menée sur les chauves-souris.
 
Selon lui, elle va aider dans la recherche sur un vaccin contre le paludisme.

Il explique que les espèces de Plasmodium dans les chauves-souris sont semblables  aux plasmodiums des rongeurs utilisés dans les laboratoires de recherche.

« Ainsi cela pourrait faire avancer l’étude des stratégies de défense des agents pathogènes du paludisme de contre réactions du système immunitaire », a-t-il conclu.
 


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