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L'épidémie d'Ebola,

Crédit image: Médecins Sans Frontières

Lecture rapide

  • L'épidémie d'Ebola a déjà fait près de 300 morts en Guinée, en Sierra Léone et au Liberia

  • Après la stagnation enregistrée au mois de mai, de nouveaux cas ont été signalés en juin, ce qui a poussé plusieurs organisations internationales à tirer sur la sonnette d'alarme

  • La conférence régionale d'Accra devrait permettre à onze pays participants d'arrêter un plan d'action commun pour endiguer l'épidémie

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L'épidémie d'Ebola a fait à ce jour 293 morts confirmés et 467 morts probables, selon le dernier bilan de l'Organisation Mondiale de la Santé (2 juillet), dont 193 décès confirmés en Guinée, 33 au Liberia et 65 en Sierra Leone.

Entre le 25 et le 30 juin, 22 nouveaux cas ont été enregistrés, dont 14 cas de décès. Keiji Fukuda, le directeur général adjoint de l'OMS, a déclaré qu'on est en présence de l’épidémie d’Ebola "la plus compliquée" depuis la découverte du virus, une complication liée pour l'essentiel à son extension rapide dans des zones rurales et urbaines.

Marc Poncin, biologiste à Médecins Sans Frontières, basé en Guinée, a quant à lui déclaré à SciDev.Net que le niveau de contamination est toujours aussi élevé. "Dans la région de Guékédou, en Guinée, après avoir connu une régression importante au cours du mois de mai, l'épidémie est repartie de plus belle et aujourd'hui nous avons à peu près une situation similaire à celle qui prévalait au début de l'épidémie", a-t-il précisé.

Selon Marc Poncin, cette situation est la résultante de plusieurs facteurs liés notamment aux faiblesses des systèmes sanitaires dans ces pays et à certaines formes de résistance de la part des populations.

Epidémie sans précédent 

"C'est la première fois qu'on fait face à une épidémie de cette ampleur, que ce soit en termes de répartition géographique ou en termes de nombre de cas et de victimes – trois pays sont touchés, et de nombreux cas, dont des décès, ont été enregistrés dans chacun de ces pays.

“Les populations sont résistantes aux mesures de contrôle. Des familles ont caché des malades et dans certains villages, les populations empêchent les organisations internationales de venir travailler.”

Marc Poncin, Médecins Sans Frontières

"Un des facteurs ayant contribué à la reprise de l'épidémie en Guinée, c'est le fait qu'il y a eu des cas en Sierra Leone et qu'aucune mesure de contrôle n'a été prise dans un premier temps. L'épidémie, en Sierra Leone, a été déclarée très tardivement et comme les populations sont très mobiles d'une zone à l'autre, il est probable que ces populations en Sierra Leone, qui avaient contracté la maladie, soient venues re-contaminer les populations en Guinée."

Pour autant, les mesures de fermeture des frontières sont inopérantes pour contenir l'épidémie, comme l'explique Jean-Bosco Ndihokubwayo, Coordinateur technique de l'OMS pour l'épidémie d'Ebola  en Guinée.

"Les fermetures d'écoles, de marchés et de frontières ne servent à rien. Ce ne sont pas les étrangers qui transmettent le virus d'Ebola.  Ce sont les contacts malades qui sont cachés dans les communautés qui sont comme des bombes pour les populations", déclare-t-il.

Une accusation corroborée par Marc Poncin,  qui explique que l'extension de la maladie est aussi due à certaines résistances de la part des populations.

Plan d'action

"Les populations sont résistantes aux mesures de contrôle. Par exemple, à Conakry, des familles ont caché des malades; dans certains villages, les populations empêchent les organisations internationales de venir travailler sur place."

Les experts estiment en conséquence que la meilleure façon de contenir la maladie est de mettre en œuvre simultanément dans les trois pays affectés des mesures classiques de contrôle des épidémies, à savoir la prise en charge des cas dans des centres de traitement spécialisés qui permettent d'isoler les patients du reste de la communauté et donc de protéger la communauté et la sécurisation des enterrements de toutes les personnes décédées du virus d'Ebola.

C'est la nécessité d'une action concertée au niveau régional qui a poussé l'OMS  à convoquer une conférence ministérielle à Accra, pour apporter une réponse commune et transfrontalière à la crise.
Onze pays de la région ont été conviés à cette rencontre et des mesures concrètes devraient être annoncées dans la journée.

Cet article est une partie du Dossier: Vaincre l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest.

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