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La grippe aviaire menace la sécurité alimentaire
  • Burkina Faso
  • La grippe aviaire menace la sécurité alimentaire

Crédit image: Flickr/US Mission to the United Nations Agencies in Rome

Lecture rapide

  • Les Etats voisins ont d’ores et déjà cessé d’importer le poulet burkinabè

  • Les pertes pour l’économie de ce pays sont déjà de près de 5 milliards de FCFA

  • Si la maladie n’est pas vite stoppée, elle va rompre l’équilibre alimentaire.

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Comme il y a quelques années, le Burkina Faso est à nouveau frappé depuis quelques semaines par une épizootie de grippe aviaire.

Une situation préoccupante pour ce pays qui tire une grande partie de ses ressources de l'élevage ; et où la viande de poulet est ancrée dans les habitudes alimentaires.

Avant même d'avoir terminé la compilation des chiffres, les autorités du ministère des Ressources animales et halieutiques affirment que les conséquences de cette nouvelle épizootie sur l'aviculture burkinabé sont énormes.

Dès les premiers mois, les pertes étaient estimées à 4,7 milliards de FCFA, alors que de nouveaux foyers sont découverts et que les pays voisins, les uns après les autres, ferment leurs portes aux exportateurs de volailles du Burkina Faso.

“Si on n’arrive pas à arrêter la maladie à temps, si on la laisse se diffuser, les populations vont être privées de la consommation de leurs poulets et de leurs œufs. Donc, une perte de nourriture très nutritive, mais aussi de revenus, pour les fermiers.”

Bernard Vallat, Directeur général de l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE)

"Pour donner un exemple, il y a eu le refoulement par les autorités ivoiriennes d’un wagon qui transportait 30 000 poulets. D'aucuns parlent de 150 millions de FCFA de pertes pour certains producteurs, rien que pour ce seul cas. Aujourd'hui, nous sommes dans une situation d'urgence pour la riposte contre l'épizootie, mais nous songeons déjà à la relance de la filière, une fois que la crise sera contenue", affirme Lassina Ouattara, le directeur général des services vétérinaires.

Cette épizootie représente aussi une forte menace sur l’équilibre alimentaire des populations, aussi bien en milieu rural que dans les villes.

En temps normal, en effet, Ouagadougou, la capitale burkinabè, consomme entre 35 000 et 50 000 poulets par jour.

"Les habitudes alimentaires au Burkina sont basées sur la consommation de beaucoup de protéines animales et notamment de la viande de poulet. Et la crainte de contracter la grippe aviaire n'a pas facilité l'écoulement de la volaille. Ce qui a joué sur la micro-économie locale au niveau familial et vous savez que c'est un secteur très important qui permet aux ménages ruraux de faire face aux dépenses quotidiennes. La volaille, c'est la caisse d'épargne au niveau rural.", explique Lassina Ouattara.

"Si on n’arrive pas à arrêter la maladie à temps, si on la laisse se diffuser, les populations vont être privées de la consommation de leurs poulets et de leurs œufs. Donc, une perte de nourriture très nutritive, mais aussi de revenus, pour les fermiers. Aussi, c’est toute l’économie rurale qui est affaiblie", renchérit Bernard Vallat, Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), dans un entretien avec SciDev.Net.

Aussi les autorités Burkinabès s’emploient-elles à "faire comprendre à la population qu'il n'y a aucun danger à consommer de la viande de volaille si elle est bien cuite."

Car, relève Lassina Ouattara, "partout où il y a eu la grippe aviaire, que ce soit en Asie ou en Europe, il n'a jamais été rapporté de cas de contamination humaine à partir de la consommation de la viande".

Ce dernier ajoute que parallèlement, les efforts sont dirigés vers la lutte contre la maladie ; les régions les plus affectées ayant été érigées en zones de séquestration où aucune volaille n’entre ni ne sort.

"Les équipes du ministère des ressources animales et halieutiques sont à pied d'œuvre pour procéder au recensement et à la destruction des cadavres par incinération et par la suite à leur enfouissement", dit-il.

Cette mesure est, selon les spécialistes, le seul moyen de contenir cette maladie virale "hautement contagieuse" qui s'attaque aux oiseaux domestiques et sauvages et qui peut être transmise à l'homme.
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