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Diabète : Des messages SMS pour mieux suivre le jeûne du ramadan
  • Diabète : Des messages SMS pour mieux suivre le jeûne du ramadan

Crédit image: SciDev.Net/Jean Shiloh

Lecture rapide

  • Le Sénégal vient de lancer un service SMS destiné aux diabétiques, pour renforcer l’auto-surveillance glycémique, pendant le mois du jeûne musulman

  • L’initiative sert également à résorber la difficulté de trouver des experts en matière de diabète à l’intérieur du pays

  • Elle consiste essentiellement à envoyer des conseils par SMS pour limiter les risques de complication durant la période du jeûne.

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Le programme a été lancé avant le mois du ramadan, qui constitue une période symbolique et de forte sollicitation d’information sur les risques.

Dans les prochains mois, des messages vocaux seront associés à ces SMS, pour surmonter l’analphabétisme et élargir l’accès.

Pour le moment, plus de 2000 personnes se sont inscrites et les responsables du programme espèrent atteindre 10.000 inscriptions dans les deux ans à venir.

Baye Oumar Guèye, secrétaire général de l’association sénégalaise de soutien aux diabétiques (ASSAD), chargé de sensibilisation au sein du programme m-diabète, a déclaré à SciDev.Net que "la campagne diabète et ramadan relève de la prévention secondaire. Souvent les gens parlent de prévention mais ne retiennent que la prévention primaire qui signifie que des mesures doivent être prises pour éviter une maladie.

Au delà de cela, il y a la prévention secondaire qui amène des personnes souffrant déjà de cette maladie à adopter les comportements nécessaires pour ne pas avoir des complications.

Il faut dire que les gens peuvent lire leur message tranquillement, car certains ne souhaitent pas forcément que tout le monde autour d’eux sache qu’ils sont diabétiques. Et de ce point de vue, un message SMS est quelque chose d’assez discret."
 
Le programme m-diabète est une application au Sénégal du programme mondial "Be Healthy, Be Mobile", lancé conjointement par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’Union Internationale des Télécommunications (UIT) et Alcatel.
 
Au niveau national, il est ouvert à l’ensemble des opérateurs téléphoniques du pays et est prévu pour une durée de quatre ans. Ces deux premières années sont sous la charge de l’Iut, de l’Oms et d’Alcatel qui a mis à disposition la plate forme pour l’envoi des messages.
 
Les responsables du programme espèrent aussi réduire la prévalence du diabète chez les personnes à risque et aider les diabétiques connus ou dépistés à mieux gérer leur maladie pour en ralentir l’évolution, diminuer les complications et préserver leur qualité de vie.
 
Au-delà du service SMS, quatre axes d’intervention sont privilégiés, à savoir la sensibilisation en direction de la population, l’éducation pour les diabétiques connus ou dépistés, la formation pour les professionnels de santé et le suivi pour une organisation de la décentralisation des soins.
 
Interrogé par SciDev.Net sur l’efficacité ou le respect des conseils envoyés par SMS, Baye Oumar Guèye précise que « de toute façon, une évaluation se fera à court, moyen et long terme. Elle servira surtout à mesurer comment les abonnés collaborent avec les messages reçus. Après vingt jours de diffusion, nous allons tenir compte d’un échantillon pour voir quelles sont les applications de ces sms. Il y aura également un forum sur le site du programme pour avoir les retours d’expériences et les propositions : ce document nous aidera à aller de l’avant ».
 
Au Sénégal, le taux de pénétration de la téléphonie mobile tourne autour de 100% au premier trimestre 2014, selon l’Autorité de régulation des télécommunications et des postes (ARTP). Dans un tel contexte, les téléphones portables constituent sans aucun doute un moyen privilégié de sensibilisation.

On estime à 400 000 le nombre de personnes souffrant de diabète au Sénégal. Mais ce chiffre basé sur les consultations hospitalières est certainement largement en dessous de la réalité puisque l’OMS et la Fédération internationale du diabète considèrent que, dans les pays comme le Sénégal, 80% des diabétiques ne sont pas suivis dans les structures sanitaires.

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