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  • Le "drone journalisme": un nouveau concept pour de nouvelles perspectives

Crédit image: Trygve Bolstad / Panos

Lecture rapide

  • Le projet Africain SkyCAM permet aux journalistes de filmer dans des zones difficilement accessibles

  • Il fournit aux médias africains un moyen peu coûteux de créer des images aériennes

  • Une initiative dérivée se propose de faire adopter des normes de sécurité à l'échelle continentale

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Des drones volants aident les journalistes à réaliser des reportages sur des catastrophes au Kenya en leur permettant de filmer des zones dangereuses ou difficilement accessibles.

Le projet pilote African SkyCAM financé par l'Africa News Innovation Challenge utilise ces véhicules aériens sans pilote (VASP) au Kenya, et une initiative de suivi, l’africanDRONE, se propose d’adopter des normes communautaires sûres pour un "drone journalisme" à travers l'Afrique.

Filmer depuis un point d’observation élevé contribue à apporter un sens de l'observation à des articles qui pourraient autrement être indisponibles pour des journalistes des pays en développement, estime Dickens Olewe, le fondateur d'African SkyCAM.

"De nombreux médias africains ne peuvent pas se permettre d'acheter ou de louer des hélicoptères qui se déplacent rapidement pour couvrir des faits", déclare Dickens Olewe, également journaliste de The Star, au Kenya. "Les VASP facilitent la couverture des faits à partir d'une nouvelle perspective".

Afrique Skycam a été inspiré par des observations d’Olewe sur la façon dont les medias traditionnels couvraient les catastrophes telles que les inondations. Les journalistes atteindraient à la rame les zones inondées, dit-il, "en prenant des risques pour leurs vies et leurs équipements".

Le faible coût des drones et des caméras numériques permet désormais potentiellement aux journalistes de couvrir ces événements avec peu de risques pour eux-mêmes ou leurs équipements.

Dickens Olewe affirme que de nombreuses rédactions en Afrique doivent compter sur des véhicules militaires ou de police pour des reportages aériens, ce qui peut compromettre leur indépendance éditoriale.

Les préoccupations du public

Ben Kreimer, un membre du Drone Journalism Lab à l'Université de Nebraska-Lincoln, aux Etats-Unis, qui a collaboré avec African SkyCAM, a déclaré à SciDev.Net: "Les principaux obstacles [au drone journalisme] sont liés à la confiance du public, aux idées fausses sur ce qu'est un drone et l'absence de législation, ou d’une législation claire. Mais ce sont des barrières qu’on retrouve partout.

“Les principaux obstacles [au drone journalisme] sont la confiance du public, les idées fausses sur ce qu'est un drone et l'absence de réglementation, ou d’une réglementation claire. Mais ce sont des barrières qu’on retrouve partout.”

Ben Kreimer, Université de Nebraska-Lincoln


"Quand la plupart des gens pensent au drone, ils le conçoivent comme un avion militaire et de surveillance, pas comme un quadcopter télécommandé, qui ressemble à un iPod volant que je peux poser sur ma main".

Il ajoute: "Quand je m’adresse à quelqu'un pour la première fois, je parle généralement de mon VASP comme étant une caméra volante".

En collaborant avec les écologistes et en postant des exemples des activités du projet African SkyCAM sur un site Web, Dickens Olewe espère que les gens comprendront la valeur du drone journalisme.

La crainte d’une interdiction totale

Le Kenya ne dispose pas actuellement d’une règlementation sur l’usage civil du drone, permettant à quiconque de l’utiliser, dit Dickens Olewe. Il pense que cette situation pourrait menacer des projets tels qu'African SkyCAM, car "un amateur pourrait finir par tout faire échouer".

Malgré l'absence de réglementation, ils ont encore besoin d’une autorisation pour utiliser l'espace aérien.

Et Olewe laisse entendre à SciDev.Net que le gouvernement kenyan a déjà arrêté deux projets de drones (l'un axé sur la conservation des rhinocéros et l’autre sur les transports) qui "étaient controversés parce que leur zone d'opération prévue était près des casernes militaires".

"Je crains qu’en l’absence de directives, le gouvernement puisse imposer une interdiction totale après un incident", dit-il.

Dans le courant de cette année, Dickens Olewe devrait commencer un stage à l'Université de Stanford, aux États-Unis, en vue de mettre sur pied une association de drone journalisme appelée africanDRONE.

Dickens Olewe laisse entendre que la communauté s’efforcera de s'entendre sur des normes relatives à la sécurité, aux opérations, à la formation et à la participation des gouvernements à travers l'Afrique. À court terme, il envisage de lancer le drone journalisme au Mozambique et en Namibie.

Voir ci-dessous une vidéo d’African SkyCam sur un sanctuaire de la faune au Kenya

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