Rapprocher la science et le développement

  • Les pays musulmans exhortés à se doter de programmes scientifiques ambitieux

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[ISLAMABAD] La semaine dernière (11-13 janvier), des projets ambitieux visant à placer lʹinnovation au cœur des efforts de recherches réalisés dans le monde musulman, ont été approuvés par les dirigeants scientifiques des pays membres de lʹOrganisation de la Conférence islamique (OCI).

Plus de 100 dirigeants appartenant à 24 instituts internationaux de recherche et de technologie (S&T), ainsi que 26 ministres de la Science, ont approuvé un ensemble dʹobjectifs visant à favoriser lʹinnovation scientifique.

Ceux-ci incluent de stimuler la science et les activités de recherche du secteur privé et du système d’enseignement supérieur, mais aussi de promouvoir la science auprès de la population. Dʹautres plans prévoient de dʹencourager les parcs technologiques, lʹentreprenariat dʹinnovation, le capital-risque ainsi que les réformes juridiques pour soutenir lʹinnovation.

"Le développement est possible uniquement à travers la science", a déclaré Atta-ur-Rahman, ancien ministre de la Science du Pakistan et coordinateur général du Standing Committee on Scientific and Technological Cooperation (COMSTECH) de lʹOCI, qui a organisé la rencontre. "Nous avons donc décidé [de chercher] à accroître le rôle des S&T dans les politiques nationales des pays membres ainsi quʹau niveau régional.

Bakhytzhan Zhumagulov, ministre de lʹÉducation et de la Science du Kazakhstan, a par ailleurs déclaré : "Les plus grandes différences dans les dépenses consacrées à la recherche et au développement entre les différents pays du monde musulman, montrent que seule une approche collective peut permettre de lutter contre les problèmes de sous développement dans la plupart des pays de lʹOCI".

Les mesures proposées seront examinées par lʹOrganisation pour la science, la technologie et lʹinnovation qui a été récemment créée, laquelle a été officiellement approuvée en juin et a pris ses fonctions lors de la rencontre de la semaine dernière ; elle "amènera la culture de lʹinnovation dans les S&T et de la recherche dans les pays membres de lʹOCI", a déclaré Atta-ur-Rahman.

Cette organisation sera lʹinstance de mise en œuvre du COMSTECH, et ses principales activités, consistant notamment à créer des centres dʹexcellence et à favoriser la mobilité scientifique, seront encouragées grâce à un Fonds dʹinvestissement dans la technologie dans le monde musulman.

LʹOSTI a dressé une longue liste de programmes et de projets pour les pays membres qui ont approuvé en juin, un budget de 70 millions de dollars américains (53 millions dʹeuros), mais à ce jour, seuls lʹIran, le Pakistan, lʹArabie Saoudite et la Syrie se sont engagés à apporter, chacun, une contribution annuelle de 5 millions de dollars américains (3,4 millions dʹeuros).

Toutefois, leurs engagements financiers nʹont pas encore été versés, même si 90 pour cent des fonds donnés, seront dépensés au sein des frontières des donateurs.

Lors de la rencontre, il a été annoncé que le COMSTECH même, qui a jusque-là été financé grâce à des contributions volontaires, continue à rencontrer des difficultés financières.

"La plupart des pays membres ne donnent rien [au COMSTECH] et les autres donnent si peu quʹil est même impossible dʹacheter une petite voiture dʹoccasion", a déclaré Atta-ur-Rahman lors de la rencontre au cours de laquelle aucune solution nʹa été trouvée, même si le Pakistan et lʹArabie Saoudite se sont engagés à augmenter leurs contributions annuelles.

Le Pakistan, qui est le plus grand contributeur, prévoit de doubler sa participation jusquʹà 2 millions de dollars américains (1,5 millions dʹeuros), et lʹArabie Saoudite devrait passer de 100 000 (76 000 euros) à 250 000 dollars américains (190 000 euros).

Lors de la rencontre, il a également été proposé que les commissions nationales qui existent déjà et les comités parlementaires liés à la science sʹactivent pour promouvoir la culture de lʹinnovation des S&T.

Lors dʹune rencontre qui aura lieu en août, la politique sera examinée et des plans dʹactions seront proposés pour tous les pays membres de lʹOIC

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