Rapprocher la science et le développement

  • Des divergences persistent sur l'ébauche zéro du document pour Rio+20

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Les discussions sur le document final qui sera proposé aux pays être adopté lors de la Conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20), qui se tiendra au Brésil le mois prochain (20-22 juin), ont été marquées par des divergences sur certains concepts clés comme l'économie verte, et le cadre institutionnel du développement durable - ainsi que sur des termes et des expressions particuliers.

La dernière série de négociations ‘informelles-informelles,' organisée à New York le mois dernier (27 avril-04 mai) a débouché sur un accord fragile et un document final comptant plus de 400 paragraphes.

Ainsi, une nouveau texte 'simplifié' est en cours de rédaction par les coprésidents du processus de négociations - et devrait être publié la semaine prochaine.

Cette semaine (16 mai), l’envoyé spécial de la Banque mondiale pour les changements climatiques a lui aussi appelé les Etats à surmonter ces préoccupations.

Tout observateur des dernières négociations aurait ainsi estimé "impossible de croire que nous prenons la résolution de ces problèmes avec sérieux", a affirmé Andrew Steer lors d’une réunion à Bruxelles où le Rapport européen sur le développement a été lancé.

"Comment avons-nous pu nous mettre dans cette situation, dont nous n’arrivons manifestement pas à comprendre l'urgence ?" a-t-il demandé.

Les dirigeants du Groupe principal de la communauté scientifique et technologique, l'un des neuf groupes ayant apporté une contribution formelle aux négociations, se sont dits heureux que l’importance de la science soit restée soulignée dans le texte de préambule, dans un paragraphe qui fait partie des quelque 20 passages acceptés dans l’ensemble.

Ce paragraphe "indique clairement que [les négociateurs] reconnaissent l'importante contribution de la communauté scientifique et technologique au développement durable et qu'ils sont engagés à travailler en plus étroite collaboration avec eux", souligne Alice Abreu, professeure émérite de sociologie à l'Université fédérale de Rio de Janeiro, au Brésil, et coordonnatrice régionale de Rio+20 pour le Conseil international des unions scientifiques (CIUS).

Pourtant, malgré ces mentions dans l'introduction, l'engagement plus général pris pour la science et l'innovation avait disparu du texte à la clôture des négociations de New York, selon Gisbert Glaser, conseiller principal auprès du CIUS, en France.

La science y "est largement absente, et l'innovation est
limitée à l’innovation technologique" dans une section du document intitulée 'Transfert de technologie, Recherche et Développement, Innovation', a-t-il dit.

Or, "Rio+20 offre une occasion unique de mettre en marche un 'système mondial d'
innovation efficace", insiste-t-il.

Un tel système pourrait être "fondé sur une science solide, y compris les sciences sociales et économiques ; sur des efforts accrus de R&D dans tous les pays et les secteurs économiques, et sur le redoublement des essais et des efforts de déploiement d'innovations de toutes sortes, à la fois dans notre monde urbanisé et dans les zones rurales".

Alors que les critiques se désolent du contraste entre l'obsession des négociateurs pour des mots et des expressions particulières devant l'immensité des défis qu’ils cherchent à surmonter, d'autres jugent que le principal succès de Rio+20 pourrait ne pas résider dans l’adoption d’un document final, mais plutôt, dans les engagements pris individuellement par chaque pays, chaque région et chaque ville.

La Banque mondiale, ainsi, cherche à recruter 50 pays pour signer une 'comptabilisation du capital naturel', dans un effort visant à quantifier la contribution des ressources naturelles à la richesse d'un pays.

La prochaine série de négociations débutera le 29 mai.

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