Rapprocher la science et le développement

  • Afrique-Europe: Pour une coopération scientifique plus nuancée

[DUBLIN] Les travaux dune confrence ont conclu que la coopration scientifique europenne avec lAfrique devait tre redfinie dans la mesure o elle ne parvenait pas rpondre un grand nombre de besoins et de dfis auxquels taient confronts les pays africains - et ignorait souvent les pays ayant le plus besoin de soutien.

Sexprimant la semaine dernire (14 juillet) lors de Euroscience Open Forum (ESOF), Ismail Serageldin, le directeur de la nouvelle Bibliothque dAlexandrie, en Egypte, a dclar que lEurope ne devait pas limiter sa coopration scientifique et technique (ST) avec lAfrique au simple financement.

Elle devait plutt impliquer le continent dans les initiatives phares europennes en matire de recherche, mettre en uvre des programmes de jumelage qui promeuvent laction relle sur le terrain en Afrique, et faciliter la recherche conjointe, a dclar Serageldin.

Il est ncessaire de traduire les discours en actes, a dclar Serageldin, ajoutant quen dpit de nombreuses dclarations existantes en matire de coopration, les mots nont pas la meme force que les actes.

La ministre sud-africaine de la science et de la technologie, Naledi Pandor, a soulign que la coopration ne devait pas tre base sur des projets fragments. Nous devons esquisser une approche stratgique bien dfinie qui produise des rsultats, a-t-elle dit.

Pandor a mis en garde contre une perception de lAfrique comme entit homogne unique : elle compte 54 pays avec des capacits et des dfis trs varis, que les stratgies de coopration devraient prendre en compte, a-t-elle laiss entendre.

Lidia Brito, la directrice de la politique scientifique et du renforcement des capacits lUNESCO (lOrganisation des Nations unies pour lducation, la science et la culture), a dclar que les investissements europens en Afrique devaient tre plus soutenus que les annes prcdentes, et que lUnion europenne devrait soutenir une croissance durable en Afrique etla formation de personnels qualifis.

Lors dune session spare ayant pour thme: LAfrique: une rue pour les ressources naturelles ou des partenariats en conomie du savoir, qui sest tenue le jeudi (12 juillet), on a pu entendre lESOF que le transfert de la capacit et des connaissances scientifiques de lEurope vers lAfrique stait limit une poigne de pays plus riches et plus avancs sur le plan scientifique.

Actuellement, des pays comme lEgypte, le Kenya et lAfrique du sud sont impliqus dans cette coopration, mais de nombreux pays riches en ressources naturelles et pourtant pauvres sur le plan conomique tels que lAngola, la Rpublique dmocratique du Congo et lOuganda sont ignors, a dclar John Ouma Mugabe, professeur de politique scientifique et dinnovation la Graduate School of Technology Management lUniversit de Pretoria, en Afrique du Sud.

Pourtant, bon nombre de ces pays la priphrie de la coopration scientifique ont le plus grand besoin de collaboration, a dclar M. Mugabe.

LAfrique figure parmi les premiers producteurs mondiaux de nombreux minraux: daprs les estimations, la moiti de la production mondiale de cobalt et de diamants vient dAfrique, et un grand pourcentage des gisements mondiaux de manganse, de phosphate et dor sy trouve. En outre, jusqu six millions de personnes sur ce continent travaillent dans le secteur de lexploitation minire informelle et petite chelle, qui stimule les conomies rurales.

Mais quand lexploitation minire informelle nest pas gre correctement, elle peut mener la contrebande et des guerres civiles, ainsi qu lpuisement des rserves, la pollution de lenvironnement, des risques pour la sant et la dforestation, a-t-on dclar lors de cette session.

Nous devons recadrer la coopration scientifique et technique entre lAfrique et lEurope dans le domaine de la gestion des ressources naturelles, a dclar Mugabe, qui a ajout que lAfrique avait besoin de formation technique et de transfert de technologies, pour amliorer les mthodes dexploitation et retracer les origines des minraux dans le but de contribuer la gestion et la gouvernance des ressources minrales.

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