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  • Handicap : concrétiser l’égalité d’accès aux TIC

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  • Plusieurs pays en développement ont ratifié une Convention des Nations Unies relative aux droits des

  • Ils doivent désormais œuvrer à l’amélioration de l’accès des personnes handicapées aux TIC

  • Mais la rareté des technologies adaptées aux réalités locales pourrait constituer un obstacle

Il a été annoncé que BarrierBreak, entreprise technologique indienne,  a pu adapter une technologie conçue en Occident et permettant d’agrandir et de lire à haute voix des documents pour aider les malvoyants.
 
Une porte-parole de Microsoft Inde déclare dans l’article sur ce sujet que les lois contre la discrimination constituent le principal facteur qui explique la disponibilité des produits accessibles aux personnes handicapées dans les pays développés. Mais cette explication s’applique également aux pays en développement.
 
L’article 9 de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, adoptée en 2006 par les Nations Unies est le principal facteur de ce changement. Aux termes de cet article, tous les gouvernements ayant ratifié la convention doivent « adopter toutes les mesures appropriées pour assurer aux personnes handicapées, sur la base de l’égalité avec les autres… l’accès aux systèmes et technologies de l’information et de la communication… ».
 
En outre, les gouvernements doivent « promouvoir l’accès des personnes handicapées aux nouveaux systèmes et technologies de l’information et de la communication, y compris l’Internet … et promouvoir l’étude, la mise au point, la production et la diffusion de systèmes et technologies de l’information et de la communication à un stade précoce, de façon à en assurer l’accessibilité, à un coût minimal ».[1]
 
Jusqu’à présent, la Convention a été ratifiée par 132 pays – dont environ deux tiers sont des pays en développement. C’est pourquoi les questions de lutte contre la discrimination sont désormais applicables à de nombreux pays en développement.

« L’insuffisance des ressources est la principale raison souvent invoquée pour expliquer la non application de la Convention. Mais elle est généralement liée au manque de volonté politique. »

Sue Coe

Plusieurs parmi ces pays œuvrent pour l’intégration des articles de la Convention dans la législation et les politiques nationales. En 2011, la Sierra Leone est devenue un Etat pionnier en Afrique en adoptant la Loi sur les personnes handicapées. Elle définit des droits spécifiques pour un accès illimité des personnes handicapées aux mêmes services et informations, notamment l’éducation, la santé et l’emploi, que les personnes valides. En 2009, le gouvernement cambodgien  a fait adopter la Loi sur le handicap, en prévision de la ratification de la Convention, ce qu’il a fait en 2012.
 
Toutefois, le prochain défi à relever consiste à mettre en œuvre efficacement cet ensemble d’instruments ratifiés et de lois anti-discrimination. L’insuffisance des ressources est la principale raison souvent invoquée pour expliquer la non-application de la Convention. Mais elle est généralement liée au manque de volonté politique.
 
De gros efforts et beaucoup d’énergie ont été déployés par la société civile, surtout pour obtenir les ratifications de la Convention, ainsi que l’adoption de textes d’application, au niveau national. Les mouvements de défense des droits des handicapés dans le monde ont souvent manœuvré dans l’ombre pour les ratifications – et les organes fédérateurs comme l’International Disability Alliance, ont participé à la coordination et à l’illustration des progrès réalisés.
 
Les mouvements de défense des droits des handicapés continuent de mobiliser l’opinion dans plusieurs pays afin d’exercer des pressions sur leurs gouvernements en ce qui concerne cette question – le processus de d’application de la Convention ouvre des possibilités pour continuer à exercer des pressions sur les gouvernements, afin qu’ils aillent au-delà des engagements légaux qu’ils ont pris à agir.
 
Mais la rareté des technologies adaptées aux réalités locales freine aussi la mise en œuvre, comme l’illustre l’exemple de BarrierBrake : bien que l’écran de lecture comprenne 30 langues, aucune n’est originaire de l’Inde.
 
A mesure que les nouvelles technologies arrivent sur le marché, il faudra de plus en plus garantir leur conformité totale avec les lois locales  sur l’accessibilité des personnes handicapées.
 

Sue Coe a travaillé dans le développement international pendant 25 ans à travers l’Afrique, l’Asie, l’Europe et le Moyen-Orient. Aujourd’hui consultante en développement et insertion des personnes handicapées, elle avait précédemment collaboré avec World Vision, Practical Action (ex- ITDG), VSO et Action on Hearing Loss (ex-RNID). Elle peut être contactée à l’adresse: suecoe2603@gmail.com.

Références

[1] Convention des nations unies sur les droits des personnes handicapées (ONU, 2006).
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