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Des écoliers africains s'initient à l'informatique

Des écoliers africains s'initient à l'informatique
Crédit image: Flickr/DI GameWorks

Lecture rapide

  • Plusieurs programmes sont nés et se sont développés dans plusieurs pays

  • Au Niger l’apport des TIC a hissé le taux de réussite à 98% à l’université

  • La mauvaise qualité des réseaux télécoms ralentit cependant la vulgarisation.

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L’introduction des TIC dans le système éducatif des pays africains s’accélère, en dépit de certains obstacles.

Les pays africains se sont lancés dans leur grande majorité dans un processus de modernisation de leur système éducatif à travers l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC).

Ces programmes consistent généralement à mettre à la disposition des écoles du matériel électronique et informatique comme les ordinateurs, les tablettes, les téléphones portables, etc.

Cette option se fait le plus souvent avec la participation de grandes firmes industrielles.

Ainsi, les programmes appelés "école intelligente" mis en œuvre au Mali, au Soudan, en République Démocratique du Congo, en Afrique du Sud et tout récemment au Sénégal, sont réalisés avec le partenariat du géant sud-coréen de l’électronique, Samsung.

Les tablettes numériques et les équipements électroniques utilisés par les élèves malgaches depuis l’année dernière ont quant à eux été offerts par le groupe français Orange Télécoms.

L’autre forme d’association des TIC et de l’éducation est le développement de plateformes spécialement conçues pour la création, le partage et la diffusion de Ressources numériques éducatives libres (RNEL).

Tel est par exemple le cas du programme Sankoré (du nom d’une très ancienne université créée à Tombouctou au Mali, au 15ème siècle), qui a conçu l’Open-Sankoré, un logiciel d’enseignement numérique interactif gratuit.

Ce programme, déjà mis en œuvre dans des pays comme le Bénin, le Burkina Faso, le Mali, Madagascar, Haïti et l’Île Maurice permet aux enseignants de produire des ressources numériques d’enseignement d’accès libre et gratuit.

"Les enseignants peuvent, sans connaissances techniques avancées, créer des cours enrichis et interactifs. Ils peuvent ensuite éditer ces cours, les diffuser et les partager avec la communauté des enseignants", peut-on lire sur le portail du programme.

Nouvelle approche


Toutefois, Fawaz Tairou, responsable des formations au campus numérique francophone du Bénin remarque que "ces projets sont rarement des fruits d’initiatives locales."
"Ils émanent le plus souvent d’organismes internationaux qui essayent ensuite d’associer autant que faire se peut les pouvoirs publics locaux."

L’intéressé cite le cas des projets comme l’Initiative francophone pour la formation à distance des maîtres (IFADEM).

C’est aussi le cas du programme Sankoré qui est soutenu par le gouvernement français.

Au rang des autres organismes qui s’impliquent dans cette nouvelle approche éducative, on peut citer l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), etc.

Cependant, quelques initiatives locales en la matière ont vu le jour dans certains pays du continent.

Ousmane Zakari-Moussa, directeur du Campus Numérique Francophone de Niamey au Niger a déclaré à SciDev.Net que "les autorités rectorales prennent l’initiative de doter leurs départements de directions informatiques et chaque salle de l’université Abdou Moumouni de Niamey est aujourd’hui dotée d’un vidéoprojecteur."

"Il est également impossible de voir aujourd’hui un professeur d’université qui n’ait pas d’ordinateur portable", ajoute-t-il.

La question de la modernisation de l’éducation dans les pays du sud est aussi devenue une préoccupation pour les étudiants.

"L’éducation dans nos pays a réellement besoin d’être revue, car nous répondons difficilement aux exigences du marché international du travail", déclare Abdul-Kader Maman, étudiant à l’université Abdou Moumouni de Niamey.

L’importance de l’association entre les TIC et de l’éducation se perçoit aussi bien du côté de la formation elle-même que de celui de la démographie.

Du point de vue de la formation, à en croire Ousmane Zakari-Moussa, les taux de réussite aux examens atteignent 98% à l’université Abdou Moumouni de Niamey depuis l’introduction des TIC dans l’enseignement.

Quant au volet démographique, on observe que plutôt que de s’expatrier, certains étudiants préfèrent désormais rester dans leurs pays et suivre des enseignements à distance dans des institutions occidentales.

Et pourtant, la vulgarisation et l’efficacité de ces programmes qui se multiplient de nos jours dans les pays du sud, reste limitée, notamment à cause de facteurs déterminants tels que l’accessibilité du matériel nécessaire pour leur mise en œuvre, la qualité des réseaux de télécommunications et de l'approvisionnement en électricité, etc.

En effet, d’après un rapport publié en avril 2012 par l’Agence Française de Développement (AFD) et intitulé "Accès à l’électricité en Afrique subsaharienne : retours d’expérience et approches innovantes", le taux moyen d’accès à l’électricité dans les pays d’Afrique subsaharienne est de 16% des foyers au total, et moins de 5% en zone rurale.

Ousmane Zakari-Moussa relève pour sa part qu'il se pose "le problème majeur de la disponibilité d’internet, et de l’accessibilité des matériels. Les étudiants préfèrent se connecter et faire leurs recherches avec leur téléphone portable, à défaut de pouvoir s’offrir des ordinateurs".


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