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Un an après, Internet.org est à la recherche d'un nouveau souffle
  • Un an après, Internet.org est à la recherche d'un nouveau souffle

Crédit image: SciDev.Net

Lecture rapide

  • Selon Facebook, plus d'un milliard de personnes utilisent le service de par le monde

  • Une nouvelle plateforme a été créée pour simplifier l'adhésion des opérateurs mobiles à l'initiative

  • Mais des pays comme l'Inde accusent les initiateurs de constituer un empire de la censure

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Cette semaine marque le premier anniversaire de l'introduction de l'application Internet.org en Zambie, le premier pays à avoir expérimenté le service.

Au cours de ces douze derniers mois, Facebook a travaillé en étroite collaboration avec plus d'une douzaine d'opérateurs mobiles dans 17 pays, pour permettre aux plus pauvres d'accéder à des services Internet de base, à peu de frais. 
 
En Afrique, le service a été lancé au Sénégal, au Kenya, en Afrique du Sud, en Tanzanie, en Zambie, au Ghana, en Angola et au Malawi.

L'application est maintenant disponible dans 17 pays, y compris dans des pays très peuplés comme l'Inde, sur trois continents, mais Facebook a jusqu'ici travaillé avec des opérateurs triés sur le volet.
 
La firme tente maintenant de convaincre plus d'opérateurs de se joindre au programme, annonçant un portail dédié à travers lequel les opérateurs peuvent s'inscrire.
 
Facebook essaie ainsi de les adouber avec des statistiques, faisant valoir par exemple que "Internet.org permet d'attirer de nouveaux utilisateurs vers des réseaux mobiles en moyenne plus de deux fois plus rapides après le lancement de services de base gratuits et que plus de la moitié des utilisateurs sont disposés à payer pour accéder aux services Internet dans les 30 premiers jours".
 
Le discours vise clairement à faire valoir que Internet.org peut non seulement changer la vie des gens, mais aussi augmenter les revenus des opérateurs.
 
En réponse au débat sur la neutralité de l'initiative et aux accusations portant sur le fait que Internet.org ne permet l'accès qu'à des sites sélectionnés, Facebook a également veillé à rappeler que son objectif était de "travailler avec autant d'opérateurs et développeurs d'applications mobiles que possible, afin d'étendre les avantages de la connectivité."
 
Théoriquement, cela signifie que tout développeur serait en mesure de créer des services offerts par Internet.org - bien que des questions au sujet du coût ou du cadre réglementaire demeurent sans réponse.


Réserves indiennes


La vision de Marc Zuckerberg, le fondateur de Facebook, englobe une gamme de stratégies, y compris des systèmes de lasers, des drones et des satellites relayant les signaux Internet depuis le ciel.
Mais la manifestation la plus concrète de Internet.org a été une application de téléphonie mobile - plus précisément, une suite de services intégrés dans une seule grande application Internet.org - que Facebook a essayé de convaincre les opérateurs de téléphonie dans le monde entier d'offrir gratuitement aux utilisateurs.
 
Bien que la répartition exacte varie selon les pays, le point commun à tous les modèles proposés est une version allégée du réseau social Facebook et de son service de messagerie instantanée, avec d'autres services utiles également inclus, comme Wikipédia, des informations, des bulletins météorologiques, ainsi que des applications de portée locale créées par des entrepreneurs dans chaque région.

Selon la compagnie, des dizaines de millions de personnes ont accédé à l'Internet à travers l'application et plus de neuf millions de ces nouveaux arrivants sont devenus des utilisateurs réguliers de services Internet.

Toutefois, le gouvernement indien vient de rendre publiques ses recommandations pour une protection renforcée de la neutralité du Net et le rapport est très clair: New Delhi ne semble pas impressionnée par le projet de Facebook.

A la suite de plusieurs entreprises, les Indiens estiment que le programme, qui donne aux consommateurs dans les pays en développement un accès gratuit à certains services approuvés par Facebook, établit un dangereux précédent, en plaçant la firme de Mark Zuckerberg en position de faiseur de rois d'un nouvel empire, lui permettant de choisir qui en profite ou pas.

Selon le gouvernement indien, "bien que de telles pratiques puissent profiter, à court terme, aux consommateurs, la distorsion des marchés de contenus entraînerait d'immenses dommages au tissu de l'économie de l'Internet, en plus d'affecter l'innovation."
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