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  • Ouverture du réseau africain de transmission de données à haut débit

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[LISBONNE] Un réseau à grande vitesse permettant une transmission plus rapide de données entre chercheurs d’Afrique australe et d’Afrique de l’Est – ainsi qu’avec les scientifiques d’Europe et d’autres parties du monde - vient d’être lancé.

Inauguré le mois dernier à Dar es Salaam en Tanzanie, le réseau UbuntuNet s’appuie sur les liens établis dans un premier temps entre l’Europe et cinq pays africains par l’Alliance UbuntuNet, un réseau régional pour la recherche et l’éducation en Afrique orientale et australe.

Le réseau offre une connexion Internet à haut débit entre les réseaux nationaux de recherche et d’éducation (les RNEN) de la région et le réseau paneuropéen GÉANT, donnant ainsi l’accès à 40 millions d’utilisateurs de 8.000 institutions différentes.

Mis en place dans le cadre du programme AfricaConnect, dont la mission est de permettre aux chercheurs du continent africain d’accéder à des installations de transmission de données à grande vitesse afin de promouvoir la collaboration internationale dans le domaine de la recherche, le projet est financé à hauteur de 80% par la Commission européenne, le reste étant fourni par les gouvernements africains dans le cadre de leur appui aux RNEN.

Le soutien financier européen accordé à AfricaConnect devrait perdurer jusqu’en 2015 ; après cette échéance le projet devrait être financé uniquement par les partenaires africains.

S’exprimant lors du Forum 2012 sur la coopération Afrique-Union européenne en matière de recherche sur les TIC, organisé la semaine dernière à Lisbonne au Portugal, le responsable du projet UbuntuNet, Tiwonga Msulira Banda, s’est félicité du fait que les scientifiques africains travaillant dans des secteurs comme l’agriculture, la gestion des ressources naturelles, les changements climatiques ou l’observation de la Terre, vont tirer profit d’un accès à un réseau de transmission de données de niveau mondial.

‘Dans tous ces domaines, UbuntuNet va créer des possibilités pour les chercheurs africains de s’engager dans la recherche de pointe au niveau mondial’, a-t-il annoncé.

La génomique est l’un des domaines de recherche qui profitaient déjà de l’accès à la connexion à haut débit utilisée pour l’échange de données entre des chercheurs basés au Malawi et au Kenya et l’Institut Sanger du Wellcome Trust à Cambridge au Royaume-Uni.

Selon Banda, UbuntuNet pourrait même permettre à plus d’Africains de s’impliquer dans les expérimentations en physique des particules au Grand collisionneur de hadrons du CERN (l’organisation européenne pour la recherche nucléaire).

Cathrin Stöver, responsable des relations internationales et de la communication de DANTE, l’organisation qui assure le fonctionnement de GÉANT et coordonne AfricaConnect, a souligné que même si les premiers financements proviennent de l’Europe, ‘nous n’allons mener que des activités que les partenaires africains auront jugées bénéfiques’.

Elle ajoute qu’AfricaConnect s’est engagé aussi à établir des liens étroits avec les réseaux régionaux d’Afrique de l’ouest et du centre .

Francis Tusubira, directeur général de l’Alliance UbuntuNet, explique que l’objectif poursuivi par les gouvernements est d’assurer que tous les pays d’Afrique orientale et australe disposent de RNEN viables connectés au réseau UbuntuNet.

Pourtant, il rappelle à quel point former les compétences nécessaires pour gérer efficacement les réseaux nationaux s’avère complexe, les diplômés d’université disposant des compétences suffisantes en informatique étant rares.

‘Des milliers d’étudiants en ingénierie sont formés par les universités, mais si vous les mettez en milieu professionnel [avec des ordinateurs], ils n’auront pas la moindre idée de ce qu’ils doivent en faire’, dit-il.

C’est pourquoi l’une des priorités de l’Alliance UbuntuNet dans le cadre du projet AfricaConnect est d’élaborer des programmes susceptibles de donner un coup de fouet à l’enseignement de l’informatique dans les universités africaines au cours des quatre prochaines années.

Il faudra aussi insister sur l’importance des RNEN aux hommes politiques africains afin qu’ils fournissent le financement nécessaire à un fonctionnement à long terme du réseau, ajoute Tusubira.

Il annonce avoir déjà reçu des promesses de financement s’élevant à pour 60 pour cent des contributions africaines nécessaires au fonctionnement d’AfricaConnect jusqu’en 2015, et que 40 pour cent de ces fonds ont déjà été versés.

Lien vers le blog de SciDev.Net' à l’occasion du Forum 2012 sur la coopération Union Européenne-Afrique en matière de recherche sur les TIC

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