Rapprocher la science et le développement

Comment le facteur humain a freiné la lutte contre Ebola
  • Ebola crisis
  • Comment le facteur humain a freiné la lutte contre Ebola

Crédit image: Samuel Aranda / Panos

Lecture rapide

  • Un groupe de 26 chercheurs ont publié un rapport le 17 février dernier sur Ebola

  • Il révèle qu’une faible implication des populations locales a aggravé l'épidémie

  • Il est recommandé une prise en compte de ce facteur dans les essais cliniques.

Shares
Les efforts pour sauver des vies dans l’épidémie d’Ebola en Afrique de l'Ouest ont été sapés par un défaut d’implication plus étroite des populations locales dans la communication sur le traitement et dans les décisions éthiques sur les essais, d’après un rapport publié le 17 février 2015.

Les auteurs du rapport en question, qui sont tous impliqués dans les travaux sur le vaccin contre Ebola, ont fait des recommandations mettant l’accent sur la recherche d’un vaccin contre Ebola, sa fabrication et le processus d'approbation du vaccin dans le monde développé.

Ils se sont réunis à l’initiative du bailleur de fonds britannique de la recherche médicale, le "Wellcome Trust", et du Centre de recherche et de politique sur les maladies infectieuses de l'Université du Minnesota, aux Etats-Unis.

L’examen des véritables facteurs humains et sociaux est vital pour endiguer l’épidémie d’Ebola, déclare Clément Adebamowo, le président du Comité national d'éthique de recherche en santé du Nigeria, et l'un des 26 conseillers du rapport.

"Souvent, les nombreux défis et le désir de rapidité, d'efficacité et de réduction des coûts dans la réalisation des objectifs scientifiques conduisent à la "déprioritisation" [de l’implication communautaire]", dit-il.

"Or, sans une implication communautaire appropriée et de bonne qualité, nous ne pouvons pas réussir nos interventions scientifiques".

Le rapport a constaté que la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone ont été incapables de réagir énergiquement à l'épidémie en raison de leurs "économies en difficulté, des guerres civiles et du nombre de victimes de Ebola".

L’épidémie ayant tué un grand nombre de ceux qui étaient en première ligne de la réponse.

Toutefois, le rapport affirme que ces problèmes ont été exacerbés par des organismes étrangers, sous-estimant le rôle que jouent les communautés, par exemple pour surmonter les soupçons quant aux traitements.

"Une communication dès le début sur Ebola aurait pu mieux fonctionner dans presque tous les pays touchés", dit Clément Adebamowo.

"Le défaut d’un renforcement de l’implication communautaire et des stratégies de communication a probablement contribué à l’ampleur finale de l'épidémie".

Le rapport a remarqué un manque d'implication des populations locales dans l'organisation d’essais cliniques et les décisions éthiques connexes.

Il souligne que l'Initiative panafricaine de bioéthique, qui aurait pu aider à organiser une telle implication, a du mal à trouver un financement.

Clément Adebamowo laisse entendre que cette initiative devrait faire plus pour attirer des "droits d’adhésion, le soutien de l'industrie, des universités, des organismes de recherche, des organismes de financement et des ONG" en vue de renforcer sa présence dans les pays affectés par Ebola.

"En Afrique, l’éthique de la recherche est encore à un stade embryonnaire, mais avec le développement des activités de recherche, on peut s’attendre à ce que les chercheurs, les promoteurs de la recherche et d'autres parties prenantes apprécient la valeur de l'éthique", poursuit-il.

Kevin Behrens, un bioéthicien en service à l'Université de Witwatersrand, en Afrique du Sud, loue le désir d’implication locale qui ressort du rapport.

"Toutefois, cela doit signifier que les parties prenantes africaines ont un rôle décisif, pas simplement qu'elles seront consultées, mais peut-être supplantées," prévient-il.

> Lien vers des Recommandations pour freiner la lutte contre Ebola 
(en anglais)          

Republier
Nous vous encourageons à reproduire cet article en ligne ou sur support papier. La reproduction est libre de droit, suivant les termes de notre licence Creative Commons. Nous vous prions cependant de suivre ces directives simples :
  1. Vous devez créditer nos auteurs.
  2. Vous devez créditer SciDev.Net — dans la mesure du possible, veuillez insérer notre logo, avec un rétrolien vers l’article originel.
  3. Vous pourriez aussi simplement publier les premières lignes de l’article et ajouter ensuite la mention: "Veuillez lire l’intégralité de l’article sur SciDev.Net", avec un lien vers l’article originel.
  4. Si vous souhaitez aussi reprendre les images publiées avec cet article, veuillez vérifier avec les détenteurs de droits d’auteur que vous êtes autorisés à les utiliser.
  5. Le moyen le plus facile de reproduire l’article sur votre site est d’intégrer le code ci-dessous. 
Pour plus d’informations, veuillez consulter notre page media et nos conseils pour la reproduction.