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Résorber la crise énergétique à Madagascar
  • Résorber la crise énergétique à Madagascar

Crédit image: SciDev.Net/Rivonala Razafison

Lecture rapide

  • Madagascar est sujet à une crise chronique d’énergie

  • Le pays regorge d’énormes ressources énergétiques naturelles sous-exploitées

  • Les chercheurs encouragent la poursuite et l’approfondissement des recherches sur les énergies renouvelables et l’application des résultats pour une exploitation raisonnée des ressources locales

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Un groupe de chercheurs malgaches recommandent de repenser la politique de la Grande Ile en matière énergétique, afin de faire face aux besoins du pays, tout en protégeant l'environnement.

[ANTANANARIVO] Les membres du Groupe Energie Madagascar recommandent un changement de cap du secteur de l'énergie, pour une croissance économique inclusive et un bien-être social respectueux de l’environnement.

De l'avis des experts, la production d’énergie en quantité et en qualité est le gage de l’économie verte et du développement durable.

"L’insuffisance, la nature et les coûts d’approvisionnement en énergie à Madagascar sont un facteur majeur de blocage pour un développement socioéconomique durable", soulignent-ils dans les "Recommandations pour une politique de l’énergie à Madagascar", présentées à Antananarivo le 23 septembre.

C’est le fruit des réflexions approfondies et concertées s’inspirant du tout premier diagnostic du secteur, réalisé en 2012.

"Bien qu’imparfaites, nos propositions peuvent servir d’argumentaires pour les planifications nécessaires", a déclaré Patricia Ramarijaona, experte en énergies propres.

Le pays a le potentiel de suivre la tendance mondiale vers l’utilisation des énergies renouvelables au service du développement socioéconomique en exploitant les ressources énergétiques locales.

L’accès à une énergie propre et durable pour tous à l’échelle nationale est possible pour surmonter la situation actuelle, caractérisée par une offre à 92 % dominée par les bois et à 7 % par les carburants fossiles. Les énergies renouvelables n’y occupent qu’une infime partie d’à peine 1 %.

La Grande île est également dépendante de l’importation des carburants fossiles d’un volume annuel de 470 000 m3/an, d'une valeur de 400 millions de dollars.

Pour les ménages, 99 % des bois sont destinés à la cuisson et plus de 80 % utilisent le pétrole lampant, nuisible à la santé, pour l’éclairage.

Au total, 12 % des ménages malgaches ont accès à l’électricité. En milieu rural où vivent plus de 70 % de la population, seuls 4,8 % des ménages ont accès à ce luxe, contre 39 % en milieu urbain.

Selon les experts, le développement de l’énergie doit reposer sur une vision d’exploitation durable des ressources naturelles énergétiques potentielles en faisant de l’efficacité énergétique, du recours aux énergies renouvelables et de l’adoption de pratiques durables ses principes directeurs.

L’objectif est de réduire, d’ici 2030, à 15 % les dépenses en énergie des industries locales et à 5 % celles des ménages, contre respectivement 43 % et 25 % actuellement.

Selon les prévisions, il est possible de rendre l’électricité disponible pour 65 % des ménages urbains et 30 % des ménages ruraux d’ici là en ramenant la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique à plus de 45 %.

Madagascar dispose d’un énorme potentiel en énergies propres comme l’hydroélectrique, le solaire, l’éolienne et la biomasse. Mais elles sont faiblement valorisées. Par exemple, seuls 127 mégawatts sur les 7 800 existants en hydroélectricité sont exploités.

L’agro-diésel et l’agro-éthanol, qui requièrent des coûts d’installation faibles, commencent à se populariser, même si le cadre juridique des filières émergentes reste encore à déterminer.

"Des unités de production sont déjà opérationnelles et des ruraux utilisent déjà de l’éthanol à la place du pétrole lampant pour l’éclairage", a révélé Narivelo Andriamihaingo, un autre expert du Groupe Energie.

En outre, l’entité exhorte à la poursuite et à l’approfondissement des recherches sur les énergies renouvelables et l’application des résultats pour une exploitation raisonnée des ressources locales.

Elle se garde toutefois de critiquer l’incapacité flagrante du gouvernement à résoudre la crise chronique d’énergie dans le pays.

"En tant que groupe d’experts, notre rôle est de proposer et non d’imposer, car la prise de décision ne nous revient pas. Nous avons les réponses techniques et les propositions stratégiques même si elles sont loin d’être parfaites", a insisté Patricia Ramarijaona.


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