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ND-GAIN récompense la lutte contre l’érosion côtière au Sénégal
  • ND-GAIN récompense la lutte contre l’érosion côtière au Sénégal

Crédit image: Flickr/Jeff Attaway

Lecture rapide

  • L’indice global d’adaptation de Notre-Dame (Notre Dame Global Adaptation Index, ND-GAIN) est le seul à mesurer la vulnérabilité des pays aux changements climatiques et leur capacité à s’y adapter

  • Le Prix ND-GAIN 2014 récompense les efforts du groupe suisse Novartis et du Centre sénégalais de Suivi Ecologique, pour leurs efforts en matière de politique d'adaptation aux changements climatiques

  • Au Sénégal, le CSE a réalisé plusieurs ouvrages pour lutter contre l'avancée de la mer.

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L’Université Notre-Dame, basée à South Bend dans l’Indiana, aux Etats Unis, a délivré le prix 2014 de l’adaptation aux changements climatiques au Centre de Suivi Ecologique (CSE) du Sénégal et au groupe pharmaceutique suisse Novartis.
 
Le Centre de Suivi Ecologique (CSE) a été récompensé pour les réussites de son projet d’"Adaptation à l’érosion côtière dans les zones vulnérables" qu’il coordonne depuis 2011, en partenariat avec la direction de l’environnement, GREEN Sénégal et l’Ong Dynamique Femmes.
 
Ce prix est "une motivation supplémentaire pour montrer au monde que les collaborations locales peuvent aider à protéger les populations vulnérables contre les effets du changement climatique", estime Déthié Soumaré Ndiaye, forestier, Coordonnateur du programme au CSE.
 
Le projet "Adaptation à l’érosion côtière dans les zones vulnérables" vise à combattre l’érosion du littoral à travers des actions spécifiques dans trois localités au sud de la capitale sénégalaise : la ville historique de Rufisque, le site balnéaire de Saly et le village de Joal.
 
Ces localités ont été choisies en raison de leur importance dans les secteurs du tourisme et de la pêche, deux secteurs clés de l’économie sénégalaise.
 
C’est ainsi que les réalisations du projet ont permis de protéger les moyens de subsistance de ceux qui vivent de la pêche, de la transformation du poisson, de la riziculture et du tourisme, d'aider les habitants à mieux comprendre le changement climatique et les possibilités d’adaptation, de renforcer la capacité d’adaptation des habitants et de stimuler les investissements du secteur privé dans le tourisme, la pêche et l’agriculture.
 
Selon Déthié Soumaré Ndiaye, à ce jour, les principales réalisations sont "la construction des infrastructures de protection côtière à Rufisque et Saly, la construction d’une digue anti-sel à Joal, la réhabilitation de quai de pêche et des aires de transformation des produits halieutiques, la conception et exécution du programme de sensibilisation et de formation sur le cadre réglementaire de l’adaptation au profit des différents groupes ciblés, la réhabilitation en cours de l’aire de transformation de produits halieutiques à Joal-Fadiouth".
 
Par ailleurs, un prototype de four moderne a été réalisé au niveau du principal site de fumage et de séchage des produits halieutiques de Joal, pour permettre de réduire considérablement la consommation en énergie tirée de la matière végétale et d’améliorer les conditions d’hygiène et de salubrité.
 
Dans la ville de Rufisque, la construction de brise-lames immergés le long de la côte protège les habitations de l’érosion côtière, qui affecte notamment certaines écoles, le cimetière et l’héritage de cette ville historique tels que les maisons coloniales.
 
Grâce à une digue de protection côtière, les populations ont gagné une cinquantaine de mètres de plage.
 
A Saly, les ouvrages ont permis de protéger les hôtels et autres infrastructures touristiques dans cette zone qui concentre des milliers d’emplois générés par le tourisme et la pêche.
 
Dans la zone du projet, des centaines de personnes ont été formées sur les dynamiques organisationnelles, l’érosion côtière, les changements climatiques et la pêche, l’hygiène et la qualité dans la transformation des produits halieutiques et le code de l’environnement.
 
Parmi les leçons de ce projet, Déthié Soumaré Ndiaye mentionne le fait que "le projet a été géré par des institutions différentes, chacune ayant apporté ses avantages et ses spécificités. Dans la mesure où le problème de l’érosion côtière est complexe, un seul acteur ne peut arriver à faire quelque chose de durable."
 
La principale difficulté réside dans "l’ampleur des besoins par rapport aux moyens dont nous disposons. Nous avons eu 8 millions de dollars, c’est beaucoup mais c’est peu.  Les besoins restent énormes. La gestion du temps constitue aussi un autre enjeu de taille. Un  projet c’est trois ou quatre ans. Or pour réaliser des projets d’infrastructures au niveau du Sénégal les lois rendent obligatoires des procédures de passation de marches qui font que les activités prennent beaucoup de temps ". Selon lui, ce financement est faible par rapport aux difficultés auxquelles le littoral sénégalais est confronté.
 
L’indice global d’adaptation de Notre-Dame (Notre Dame Global Adaptation Index, ND-GAIN) est publié par l’Université Notre-Dame, basée à South Bend dans l’Indiana aux Etat Unis. C’est le seul indice de mesure de la vulnérabilité des pays du monde aux changements climatiques et de leur capacité à s’y adapter. Son principal but est de montrer que des actions d'adaptation au climat peuvent servir de sources d’inspiration pour les dirigeants de tous les secteurs, en vue de sauver des vies et d’améliorer les moyens de subsistance des populations les plus vulnérables.
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