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La diarrhée peut retarder la croissance chez l’enfant
  • La diarrhée peut retarder la croissance chez l’enfant

Crédit image: Flickr / slma_76

Lecture rapide

  • Une infection par un parasite qui provoque la diarrhée retarde la croissance

  • Cela vaut même lorsque l’enfant infecté ne présente aucun symptôme

  • 178 millions d’enfants souffrent d’un retard de croissance dans le monde

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Les enfants des pays en développement qui ont été infectés au moins une fois par un parasite d’origine hydrique sont plus sujets à un retard de croissance que ceux qui n’ont pas été infectés.
 
Telle est la conclusion d’une étude réalisée par des chercheurs du Johns Hopkins University Bloomberg School of Public Health aux Etats-Unis ; étude dont les résultats ont été publiés ce 4 mai 2016 dans le journal PLOS Neglected Tropical Diseases.
 
Selon l’équipe de chercheurs, ce retard de croissance est susceptible de se manifester même lorsque l’infection de l’enfant par les parasites hydriques en question s’est passée sans symptômes. 
 

“Un retard de croissance dans les deux premières années de vie conduit à des dommages irréversibles, ce qui contribue à un faible développement cognitif, de mauvais résultats scolaires, et à des gains réduits à l'âge adulte”

Chercheurs
Johns Hopkins University Bloomberg, Etats-Unis

 
Pour arriver à ces conclusions, l’équipe de chercheurs, dirigée par Poonum S. Korpe, a suivi 392 enfants bangladais entre 2008 et 2014, pendant leurs deux premières années de vie ; analysant leurs selles et relevant l’évolution de leurs tailles.
 
L’expérience a montré qu’au moins 77 % des enfants concernés ont été infectés au moins une fois pendant leurs deux premières années d’existence par le cryptosporidium, un parasite intestinal qui provoque la diarrhée chez l’être humain.
 
L’étude a également révélé que 67% des cas d’infections étaient causés par des parasites non pathogènes et 6,3% des cas par des parasites pathogènes ; tandis que 27% des enfants infectés l’avaient été par les deux souches du parasite.
 
Mais, au final, les chercheurs sont arrivés à la conclusion selon laquelle les enfants victimes de l’infection, avaient deux fois plus de risque de connaître un retard de croissance que ceux qui n’avaient pas été contaminés.
 
"Nous avons trouvé que les enfants qui ont eu au moins une infection au cryptosporidium spp pendant les deux ans de suivi étaient beaucoup plus susceptibles d'avoir une croissance chancelante à l’âge de 24 mois", écrivent les chercheurs dans le résultat de leur étude.
 
Pauvreté et malnutrition
 
Ils ajoutent que ce constat est indépendant du sexe des enfants, des revenus de leurs familles, de l’indice de masse corporelle de leurs mères ou encore du niveau d’éducation de leurs parents.
 
Car, selon l’étude, plus de la moitié des enfants infectés (56 % exactement) ont présenté des symptômes d’un retard de croissance à l’âge de deux ans, suivant les critères définis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).
 
S’appuyant sur le fait que l’étude été effectuée dans une région pauvre, les chercheurs concluent : "nous avons démontré que la pauvreté, la malnutrition et l’infection par le cryptosporidium spp. restent intimement liées"
 
Selon l’OMS, le cryptosporidium est un des parasites intestinaux les plus courants et il est la cause fréquente de diarrhées sévères chez le sujet immunodéprimé et le jeune enfant.
 
"On trouve ce protozoaire dans les eaux de surface et les eaux souterraines exposées aux inondations ou à une contamination fécale et sa présence a été observée dans les réseaux "améliorés" d’eau courante qui s’y approvisionnent", indique l’organisation.
 
Traitement domestique de l’eau
 
A en croire l’étude, on estime que 178 millions d'enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance à travers le monde entier.
 
"Et un retard de croissance dans les deux premières années de vie conduit à des dommages irréversibles, ce qui contribue à un faible développement cognitif, de mauvais résultats scolaires, et à des gains réduits à l'âge adulte", martèlent les chercheurs.
 
En conséquence, l’OMS prescrit : "en l’absence de systèmes efficaces de traitement communautaire, il existe toute une série de moyens de traitement domestique de l’eau – ébullition, filtration, floculation et désinfection solaire par les rayons ultraviolets – qui permettent à des degrés divers d’éliminer ou d’inactiver les trois classes d’agents pathogènes – virus, bactéries et parasites"
 
Soulignant au passage qu’il est "possible d’associer plusieurs méthodes de traitement domestique pour couvrir tout l’éventail des agents infectieux".

Références

L'article relatif à l'étude est disponible à : http://journals.plos.org/plosntds/article?id=10.1371%2Fjournal.pntd.0004564
ou à: 10.1371/journal.pntd.0004564
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