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Un moyen de réfrigération pour les zones sans électricité
  • Un moyen de réfrigération pour les zones sans électricité

Crédit image: Elite Energy

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  • Ces conteneurs disposent d’une batterie ayant une autonomie de 60 heures

  • Cet équipement d’un volume de 12 à 16 m3 coûte au moins 40 000 dollars l’unité

  • L’énergie solaire est présentée comme une solution viable pour l’Afrique

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L’entreprise canadienne "Elite-Energy", basée à Laval au Québec, développe depuis 2012 des conteneurs d’entreposage des denrées alimentaires et des médicaments dans les régions éloignées et insuffisamment ou pas du tout couvertes par le réseau électrique.
 
Les conteneurs réfrigérés du groupe sont munis de modules solaires en silicium cristallin de 250 watts et d’une batterie d’une autonomie de 60 heures.
 
Un système d’isolation en uréthane et un contrôleur électronique de température fonctionnant par WiFi complètent le dispositif.
 
Les conteneurs offrent des options hybrides permettant d’adapter aussi bien des modules solaires que des groupes électrogènes.
 
Gaétan Riopel, directeur général chargé des ventes chez Elite Energy présente ces équipements comme étant "à la fine pointe de la technologie", et n’exigeant "aucun entretien particulier".
 
Il explique qu’en mettant au point une telle technologie, son entreprise tient à démontrer que les problèmes énergétiques ne doivent pas freiner les initiatives de développement en Afrique.
 
"C’est une solution au niveau minier pour les travailleurs qui sont dans des zones éloignées et sans électricité; c’est un produit qui peut être utilisé pour un campement de 2 000 à 5 000 hommes (…) On a des grandeurs différentes en fonction de l’utilisation", fait-il remarquer…
 
Les conteneurs d’Elite-Energy ont des capacités de stockage de 12 à 16 mètres cubes avec un contrôle de sécurité incorporé.
 
"Vous avez des caméras de surveillance et avec votre téléphone vous pouvez être ici au Québec, le conteneur au Rwanda ou en Somalie et via internet vous pouvez contrôler ses composantes", indiquent ses concepteurs.

“Le succès des technologies du genre dépendra du prix, de la garantie en années de fonctionnement et de leur rentabilité”

Guy Tchuilieu
Directeur d’Ecosun Solutions

 
"L’Afrique c’est le continent où il y a le plus grand nombre d’heures d’ensoleillement au monde (…) On a un bon produit à offrir, parce qu’on rejoint la philosophie des politiques africaines qui se tournent vers les énergies renouvelables", ajoutent-ils.
 
Aussi les initiatives s’appuyant sur l’exploitation du potentiel solaire du continent sont-elles en croissance.
 
L’entreprise indépendante Ecosun Solutions présente dans plusieurs pays dont le Sénégal et le Cameroun conçoit déjà et réalise des systèmes de production d’électricité à partir de l’énergie solaire et d’équipements dépendant de l’énergie solaire.
 
Son directeur Guy Tchuilieu précise que l’entreprise ne construit pas pour l’heure des conteneurs, mais des chambres froides.

Il fait remarquer que l’avantage du conteneur se situe "au niveau des économies d’énergie engendrées et surtout au niveau de sa fonctionnalité hors réseau électrique".
 
De son côté, Station Energy qui opère au Burkina-Faso, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et aux Comores depuis trois ans a aussi lancé début 2015 son prototype de chambre froide solaire entièrement autonome ou en installation hybride avec le réseau électrique conventionnel.
 
Toutefois, derrière ces technologies innovantes se pose le problème de la capacité d’acquisition des communautés.
 
Car, SciDev.Net a appris qu’une unité du conteneur réfrigéré d’Elite Energy coûte entre 40 000 et 60 000 dollars (entre 22 et 33 millions de FCFA) selon sa taille…
 
Mais Gaétan Riopel voit surtout les économies à réaliser, en lien avec l’utilisation du diesel dans un équipement du genre. Le seul entretien, dit-il, "c’est changer peut-être la batterie dans 6 ou 7 ans".
 
En Afrique, ce sont plus de 600 millions de personnes qui connaissent des problèmes de fourniture d’énergie électrique.
 
Guy Tchuilieu pense alors que le succès des technologies du genre dépendra du prix, de la garantie en années de fonctionnement et de leur rentabilité.
 
Didier-Abel Tella, directeur général de l'Association des sociétés d'électricité d'Afrique (ASEA), estime pour sa part qu’il n’y a pas de quoi s’alarmer.
 
Pour lui, la poursuite de cette révolution passe par un renforcement du partenariat entre les technologies renouvelables et le système énergétique conventionnel.
 
"Les technologies ont évolué, les prix de revient des installations sont dans la bonne direction de rabais si bien que les partenariats public-privé en énergie renouvelable sont devenus une réalité", note-t-il

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