Rapprocher la science et le développement

  • Les scientifiques attendent impatiemment les négociations pré-Rio+20

C’est aujourd’hui que les défenseurs de la science sauront s’ils sont parvenus à attirer davantage l’attention sur la science et la technologie dans les négociations en prélude à la conférence Rio+20  (organisée du 20 au 23 juin prochains).

Les délégations nationales entament aujourd’hui les discussions informelles (du 19 au 23 avril) sur le texte de la déclaration finale qui sanctionnera la conférence des Nations Unies sur le développement durable (Rio+20).

La communauté scientifique et technologique internationale œuvre pour trouver des accords sur les questions qu’elle juge essentielles pour la réussite de la conférence au Brésil au mois de juin prochain, à laquelle au moins 118 Chefs d’Etat et de Gouvernement ont déjà annoncé leur participation. L’objectif de la conférence est de trouver une stratégie menant vers le développement durable par une transition vers une économie verte et l’instauration d’un cadre institutionnel favorable.

En tête de liste des priorités de la communauté scientifique internationale figure le relèvement du caractère urgent des questions environnementales et de développement dans le texte final, et la reconnaissance des ‘limites du système planétaire’, une idée qui gagne en force dans plusieurs milieux, mais qui ne figure pas pour autant dans le projet actuel de la déclaration.

L’idée des ‘limites du système planétaire’ a été avancée pour la première fois en 2009 dans Nature par Johan Rockström, Directeur exécutif du Centre de résilience de Stockholm, et renvoie aux limites d’utilisation de neuf ressources de la planète, parmi lesquelles figurent les activités productrices de dioxyde de carbone, l’exploitation des sols, la pollution de l’atmosphère par les aérosols et l’exploitation des océans.

Rockström propose un seuil numérique pour chacune de ces limites au-delà duquel le système risque de s’effondrer et menacer la survie de l’humanité.

‘Les ‘limites du système planétaire’ recouvrent l’idée selon laquelle la planète comporte des limites et nous ne pouvons pas continuer à utiliser indéfiniment ses ressources’, explique Peter Bates, responsable scientifique du Conseil international des unions scientifiques (ICSU), qui, avec le concours de la Fédération mondiale des organisations d’ingénieurs, dirige le Groupe majeur science et technologie, qui a formellement participé aux discussions.

‘Nous espérons pouvoir obtenir la modification du paragraphe de préambule. Le projet actuel de la déclaration ne souligne pas suffisamment l’urgence de la situation’.

Pourtant, l’idée suscite la controverse parmi les scientifiques, dont certains ont remis en cause la rigueur des données sous-jacentes et le fondement des chiffres avancés pour chaque ‘limite’.

‘C’est une idée intéressante, je vais soutenir ce concept’, affirme David Molden, Directeur général du Centre international de mise en valeur intégrée des montagnes au Népal, et ancien Directeur de l’Institut international de gestion des ressources en eau du Sri Lanka.

‘Toutefois, pour certains seuils, il existe un risque à associer un chiffre à leur utilisation. Ce n’est pas comme si ces chiffres existent et font l’objet d’un débat depuis longtemps ; c’est une idée nouvelle’.

‘Il est possible par exemple, d’extraire moins d’eau, mais de mal la gérer ; il ne s’agit donc pas d’un seuil rigoureux, une limite immédiatement chiffrable’.

Le Groupe majeur se bat également pour la création d’organes consultatifs indépendants auprès de l’ONU, aux niveaux régional et national ; ainsi qu’un mécanisme mondial de coordination de la recherche interdisciplinaire et internationale sur le développement durable.

Pour Bates, ‘les gens ont le sentiment que la science est efficace, mais qu’avec la mise en place de mécanismes appropriés, on pourrait en tirer de meilleurs résultats’.

Le groupe souhaite également voir les gouvernements s’entendre pour consacrer davantage de moyens financiers à la recherche sur le développement durable.

Et il prône par ailleurs qu’un accord soit trouvé à Rio+20 pour le développement d’indicateurs intégrés qui vont au-delà du PIB (produit intérieur brut), et tiennent compte des dimensions environnementale et sociale du développement, et qu’un groupe d’action mondial soit créé pour faire avancer la question.

La première mouture du projet, le 'zéro draft' rendu public en janvier,  a été largement critiquée comme étant trop légère ; l’ONU a souligné qu’elle a été délibérément rédigée comme un simple modèle dont la formulation pourrait être renégociée.

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