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Un projet de banque génétique du bétail, piloté par une équipe kényane
  • Un projet de banque génétique du bétail, piloté par une équipe kényane

Crédit image: Flickr/Oxfam International

Lecture rapide

  • La diversité génétique du bétail s’étiole, mais aucune banque génétique n’existe pour la préserver

  • Parmi les obstacles à surmonter afin d’établir une banque génétique figurent les difficultés dues à la législation et les questions d’infrastructure

  • Aujourd’hui, le projet est à un stade préliminaire et dispose de l’expertise nécessaire, mais davantage de moyens financiers sont requis

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Au Kenya, des chercheurs œuvrent à la mise sur pied de la première banque génétique au monde dédiée au bétail.

Selon l’équipe du projet basée à l’Institut international de recherche sur l’élevage (ILRI) à Nairobi au Kenya, cette banque génétique pourrait participer à la préservation de la biodiversité des espèces menacées et devenir un outil de recherche utile.

Le regroupement d’échantillons dans des banques n’est pas nouveau en soi, de telles initiatives ayant déjà été réalisées depuis plusieurs années pour les cultures.

Or, souligne Jimmy Smith, Directeur général de l’ILRI, l’importance de la préservation de la diversité génétique du bétail a jusqu’à ce jour été sous-estimée.

En Afrique, la subsistance d’environ un milliard de personnes dépend de l’élevage, et la contribution des aliments d’origine animale à la nutrition est importante. Pourtant, la biodiversité du bétail s’étiole aussi rapidement que celle des cultures, regrette-t-il.

‘Même si à court terme, le principal avantage d’une banque serait de prévenir la réduction de la biodiversité, à long terme, elle pourrait devenir une précieuse ressource : en fouillant dans ces échantillons, nous pouvons dénicher des espèces résistantes à certaines maladies ou susceptibles de s’adapter facilement aux changements climatiques’, poursuit-il.

L’ILRI étudie la faisabilité de la création de cette banque génétique, notamment les besoins en compétences techniques, en infrastructures et en matière réglementaire.

Les chercheurs entendent recourir à deux différentes techniques de préservation, la cryopréservation, c’est-à-dire la congélation des cellules animales à de basses températures grâce à l’azote liquide, et la conservation in vivo.

Irene Hoffmann, chef du Service des ressources génétiques animales du Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), met en garde contre la nécessité de surmonter un certain nombre d’obstacles d’ordre technique et juridique afin de procéder à la réalisation d’une banque génétique, et ce notamment dans les pays en développement.

‘Plusieurs pays en développement ne disposent pas de l’infrastructure nécessaire, ne sont pas en mesure de satisfaire les exigences sanitaires et ne sont pas approvisionnés en azote liquide’, rappelle-t-elle.

Se pose par ailleurs la question des droits de propriété, puisque certains pays rechignent à déposer dans une banque génétique ce qu’ils considèrent comme du patrimoine national.

Cet écueil pourrait être surmonté, suggère-t-elle, avec par exemple la mise en place d’une base de données pour relier les diverses banques génétiques nationales en un réseau mondial, évitant ainsi d’avoir à déplacer les ressources.

A ce jour, le projet n’en est qu’à ses débuts ; davantage de moyens financiers sont nécessaires. Smith assure néanmoins que l’Afrique dispose des moyens techniques et du savoir-faire nécessaires pour réaliser une telle banque génétique.

‘La réalisation d’une structure aussi complexe nécessite une expertise variée en biologie, en écologie et en économie, mais l’ILRI est une organisation mondiale dotée des compétences techniques nécessaires provenant à la fois des pays en développement et des pays développés’, tranche-t-il.

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