Rapprocher la science et le développement

L'insecticide sur le bétail pour lutter contre la maladie du sommeil
  • L'insecticide sur le bétail pour lutter contre la maladie du sommeil

Crédit image: Flickr/US Army Africa

Shares

[NAIROBI] D’après une étude, l’aspersion du bétail avec de l’insecticide serait une option moins onéreuse, plus efficace pour lutter contre la maladie du sommeil dans certaines parties de l'Ouganda, plutôt qu’avec les trypanocides qui ciblent le parasite.

La maladie du sommeil est endémique dans 36 pays de l’Afrique Sub-Saharienne, menace plus de 60 millions de personnes et constitue un obstacle majeur au développement économique des zones rurales qui en sont affectées, selon l'OMS.

Elle est causée par le parasite appelé Trypanosoma brucei rhodesiense, transmis par la mouche tsé-tsé qui se nourrit sur les êtres humains, le bétail et les animaux sauvages. Elle peut être contrôlée par le traitement du bétail avec de l’insecticide qui tue les vecteurs que sont les mouches tsé-tsé, ou avec des trypanocides qui tuent le parasite de la maladie.

Pour comparer les deux options, des chercheurs ont utilisé la modélisation mathématique et ont constaté que, dans les zones abritant peu d'animaux sauvages -- où le bétail fournit la majeure partie des besoins en sang de la mouche tsé-tsé – le traitement du bétail avec de l’insecticide pourrait être une méthode moins onéreuse et plus efficace pour interrompre la transmission de la maladie.

D’après les résultats de l’étude publiée en mai dans PLoS Maladies Tropicales Négligées, il suffit de n’asperger que 20 pour cent du bétail avec de l’insecticide pour contrôler la maladie chez les êtres humains, contre 65 pour cent avec des trypanocides pour obtenir le même résultat,                                      

"Dans les endroits où les animaux sauvages sont nombreux, la majorité des mouches tsé-tsé se nourrit d’eux, donc le traitement du bétail avec de l’insecticide limite l’impact de l’éradication des vecteurs que sont les tsé-tsé", a déclaré Damian Kajunguri, l'un des auteurs de l’étude, basé à l'Université de Stellenbosch, en Afrique du Sud.

Toutefois, a-t-il ajouté, "le traitement du bétail avec des insecticides fonctionnera parfaitement dans des zones abritant peu d’animaux sauvages comme l'Ouganda, où les mouches tsé-tsé se nourrissent majoritairement du sang du bétail.

"Dans ces zones, le traitement du bétail avec de l’insecticide constitue "l'une des méthodes les moins coûteuses et les plus efficaces de lutte contre les maladies", a déclaré Kajunguri.

Shem Wandiga, administrateur délégué du Centre des innovations scientifiques et technologiques, basé à Nairobi, a déclaré que la réduction du nombre de mouches tsé-tsé pourrait être importante.

Mais, a-t-il ajouté, les chercheurs n'ont pas identifié le type d'insecticide utilisé, rappelant qu’il existait une liste de pesticides interdits par la Convention de Stockholm sur les polluants organiques persistants.

Lien vers l’article complet dans PLoS Maladies Tropicales Négligées

Références

PLoS Maladies Tropicales Négligées doi:10.1371/journal.pntd.0001615 (2012)

Republier
Nous vous encourageons à reproduire cet article en ligne ou sur support papier. La reproduction est libre de droit, suivant les termes de notre licence Creative Commons. Nous vous prions cependant de suivre ces directives simples :
  1. Vous devez créditer nos auteurs.
  2. Vous devez créditer SciDev.Net — dans la mesure du possible, veuillez insérer notre logo, avec un rétrolien vers l’article originel.
  3. Vous pourriez aussi simplement publier les premières lignes de l’article et ajouter ensuite la mention: "Veuillez lire l’intégralité de l’article sur SciDev.Net", avec un lien vers l’article originel.
  4. Si vous souhaitez aussi reprendre les images publiées avec cet article, veuillez vérifier avec les détenteurs de droits d’auteur que vous êtes autorisés à les utiliser.
  5. Le moyen le plus facile de reproduire l’article sur votre site est d’intégrer le code ci-dessous. 
Pour plus d’informations, veuillez consulter notre page media et nos conseils pour la reproduction.