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Education : Le Kenya donne priorité à l’enseignement technique
  • Education : Le Kenya donne priorité à l’enseignement technique

Crédit image: Panos

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  • Le Kenya a l'intention de mettre en œuvre un nouveau cursus qui favorise les sciences

  • Le gouvernement envisage de stimuler l'enseignement technique au détriment des arts

  • Mais un expert affirme que les arts et les sciences sont nécessaires à la croissance

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[NAIROBI] Les universités kenyanes pourraient être confrontées dès le prochain exercice budgétaire, à des réductions drastiques des subventions gouvernementales.
 
Cette nouvelle politique fait partie d’une batterie de réformes qui devraient entrer en vigueur au mois de mai.
 
Si elle est mise en œuvre, la mesure suscitera un changement radical de politique en faveur de l'enseignement technique et scientifique, au détriment des arts et des sciences sociales.
 
Le ministre de l'Éducation, des Sciences et de la Technologie, Fred Matiang'i, a déclaré qu'il va œuvrer pour qu'un plus grand nombre d'étudiants s'inscrivent dans les filières techniques des universités, en lieu et place des filières artistiques et des sciences sociales.
 
Les fonds recueillis des réductions de subventions seront reversés à la Commission des prêts pour l'enseignement supérieur et servir à financer les études des pensionnaires des établissements de formation technique, a-t-il ajouté.

“Nous avons rempli nos universités avec des étudiants qui ont acquis une formation dans des domaines où nous n'avons pas de besoins en matière de développement.”

Fred Matiang'i
Ministre kenyan de l'Éducation,
des Sciences et de la Technologie

 
Fred Matiang'i estime que beaucoup d'étudiants optent pour des études dans les domaines du commerce, des arts et de la théologie, au lieu des sciences et techniques.
 
"Nous avons rempli nos universités avec des étudiants qui ont acquis une formation dans des domaines où nous n'avons pas de besoins en matière de développement", a déclaré le ministre le mois dernier (23 janvier) à Nairobi, lors d’une cérémonie à l’intention de quelque 3 000 candidats à l'enseignement technique et professionnel.
 
Selon Fred Matiang'I, le Kenya a de nombreux diplômés titulaires de diplômes pour des emplois qui n'existent pas.
 
"Cette idée selon laquelle la formation technique et professionnelle est moins prestigieuse que devrait être abolie", a-t-il insisté.
 
Mais Beatrice Muganda, directrice du Partenariat pour la recherche sociale et la gouvernance en Afrique, une institution basée au Kenya, a déclaré que l'enseignement des arts et l’enseignement technique sont nécessaires et qu'il n’y a aucun besoin de réduire le financement des arts.
 
Suivre le raisonnement de Fred Matiang'i, selon Beatrice Muganda, conduirait à une croissance biaisée, favorisant les sciences pures et appliquées et étouffant les arts et les sciences humaines.
 
"La réduction des capacités du secteur universitaire mènera au chômage. Mais avant d'y arriver, il y aura eu de l'apathie avec d’importantes manifestations estudiantines", a-t-elle expliqué.
 
Beatrice Muganda souligne que l'éducation ne consiste pas seulement à régler des questions techniques dans une cuisine ou sur le toit d’une maison, mais aussi en la recherche et en la production de nouvelles connaissances pour aider le pays à faire de grands progrès dans le développement socio-économique ainsi que des gains démocratiques importants.
 
"Chaque individu est unique et l'éducation est un catalyseur qui devrait aider chacun à développer son plein potentiel et à contribuer à la société", estime-t-elle, soulignant l’importance des musiciens, artistes, écrivains, mathématiciens et autres scientifiques pour le développement national.
 
Certains experts soutiennent que les scientifiques devraient recevoir des enseignements généraux en arts et en sciences humaines, afin de développer des compétences additionnelles en matière de leadership, de communication et de rédaction adaptées au contexte professionnel du XXIe siècle.
 
Les Objectifs du développement durable soulignent la nécessité de réduire les inégalités à tous les égards et de donner aux individus les moyens de contribuer de manière holistique à la croissance de leurs pays, a par ailleurs déclaré Beatrice Muganda à SciDev.Net. Une inégalité de traitement pourrait renforcer les inégalités, soutient-elle.

Beatrice Muganda estime enfin que le chômage affecte tous les diplômés, ajoutant que c'est un problème structurel qui devrait être abordé en poursuivant et en réalisant les objectifs de développement économique énoncés dans la vision Kenya 2030.
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