Rapprocher la science et le développement

  • Science africaine : Parler moins et agir plus

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[DAKAR] L'un des plus grands banquiers d'Afrique vient d'appeler son continent à consacrer moins de temps à des réunions et débats sur le rôle de la science dans le développement économique et social et davantage d'efforts à l'application de ces idées.

Hier (04 mai), Paul Baloyi, le Président Directeur Général de la Banque de Développement de l'Afrique australe (DBSA), a déclaré que le temps était venu de passer de la parole aux actes. "Nous devons transformer les connaissances en un facteur de production susceptible de guérir les nombreux maux qui minent l'Afrique," a-t-il précisé.

Baloyi s'exprimait ainsi lors de la cérémonie d'ouverture d'une conférence de trois jours qui se tient à Dakar, au Sénégal, afin  de réfléchir aux stratégies que l'Afrique peut mettre en oeuvre pour accroître son rôle dans l'économie mondiale.

Il a souligne que le renforcement des capacités du continent dans l'exploitation de ces connaissances est particulièrement important en ce moment où la récession de l'économie mondiale pousse l'Afrique à prendre conscience des inconvénients de l'intégration à une économie globale, et il devient de plus en plus difficile de lever les capitaux  nécessaires aux gros investissements sur le continent.

"Vraisemblablement, les fonds ne manquent pas lorsqu'il s'agit d'organiser des conférences et concertations internationales," a-t-il observe. "Mais, on a promis des milliards de dollars pour des projets dont l'Afrique a besoin, et l'on attend toujours qu'ils soient débloqués ».

La rencontre de Dakar est la troisième d'une série de conférences internationales organisées sur le thème de la Gestion des connaissances en Afrique. La première s'étant tenue à Johannesburg en 2005 et  la seconde à Nairobi en 2007.

Dans son discours d'ouverture de la conférence, Abdoulaye Wade, le président sénégalais, a insisté sur l'importance d'une gestion efficace des connaissances dans la réalisation de ce qu'il a baptisé la "renaissance du continent africain", en relevant qu'actuellement, l'Afrique ne représente que deux pour cent de l'économie mondiale.

Pour Wade, le thème de cette conférence, qui a réuni plus de 300 délégués venus de toute l'Afrique, est une preuve que des progrès significatifs ont été accomplis dans des domaines tels que les biotechnologies, les technologies de l'information et les nanotechnologies, ainsi que les sources d'énergie nouvelles et renouvelables.

Wade a notamment plaidé pour une hausse des investissements dans l'utilisation des technologies de l'information en appui à la formation à distance en Afrique, et pour l'approfondissement de la recherche sur les moyens d'accroître la valeur ajoutée des ressources naturelles du continent. "L'Afrique doit accélérer l'exploitation de ses immenses ressources naturelles", a-t-il recommandé.

Jean Pierre Ndiaye, président de l'Académie nationale des Sciences et Technologies du Sénégal, et l'un des principaux organisateurs de la conférence de Dakar, a mis l'accent sur la nécessité de renforcer les capacités des pays africains à maîtriser totalement la science comme étape cruciale dans l'amélioration de leurs performances économiques.

L'une des composantes essentielles de cette stratégie consiste  à mettre en place, à travers le continent, des centres d'excellence scientifique qui vont coopérer pour la promotion de la formation et de la recherche. 

Dernier à prendre la parole lors de cette cérémonie d'ouverture, Snowy Khoza, Vice-président exécutif de la DBSA chargé de la stratégie de communication, et principal promoteur de l'initiative des KMA, a affirmé que les trois réunions successives du KMA ont démontré que les connaissances scientifiques et techniques contribuent déjà efficacement au repositionnement de l'Afrique dans l'économie mondiale.

"Nous sommes convaincus que les Africains possèdent les connaissances nécessaires pour résoudre les problèmes de l'Afrique", a-t-il affirmé, " Nous sommes également convaincus que nous pouvons mettre les connaissances scientifiques et les connaissances locales en oeuvre pour assurer un meilleur positionnement de l'Afrique dans le monde."

Le blog de David Dickson sur la conférence sur la gestion des connaissances en Afrique

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